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Depuis 1906, la saga familiale Angéloz Mode perdure

Angéloz Mode, ce sont aujourd’hui deux marques et dix boutiques de prêt-à-porter réparties sur les cantons de Fribourg, berceau historique de l’enseigne, et Vaud. Une success-story familiale qui perdure depuis 1906 et quatre générations.

Depuis 2010, la Maison Angéloz est gérée par une fratrie de deux frères et une sœur aux compétences et caractères complémentaires. Commerce familial de vente de tissu et de vêtements à ses débuts, comment a-t-il survécu depuis 110 ans, dans un milieu aussi concurrentiel ? Découvrez la saga familiale Angéloz Mode à travers le regard du co-patron et du grand frère, Philippe Angéloz.

 

Socialize Magazine | Philippe Angéloz, racontez-nous comment est née la saga familiale Angéloz Mode.
Philippe Angéloz | L’histoire de la Maison Angéloz a commencé au siècle passé, en 1906. A l’époque, mon arrière-grand-mère fonde un commerce à Cominboeuf, en région fribourgeoise. Son époux, lui, est employé dans un commerce de tissu à Fribourg. C’est lui qui décide de transformer l’épicerie familiale en négoce. Il apporte toutes ses compétences et la saga Angéloz est lancée.

 

Angéloz Mode ne vend donc pas de vêtements au tout début de son histoire ?
A l’époque, le prêt-à-porter n’existait pas. Le tissu se vendait brut, directement dans les fermes. Mes arrières-grands-parents vendaient leurs tissus de village en village. Les familles commandaient au mètre puis des couturières passaient quelques jours à la ferme pour confectionner les habits pour toute la famille. Au fil du temps, la réputation d’Angéloz s’est faite dans tout le canton de Fribourg, aussi bien dans la partie francophone qu’alémanique. Le commerce s’est alors diversifié progressivement et s’est étendu aux trousseaux (linge de maison, draps, nappes, etc.). Anecdote amusante : à l’époque, les jeunes filles cotisaient chaque mois quelques sous auprès de nos arrières-grands parents en prévision de leur mariage. Car en ce temps-là, c’était à la mariée de fournir le trousseau.

 

Le changement pour Angéloz Mode s’est donc opéré à l’après-guerre ?
Oui, dans les années 1950, l’essor économique d’après-guerre a fait naître le prêt-à-porter et notre maison a dès lors ouvert un magasin de vêtements dans la maison familiale.

Puis, en 1965, l’enseigne déménage pour prendre ses quartiers à la rue de Romont à Fribourg, où nous sommes encore aujourd’hui (mais en beaucoup plus grand). C’est mon grand-père, la deuxième génération de la famille, qui a pris ces décisions importantes pour le développement de l’entreprise. C’est également lui qui a ouvert Avry-Centre, un des premiers centres commerciaux de Suisse, en 1973. Il faut dire qu’à l’époque, les gens venaient en bus depuis Bâle pour visiter cette nouvelle forme de commerce venue tout droit des Etats-Unis ! Cela a largement contribué à la notoriété de la marque Angéloz. De fil en aiguille, sous la direction de mes parents, la troisième génération, le commerce s’est développé avec diverses succursales, avant que nous, quatrième génération, ne reprenions l’affaire au début des années 2010.

 

Qui est ce « nous » ? Qui sont les trois frères et sœurs Angéloz ?
Nous sommes trois frères et soeur : Anne-Laure, 35 ans, Christophe, 33 ans et moi-même, Philippe, 38 ans. Christophe est le fonceur qui va toujours de l’avant et nous entraine avec lui. Anne-Laure est réfléchie et sensible. Elle a de la répartie et fait le bon poids dans le relationnel de la fratrie. De mon côté, je suis analytique avec un certain esprit de synthèse. Au final, nous sommes trois frères et sœur assez différents mais tout à fait complémentaires.

 

Comme les trois générations précédentes, vous avez fait le choix de travailler en famille. Était-ce un véritable choix d’ailleurs ?
Oui ! Nos parents nous ont laissé le choix de reprendre l’activité ou non. Ils nous ont simplement mis une condition : avoir un diplôme et une expérience en dehors de l’entreprise familiale. Nous avons donc poursuivi nos études et avons travaillé dans différentes entreprises en Suisse et à l’étranger. C’était important pour tout le monde car nous avions baigné dans le commerce depuis tout petit et il nous fallait d’autres expériences, venues d’ailleurs.

 

Le travail entre frères et sœurs est-il simple ?
Dans l’organisation du travail, chacun de nous touche aux compétences clés de l’entreprise qui sont les achats et la vente. D’un côté, nous sommes tous impliqués dans la recherche de nouvelles marques et informés sur les tendances du marché. Et de l’autre, nous nous retrouvons en principe chaque samedi « sur le terrain », en magasin, au contact de nos clients. Chacun de nous trois est en outre impliqué dans les trois départements de l’entreprise (femmes, hommes et backoffice), ce qui permet de travailler en famille sans que personne ne soit mis à l’écart et que chacun apporte sa complémentarité. En ce qui concerne nos parents, ils sont encore présents avec ce que j’appelle « le bouton rouge » (rires) : ils ne s’occupent plus des détails mais sont encore à disposition pour les orientations stratégiques, avec leur précieuse expérience. Par ailleurs, la Maison Angéloz a toujours été dirigée par un binôme. Nous sommes maintenant un trio donc rien ne change vraiment puisque la Maison se doit d’être gérée de façon collégiale, dans un consensus.

 

Avec vos frères et sœur, avez-vous réussi à mettre votre « patte » dans la Maison Angéloz ?
Nous avons continué de croitre et de nous étendre. Au total, nous avons aujourd’hui 10 surfaces de vente et nous employons environ 80 collaborateurs. Nous avons également fait le choix, en 2015, de dépasser les frontières de notre région historique fribourgeoise pour ouvrir deux succursales vaudoises, à Lausanne et à Crissier. Notre crédo, aujourd’hui, c’est de nous différencier de nos concurrents. Il y a beaucoup d’enseignes internationales et l’offre est pléthorique dans toutes les gammes et tous les styles. Notre challenge est donc de mettre en avant le service et le contact personnel, hérités de notre histoire ! Elle est là notre « patte » générationnelle.

 

Les diners de famille doivent donc beaucoup tourner autour de la mode ?
Dans les diners de famille, on a toujours parlé de travail. Maintenant, nous avons aussi les conjoints, les enfants et les petits-enfants, alors on essaye de garder les discussions professionnelles uniquement pour les sujets chauds.

 

La saga familiale dure depuis plus de 110 ans. La 5e génération va-t-elle prendre le relais dans quelques décennies ?
C’est encore un peu tôt pour le dire ! … Bien qu’en ce qui me concerne, mon ainée de 5 ans me demande déjà quand est-ce qu’elle pourra venir travailler avec moi…(rires). Nous n’avons pas vraiment pensé au rôle de nos enfants. Nous verrons quand nous y serons confrontés, car la prochaine génération est aujourd’hui beaucoup trop jeune. C’est évident que ce serait valorisant et agréable d’avoir une suite à la saga familiale. Mais comme l’ont fait nos parents, il n’y aura pas de pression et la 5e génération devra faire son choix !

 

Informations : www.angeloz-mode.ch

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