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Interview d’Aurélie Deschenaux, fondatrice de Graine de Shopping

Sur son e-shop, Aurélie Deschenaux propose 5’000 produits référencés et collabore avec une centaine de créateurs triés sur le volet. Après un premier succès viral, c’est à Fribourg qu’est née la première boutique.

Depuis, elle arpente également les marchés de Noël et poursuit dans le développement de sa marque sur Internet. A ce jour sa page Facebook compte plus de 12’000 abonnés. Rencontre avec une professionnelle de la communication, qui a osé l’aventure entrepreneuriale.

 

Socialize Magazine | Aurélie, tu as fondé il y a 5 ans Graine de Shopping, une boutique en ligne de vêtements, d’accessoires de mode et de bijoux. Quelles sont les étapes qui t’ont amenée à te lancer dans cette aventure ?
Aurélie Deschenaux | A vrai dire, je n’avais pas l’intention de lancer une boutique au début. Vous voulez savoir comment je me suis retrouvée là ? Un jour, je flânais sur le Net à la recherche de bijoux, pour moi. Et puis, je suis tombée sur les boucles d’oreilles de Manuela, une créatrice de bijoux slovène. C’est cette rencontre qui m’a fait prendre conscience des merveilles qui se créaient dans les petits ateliers de designers de bijoux. J’ai eu envie de les mettre en avant. Tout a commencé très petit. Chaque étape franchie m’a ensuite motivée à investir de plus en plus d’énergie dans ce projet. Et, de fil en aiguille, c’est devenu la boutique que c’est aujourd’hui! Je dois beaucoup aux hasards de la vie et des rencontres, qui ont fait que mon projet s’est consolidé avec le temps.

 

Quelles sont les cibles que tu vises ? Quelle est ta clientèle ?
Graine de Shopping s’adresse à toutes celles qui veulent s’offrir un bijou ou un accessoire qui leur fera plaisir. La cible est très large. Ma clientèle compte aussi bien des jeunes filles de 18 ans que des dames de la cinquantaine. Nous proposons des gammes de bijoux différentes, tant au niveau du style que du prix, si bien que beaucoup de monde y trouve son bonheur. Et puis, n’oublions pas ces messieurs qui sont de plus en plus nombreux à venir faire leurs cadeaux chez nous. Parfois, leurs amies leurs demandent « un bijou de chez Graine de Shopping ». A chaque fois que j’entends ça, je fonds!

 

Pourquoi avoir choisi un shop en ligne en particulier, plutôt qu’une autre forme de commerce ? Le web offre-t-il aujourd’hui la meilleure des solutions ?
Graine de Shopping est née sur les réseaux sociaux. Pourquoi ? Certainement parce que que c’était la plateforme la plus accessible : gratuite, instantanée, me permettant de toucher du monde facilement. Ce choix s’est imposé à moi sans que je n’y réfléchisse vraiment. Mais rapidement, j’ai ressenti le besoin de compléter cette présence digitale par des points de vente physique. Il s’agissait tant d’une envie personnelle, que d’une demande de ma clientèle. Aujourd’hui, je jongle entre le web et le réel, avec mon point de vente à Fribourg et les évènements auxquels je participe régulièrement. Le web offre toute une palette d’avantages. Mais l’échange direct avec la clientèle est aussi très précieux à mes yeux. L’expérience d’achat est également toute autre pour le client. J’aime l’équilibre que permet cette combinaison actuelle.

 

Graine de Shopping, en quelques chiffres, ça donne quoi ?
– Environ 100 créateurs avec lesquels nous travaillons ou avons travaillé
– Plus de 12’000 fans sur Facebook
– 5’000 produits référencés sur le e-shop

 

Quelles sont les personnes avec lesquelles tu collabores au quotidien dans la gestion et le développement de Graine de Shopping ?
J’ai la chance de pouvoir compter sur une équipe géniale! Nous pouvons notamment citer :
– Florencia, qui traite les commandes des clients et s’occupe de la mise à jour du e-shop et des réseaux sociaux
– Isabel, qui a dernièrement rejoint l’équipe. Elle gère la relation avec les clients, s’occupe du e-shop et, en tant que talentueuse photographe, organise des shootings et n’hésite pas à partager des clichés sur les réseaux sociaux
– Mau, qui gère depuis bientôt 2 ans notre corner de Fribourg, et qui s’occupe également des réseaux sociaux
– Ma sœur, Aline : elle est graphiste et m’aide régulièrement dans différents projets, que ce soit pour l’identité visuelle de la boutique ou le site, entre autres. Elle m’aide aussi dans la gestion de notre point de vente de Fribourg. Et puis, je lui demande régulièrement son avis pour la sélection des bijoux.
– Ma famille, qui me rend régulièrement beaucoup de services, et sans qui je me serais souvent retrouvée coincée…
– Noemi, Béatrice, Diane, Myriam, Marina, Marie, Caroline, Angela, Camille,… et la liste est encore longue: voilà quelques-unes des membres de mon équipe qui m’épaule lors d’évènements et festivals, comme le Bô Noël ou le Montreux Jazz Festival.

Et chaque jour, je suis aussi en contact très étroit avec les créateurs. Il est important pour moi d’entretenir une relation proche avec eux, afin de pouvoir échanger sincèrement et dans la confiance. Le facteur et le postier, aussi ! Avec tous les colis qu’il nous livre et que nous expédions, on finit par se connaître.

Tu travailles avec de nombreux partenaires – on dénombre 56 créateurs sur le site de Graine de Shopping. Quels sont tes critères de sélection ? Et pour les bijoux, plus particulièrement ?
Ma première impression est souvent décisive. Au premier regard, je comprends en principe si une collection a sa place ou non dans ma boutique. Si j’ai des étoiles dans les yeux en découvrant les bijoux, c’est bon signe et il y a de grandes chances que l’on puisse les découvrir quelques temps plus tard dans dans la boutique. Ensuite, la qualité joue aussi un grand rôle. Il faut que ce soit des matériaux qualitatifs, que les finitions soient parfaites. Je privilégie les créations en petites séries, que l’on ne trouvera pas forcément partout. Ou carrément nulle part ailleurs. Parfois, les créateurs imaginent des bijoux personnalisés pour ma boutique, en fonction des mes désirs. J’aime les bijoux graphiques, minimalistes… et parfois à inspiration bohème. C’est donc principalement ces types de bijoux que l’on retrouve à la boutique.

 

Tu es active sur les réseaux sociaux. Comment as-tu développé ta communauté ? Comment interagis-tu avec elle ?
Cette communauté s’est bâtie petit à petit. Certains ont découvert la boutique lors d’un évènement, au Montreux Jazz par exemple, et arrivés chez eux, retombent sur notre carte de visite et décident de nous suivre sur les réseaux sociaux. Parfois, c’est l’inverse: ils ne connaissent la boutique que dans le monde virtuel et s’étonnent lorsqu’ils nous découvrent « en vrai ». C’est toujours un chouette moment !

L’interaction avec mes clientes (et clients !) est clé pour moi. C’est la meilleure manière de pouvoir comprendre quelles sont leurs attentes et d’y répondre de manière adéquate. Et surtout, c’est extrêmement de plaisir : recevoir des messages de remerciements de clientes satisfaites de leur achat et du service, ça me donne le sourire! Du coup, on s’investit beaucoup dans l’interaction avec les personnes qui nous suivent. Nous n’hésitons pas à donner notre avis si les clients hésitent entre deux modèles, ou rendons des services spéciaux s’il s’agit de cadeaux par exemple, pour faire en sorte que la surprise soit la plus totale ! D’ailleurs, on écrit toujours un petit mot à la main que l’on joint à chaque commande.

C’est ce que je préfère dans cette aventure : la relation humaine. Je me rends compte que les gens ont plaisir à faire leur shopping dans notre boutique, et pour moi, ce sentiment est une vraie récompense. Les bijoux, ce sont finalement des petits plaisirs que l’on peut offrir et s’offrir, et qui parsèment un peu de bonheur dans une journée…

 

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Tu collabores avec des influenceuses et des blogueuses. Comment perçois-tu aujourd’hui ce type de relais de communication ? As-tu de bons résultats suite à ces collaborations ?
J’aime suivre des influenceuses et blogueuses car il s’agit pour moi d’une source d’inspiration. Si je trouve que leur univers colle à celui de Graine de Shopping, il m’arrive de les contacter. Certaines sont d’ailleurs des amies ! J’ai bien sûr plaisir à ce qu’on parle de ma boutique. Mais je n’attends pas de résultats particuliers lorsque j’entreprends ce type de démarche. Le plus important pour moi, c’est que tout cela reste authentique et naturel.

 

Avec le recul, quelles ont été pour toi les principales difficultés rencontrées dans l’aventure Graine de Shopping? Et les meilleurs souvenirs ?
Lorsque j’ai lancé Graine de Shopping, j’avais 21 ans. Alors forcément, je me suis retrouvée confrontée à 2-3 situations auxquelles je n’étais pas préparée et pour lesquelles je n’avais pas toujours de solution. Nous pouvons notamment citer : les tracas administratifs, mon premier décomptes TVA (mamma mia !), les galères de montage de stand pour la fille non-bricoleuse que je suis, les colis qui se perdent, … mais finalement, rien de dramatique !

Les meilleurs souvenirs ?
– Ma victoire du concours Graines de Boss et la formation que l’IMD m’a offerte chez eux en récompense.
– Ma première participation au Marché sans Puces, à Genève, en 2012. Les gens se sont mis à faire la queue pour accéder à mon stand. Je n’y croyais pas !
– Les premiers articles dans la presse, qui parlaient de Graine de Shopping.
– Ma collaboration durant 3 ans avec Béa, qui a créé des « Wish bracelets », dont la somme des ventes était reversée à l’association Trampled Rose. On a ainsi permis à de nombreuses jeunes filles éthiopiennes de se rendre à l’école.
– Le jour où j’ai reçu une commande de l’autre bout du monde, d’une cliente absolument euphorique et enthousiasmée par les bijoux proposés sur le site. Quelle surprise de voir qu’on visitait le e-shop de si loin !
– La fois où j’étais dans le train et ai entendu un groupe de filles parler de Graine de Shopping et en faire l’éloge, alors que j’étais assise quelques sièges plus loin, grand sourire.

 

Parallèlement à cela, tu travailles dans le domaine de la communication et des relations publiques au sein d’une grande entreprise suisse. Comment combines-tu ces deux activités ?
L’idée de combiner deux activités me plaît. Je les trouve très différentes et complémentaires. J’en tire des enseignements qui me sont utiles ensuite dans les deux cas. Cette double-casquette employée/entrepreneuse me force par contre à être organisée, d’anticiper un maximum et de savoir gérer les priorités et les urgences. Et surtout, avec le temps, j’ai appris à m’entourer d’une équipe. Le fait de pouvoir déléguer est crucial dans ma situation.

 

Finalement, quels conseils pourrais-tu donner à une personne qui souhaiterait se lancer dans une aventure entrepreneuriale ?
Ecouter ses envies et son coeur, premièrement. C’est le plus important. Il ne faut pas vouloir aller trop vite : au début, il faut savoir être patient, ne pas se précipiter. Cela peut prendre du temps, jusqu’à ce que son projet soit mûr.


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