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« En termes de déco et d’aménagement, le Paléo est un festival qui peaufine le moindre détail »

La 43e édition du Paléo Festival ouvre ses portes le 17 juillet pour une durée de 6 jours sur la Pleine de l’Asse.

En plus des concerts, ce dont on se souvient chaque année, c’est de l’atmosphère générale du festival.

En matière de déco et d’éclairage, rien n’est laissé au hasard au Paléo, et c’est là qu’intervient Sandra Rigamonti, Responsable Décoration. Elle a accepté de nous dévoiler son quotidien et les dessous de la déco du festival.

  

Sandra, quel est ton rôle au sein de Paléo ?
En quelques mots : imaginer, créer, coordonner, monter, démonter. Je supervise la totalité des concepts de décoration, du début à la fin. Je suis employée fixe au Paléo depuis 8 ans, mais je collabore avec le festival depuis une quinzaine d’années lorsque j’étais indépendante.

 

Combien de personnes travaillent avec toi à la déco du Paléo ?
Nous sommes 60 personnes au total rien que pour la déco, auxquelles il faut ajouter une équipe de renfort de 10 personnes lors du démontage. J’ai un adjoint qui m’aide beaucoup sur le chantier et 8 chefs d’équipe qui gèrent chacun entre 4 et 7 personnes.

 

Quand on parle de déco dans le cadre d’un festival, de quoi s’agit-il exactement ?
De l’aménagement décoratif des loges par exemple, de l’habillage signalétique sur tout le terrain, de l’habillage des scènes, de la création de l’atmosphère et parfois aussi de « cache-misère » sur des structures. La déco comprend tout ce qui va permettre d’embellir le lieu. Sur le terrain, nous gérons également des zones qui mêlent l’utile et la déco comme par exemple les assises pour le public sous la forme de zones d’ombre ou de repos, que nous avons beaucoup développées ces dernières années.

 

Le Village du Monde est un quartier très attendu des festivaliers. Comment sont choisis les thèmes et quel est celui de cette année ?
Pour cette 43e édition, c’est l’Europe du sud qui est à l’honneur. Le thème se choisit en fonction de la programmation de l’offre de nourriture liée à la zone géographique choisie, des animations et de la décoration. Lorsque l’on m’a annoncé le thème 2018, j’ai de suite imaginé les carrelages de couleurs propres aux pays d’Europe du sud. En décembre déjà, la base est préparée par un scénographe, avec des visuels 3D. Ensuite, on travaille ensemble pour matérialiser le projet. Cette année, le Village du Monde est magnifique, on est au-dessus de ce que j’avais imaginé, et j’espère qu’il aura du succès !

 

À part le Village du Monde, à quels endroits plus précisément intervient la déco ?
La décoration et l’éclairage sont partout. Nous avons créé des quartiers différents à l’image d’une ville éphémère et essayons de diriger les gens pour qu’ils aillent dans les différent-e-s allées et lieux avec toujours la même signalétique. Dans le Quartier Orient, nous avons créé une atmosphère dans les teintes rouges, tant au niveau de la luminosité que des voiles d’ombrage. Pour le Quartier Latin, nous avons opté pour le vert et pour celui du Midi des teintes plutôt rosées. Quant au Quartier du Détour, il se reconnait par ses teintes violettes. Le Quartier de La Terrasse a été défini dans les teintes bleues et blanches. Dans le quartier des Alpes, l’on retrouve des créations en fer avec des teintes brunes et grises qui apportent un aspect brut, bois et ferraille à cet espace. Grâce à toutes ces ambiances, les gens se sentent bien et arrivent plus aisément à se repérer. En termes de déco et d’aménagement, le Paléo est un festival qui peaufine le moindre détail. Même les barrières sont habillées de tulle de couleurs décorative.

 

Est-ce que vous faites appel à des artistes ?
Oui car nous n’arrivons pas à tout faire nous-mêmes. Pour la grue en origami par exemple, c’est moi qui ai fait le pliage et qui me suis rendue chez un menuisier avec mon petit papier en lui demandant la même chose mais en énorme (rires). Comme certains lieux sont difficiles à décorer, nous faisons appel à des professionnels et aimons collaborer avec des artistes et entreprises de la région. J’ai aussi fait appel aux étudiants de l’Ecole d’Arts Appliqués de Vevey pour leur montrer la réalité du terrain et leur permettre de participer à ce projet. Pour eux, c’est une fierté de voir leurs visuels mis en valeur sur le festival.

 

Comment vous fournissez-vous en matériel ?
Nous travaillons de manière régionale et avons un carnet d’adresses entre tous les autres festivals, les salles de spectacles et les girons de la région. Au lieu de jeter du matériel après le festival, nous le leur revendons parfois ou vice-versa. Nous stockons beaucoup également. Si nous n’arrivons pas à garder certaines choses, nous les revendons ou les donnons pour faire plaisir, comme par exemple aux collaborateurs, qui prennent parfois des éléments chez eux. Nous aimons donner une seconde vie aux matériaux, c’est très important pour nous.

 

Quelle place tient le travail artisanal dans la déco du Paléo ?
Nous pourrions tout créer avec la technologie d’aujourd’hui, mais il nous tient à cœur de garder un aspect artisanal. Pour les loges du Club Tent par exemple, nous les avons refaites sur la base du thème que j’ai choisi, à savoir « Rock, orange, noir et blanc ». Sur la base de mon croquis d’intention, mes équipes ont créé toute la décoration et tout le monde s’est éclaté à le faire. C’est important pour moi qu’ils se fassent plaisir. Nous avons la chance d’avoir notre propre atelier, une menuiserie, un magasin d’outillage et de peinture. Les deux semaines avant le festival, nous passons beaucoup de temps en atelier à faire de la création, fabrication, peinture et découpe de bois.

 

Est-ce que tu t’inspires d’autres festivals et est-ce que tu suis les tendances ?
Mon état d’esprit n’est pas de copier ce qui se fait dans d’autres festival ni vraiment de suivre les tendances, mais plutôt de faire différemment. Nous faisons ce qui nous plait, ce qui nous donne envie. 

 

Comment faire en sorte que la décoration résiste à une météo capricieuse ?
Les matières doivent résister à toutes les météos, tant la pluie que les UV ou le vent. Nous privilégions plutôt le bois ou les filets utilisés en construction. Le coton est à éviter car c’est une matière qui prend l’eau et devient donc très lourde. On travaille plutôt avec de la bâche imprimée. Nous avons une commission de sécurité qui contrôle ce que nous faisons en matière d’infrastructure et de décoration. Je dois annoncer à l’avance mes projets et avec les équipes de la sécurité, nous finalisons les concepts ou non selon les risques.

  

Est-ce qu’il vous arrive de collaborer avec d’autres festivals ?
Oui, cette année nous accueillerons un cube lumineux géant du festival Morat Lumière, qui vient se faire connaître au Paléo. Nous louons également du matériel le reste de l’année à d’autres festivals, notamment notre parc électrique avec des spots par exemple. Nous sommes dans un état d’esprit basé sur l’échange et même au niveau de l’outillage pour aider les plus petits festivals de la région comme le JVAL Open Air qui se déroule au moins d’aout à Begnins. Dès que nous achetons du matériel, nous devons le stocker et cela prend énormément de place, alors autant collaborer entre festivals et s’entraider.

 

Est-ce que certaines décorations sont réutilisées ou recyclées ?
Les décors sont réutilisés. Nous détournons parfois les objets en les plaçant à des endroits différents année après année. C’est une logique de travail. On ne change que deux loges par année et un même décor peut rester 3 à 4 ans le temps que le tournus se fasse. Les attentes sont principalement axées sur le Village du Monde car les festivaliers savent qu’à cet endroit, on y met chaque année les moyens. Nous ne voulons pas tout  changer, les festivaliers doivent pouvoir garder leurs repères.

 

Une fois la déco installée, à quoi dois-tu veiller durant le festival ?
Tous les matins, je fais le tour du festival pour vérifier l’état de la décoration. Avec mes équipes de permanence, nous la remettons en état jour après jour.

 

Qu’est ce que tu aimes tout particulièrement au Paléo ?
Durant le festival, j’aime voir se concrétiser ce que j’avais imaginé en hiver. Et bien sûr, la fierté de toute les équipes qui contribuent à rendre ce festival aussi beau.

 

Comment se passe le démontage ?
Si le montage se déroule sur 4 semaines, le démontage en prend 3 car nous devons rendre les champs rapidement. Nous sommes toujours un peu coincés car au montage, nous sommes les derniers à intervenir sur les structures, et les premiers lors du démontage. Dès la fin du dernier concert le dimanche, nous démarrons le démontage de la déco pendant la nuit pour que les premières structures puissent être ôtées dès le lendemain matin.


Informations : yeah.paleo.ch

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