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Entrepreneur dans l’âme, François Gonin voyage entre Lausanne et Singapour

Il y a deux ans, François Gonin a fondé Impactus SA, un cabinet suisse de conseil aux entreprises basé à Lausanne et à Singapour.

Entre les projets passionnants qu’il accompagne, son équipe soudée et ses nombreux voyages professionnels, l’entrepreneuriat lui va comme un gant.

Pour Socialize Magazine, François Gonin partage son quotidien, ce qui le fait vibrer et quelques conseils avisés pour entrepreneurs en herbe.

 

Socialize Magazine | En janvier 2016, tu as fondé Impactus SA, un cabinet suisse de conseil aux entreprises. Comment est née l’idée de la création d’Impactus ?
François Gonin, Impactus SA | Premièrement, la constatation d’un certain besoin au sein de mon réseau et deuxièmement, une volonté de ne plus avoir un statut d’employé. J’ai été approché par plusieurs connaissances sur le point de lancer un projet évènementiel, une startup ou même une association dans le domaine culturel ou sportif, et à chaque fois, les mêmes questions ressortaient : comment se structurer, comment gérer les investissements, qu’en est-il de l’imposition, comment se faire connaitre, etc. De plus en plus, les questions débordaient sur des domaines qui sortaient des mes compétences. Dans mon entourage, plusieurs personnes bénéficiaient de compétences différentes mais complémentaires aux miennes. Nous avons décidé de regrouper plusieurs services sous le même toit avec l’avantage d’être une société à taille humaine.

 

Quel est ton parcours ? Etais-tu prédestiné à créer ta propre entreprise ?
J’ai fait un Master en droit à Fribourg et j’ai fait une spécialisation en  Business Law à Hambourg mais je ne voulais pas forcément devenir avocat. J’ai travaillé dans une banque cantonale, dans le département corporate tax auprès de l’une des « Big 4 » à Lausanne et ensuite dans un Family Office qui gérait essentiellement les affaires d’une famille active dans plusieurs secteurs. Au cours de ces expériences, j’ai eu l’esprit assez critique sur la manière de transmettre la culture d’entreprise aux employés et sur les décisions de management basées sur des aspects purement économiques et pas assez humains. Je ne pouvais pas être autant critique et ne rien faire. J’ai donc voulu voir si j’étais apte à faire mieux selon mes propres critères, sans me comparer à d’autres, mais être en paix avec moi-même par rapport à la façon de gérer un projet ou une entreprise.

 

Comment ton entreprise s’est-elle développée ensuite ?
À la base, je voulais me lancer seul mais je suis tombé sur les bonnes personnes au bon moment. Plusieurs d’entre elles se sont installées avec moi dans les bureaux que j’avais trouvés à Lausanne pour lancer également leur entreprise. J’ai été sélectif et ai choisi avec qui je voulais vraiment travailler, puis nous nous sommes tous lancés sous la même bannière « Impactus ». L’équipe est constituée d’un noyau de 4 personnes mais elle peut grandir jusqu’à une vingtaine selon les projets.

 

Impactus propose du conseil stratégique aux entreprises et des solutions de marketing et de communication. Peux-tu nous donner des exemples concrets d’activité dans chacun de ces domaines ?
On se présente sous deux segments différents : conseil en affaires et marketing & communication. Par exemple, nous avons coordonné la transformation du Caprices Festival, passé d’un festival multi-musiques à un festival 100% électronique. Nous avons travaillé sur sa communication digitale et la gestion des médias sociaux notamment pour atteindre un public plus jeune. Toujours dans l’évènementiel, nous avons travaillé sur la fête de la musique de la ville de Lausanne où nous avons réalisé tous les supports tels que les affiches, la gestion de la page Facebook, etc. Le but était de rajeunir l’image de la fête de la musique et de la rendre accessible à tout le monde, même ceux qui ne pouvaient pas y participer physiquement.

Concernant notre activité de business consulting, nous aidons nos clients à structurer leur société, à lever des fonds, à se protéger juridiquement, etc. Nous nous positionnons soit du côté des projets ou des startup, soit du côté des investisseurs ou business angels. Autre exemple, nous avons accompagné Stairlin, une startup qui a pour vocation de faciliter la vie des micro-entreprises et des entrepreneurs, en leur offrant une plateforme accessible 24h sur 24h pour prendre des rendez-vous plus facilement, les aider dans le suivi administratif et bientôt une solution de paiement intégrée, en gros un assistant personnel. Nous les avons assistés depuis le premier jour lorsqu’ils nous ont présenté leur idée, puis dans la création de la société, la levée de fonds, etc.

 

Vous dites savoir rester discret et que vos clients l’apprécient. Qu’est-ce que cela représente concrètement pour eux ?
La discrétion est très importante, notamment pour les clients suisses et asiatiques. Du coté investisseurs et business angels, beaucoup de clients ne veulent pas montrer où ils investissent, et ce pour plusieurs raisons : rester discrets sur leur fortune ou éviter d’associer leur nom à un projet qui pourrait ne pas fonctionner. De l’autre côté, la personne qui invente un produit dans son garage et qui n’ose pas en parler de peur de se faire voler l’idée, nous demande une discrétion absolue jusqu’à ce que l’idée soit protégée, par des brevets par exemple.

 

Quels conseils donnerais-tu à toutes les entreprises sur le point d’être créées ? Quelles sont les étapes à suivre, et celles à ne surtout pas brûler ?
La discrétion est très importante. Il faut certes parler de son idée pour récolter un point de vue externe, mais il faut bien choisir les personnes à qui on en parle. Ensuite, définir la structure de l’entreprise, le type de société, si on se lance seul ou non, et ne pas brûler les étapes rébarbatives comme les procédures administratives. Avoir une structure solide rassure les potentiels investisseurs. Bien sur, il est toujours possible de réparer une erreur mais ça peut couter cher et être compliqué. Nous avons vu une énorme quantité de business plans où les couts ainsi que la durée étaient sous-estimés. Enfin, définir les règles de partenariat, pour garantir une relation harmonieuse entre associés.

 

La Suisse est-elle un pays favorable à la création d’entreprise ?
La Suisse aurait tout pour l’être, mais aujourd’hui ce n’est pas le pays le plus favorable car ici il est « cher » de lancer sa startup. Le Conseil Fédéral discute de solutions pour baisser la charge imposée à une startup, mais nous faisons face à des aberrations comme l’impôt sur le capital où des entrepreneurs devraient théoriquement payer des impôts supérieurs à leurs revenus. C’est absurde quand on lance une startup et qu’on créé des emplois. Nous avons encore aujourd’hui des étapes administratives contraignantes mais la Suisse est sur la bonne voie. Il y a une volonté d’être plus compétitif par rapport à nos pays voisins ou l’Asie qui sont plus très avancés sur ce point.

  

On ressent une forte tendance à la création de sa propre structure ? Pour quelles raisons ?
La nouvelle génération est plus indépendante et n’a pas envie d’être enchainée à une entreprise avec laquelle elle ne partage ni la même culture ni la même philosophie. Les entrepreneurs et les jeunes qui ont fait fortune vendent du rêve également via les réseaux sociaux et véhiculent cette image de réussite qui donne envie. On remarque que cette tendance touche principalement le marketing et la communication, ou la fintech.

  

Impactus a une filiale à Singapour. Pour quelles raisons ?
Nous avons eu plusieurs mandats en Asie et nous avons décidé de s’installer à Singapour car elle est « la Suisse de l’Asie ». Les gens sont discrets et le système financier est quasi équivalent au système suisse. Nous sommes ainsi proches de nos clients et pouvons être plus réactifs, notamment en raison du décalage horaire.

  

Est-ce que tu voyages souvent dans le cadre de ton activité ?
Oui, l’année passée j’ai passé 183 jours à l’étranger ! Nous sommes une jeune entreprise, s’il y a une opportunité à l’étranger, on ne discute pas et on y va.

  

Quels sont les éléments de ton quotidien que tu affectionnes tout particulièrement ?
Travailler sur des mandats auxquels je n’aurais jamais pensé. Au sein de l’entreprise, ce qui me plait le plus est que nous sommes une équipe jeune, nous avons tous plein d’idées et nous les partageons. Nous débattons tous les jours sur de nouvelles idées, pour savoir si on se lance dans tel ou tel projet. C’est a contrario aussi un peu frustrant parfois, car nous avons envie d’être partout, mais il faut les sélectionner et éviter de trop se disperser.

 

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Au cours de ces deux dernières années, quel a été ton plus grand challenge professionnel ?
L’expérience la plus incroyable concerne un mandat que j’ai eu, du jour au lendemain. Début 2016, lorsque les sanctions contre l’Iran avaient été levées, un client m’appelle afin que je l’aide dans un projet d’investissement en Iran. Deux jours après, je me suis retrouvé au milieu d’un pays que je ne connaissais pas, à travailler sur un projet au milieu du désert durant plusieurs mois.

 

Quelle est ta plus grande fierté ?
L’harmonie au sein de notre équipe et le fait d’avoir créé cette ambiance de travail tout en ayant les contraintes d’une jeune entreprise. Avoir trouvé les bonnes personnes, qu’elles soient compatibles et que tout le monde tire à la même corde. Impactus c’est une équipe, c’est la partie la plus importante pour moi et je suis fier de voir ce qu’on a réussi.

 

Quels sont tes loisirs qui te permettent de te ressourcer ?
J’aime le sport de manière générale mais surtout la montagne, l’escalade, le VTT, les trails, etc. Je m’impose des plages horaires durant la semaine et tous les weekends je suis en montagne. Pour déconnecter complètement, j’organise chaque année un voyage de deux semaines en mode « backpack » idéalement sans téléphone, ou le moins possible.

 

Quels conseils donnerais-tu à tous les jeunes entrepreneurs ?
Toute personne qui lance son entreprise aura forcément la tête dans le guidon et j’étais le premier à avoir des œillères. Le premier conseil est de lever la tête, d’écouter son entourage qui lui réalise dans quel état nous nous mettons parfois. Enfin, avoir un point de vue externe et être ouvert à la critique même si c’est difficile.

  

On ne parle que de la Coupe du Monde de football en ce moment. Quelle équipe soutiens-tu et quel est ton pronostic pour la finale ?
Je suis plutôt axé sur le hockey sur glace ayant été un jeune joueur au Lausanne Hockey Club pendant douze ans, mais j’adore l’ambiance du football. Bien sur, je soutiens l’équipe de Suisse ! En finale de cette coupe du monde, je préfèrerais éviter d’avoir un « déjà-vu » et de voir s’affronter deux petites nations, d’ailleurs la Suisse en est une !

 

Quel avenir vois-tu pour ton entreprise ?
Nous sommes confiants pour l’avenir et travaillons déjà sur 2019. Ma priorité est d’agrandir l’équipe en privilégiant des profils féminins. Ensuite, s’internationaliser davantage et ouvrir une nouvelle filiale au Moyen-Orient car économiquement, c’est une région qui bouge beaucoup.

 

Plus d’informations sur www.impactus.ch.

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