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Web et vidéo, le quotidien de Bertrand Saillen !

La vidéo a su prendre sa place au cœur d’Internet. Comment la vidéo a-t-elle évolué, comment les entreprises peuvent-elles profiter de cette tendance pour communiquer et quelles sont les évolutions à prévoir du côté des réseaux sociaux ?

Nous faisons le point avec Bertrand Saillen, directeur de Mediaprofil à Vevey et Président du Swiss Web Festival, le rendez-vous annuel des pros du web, que nous avons rencontré cet été dans le cadre du Montreux Jazz Festival.


Mediaprofil est active dans l’audiovisuel et la création de contenu depuis plusieurs années. La vidéo est donc un domaine que tu connais sur le bout des doigts. Peux-tu nous parler de l’apparition de la vidéo sur le web et de ce qu’elle a changé dans ton métier?

La vidéo a changé énormément de choses sur le web. Elle représente aujourd’hui non seulement une opportunité créative mais elle est devenue facile d’accès en comparaison à la complexité que demandait la création de vidéos il y a quelques années. Maintenant que tout le monde est capable de créer ses propres vidéos grâce aux smartphones par exemple, de nouveaux défis se font sentir et l’approche doit changer, évoluer. Le créateur de contenu d’aujourd’hui n’est plus forcément un réalisateur, un scénariste ou un professionnel de l’audiovisuel ; on peut désormais créer ses propres vidéos et exprimer son talent même depuis un coin de sa chambre, à l’image des Youtubeurs les plus populaires du moment.

Cette évolution a modifié l’ensemble de la chaine de production, le rôle du diffuseur, et bien sûr, tout un modèle économique. En tant que producteur, je ne peux plus uniquement conseiller un client ou un diffuseur pour produire un contenu qui convient à une audience définie. Maintenant, je dois d’abord travailler sur le diffuseur, qui n’est plus seul mais multiple, et prendre en compte les contraintes légales de diffusion. En effet, diffuser des vidéos sur le web implique de respecter les droits et les artistes. Respecter ces règles, c’est respecter le travail des autres.

 

Quelles sont les opportunités qu’offrent la vidéo et le web aux marques, mais aussi à ces nouveaux talents du web ?

Les marques ont bien compris le potentiel qu’offrent les talents du web. Elles ne s’orientent plus forcément vers des diffuseurs directement, mais davantage vers les talents eux-mêmes qui deviennent les relais. En tant que producteur, le rapprochement et le travail avec les talents sont essentiels. Le challenge réside dans le travail artistique autour d’eux, de la création d’une communauté à la création d’un contenu pertinent, tout en réussissant à faire toujours mieux et différent pour maintenir l’intérêt des internautes.

 

« Aujourd’hui, on doit pouvoir être capable de relier les générations puisque cela devient compliqué de continuer de créer du contenu pour plusieurs cibles différentes sur deux supports différents, tout en contentant les marques… »

 

Comment réussir à atteindre toutes les générations en diffusant de la vidéo sur le web ?

Les webnatifs – les jeunes moins de 25 ans – se trouvent dans une vision de consommation totalement délinéarisée dans laquelle les adultes sont absents. Le profil type du consommateur du web qui intéresse une majorité d’annonceurs est représenté par les femmes de 25 à 45 ans. Ce sont en tous les cas les statistiques qui sont ressorties d’études réalisées en France.

Aujourd’hui, on doit pouvoir être capable de relier les générations puisque cela devient compliqué de continuer de créer du contenu pour plusieurs cibles différentes sur deux supports différents, tout en contentant les marques. On peut le dire, la télé est devenue dépassée pour toute une génération, mais l’audience reste tout de même là. Faire du web, c’est cool, mais les annonceurs continuent de mettre beaucoup d’argent dans les campagnes de publicité traditionnelles, sans encore prendre la vidéo totalement au sérieux ou simplement par manque d’expérience.

 

De manière plus locale, où se situe la Suisse dans cette jungle ? 

Honnêtement, j’ai quelques peurs pour la création de contenu en Suisse. Aujourd’hui, la mondialisation du contenu est bonne, mais le problème se trouve plutôt dans le fait que la plupart des PME et des entreprises suisses investissent en masse sur des campagnes sur les réseaux sociaux comme Facebook, Instagram ou encore Snapchat. Avec cette manière de faire, tout l’argent investi part dans les poches de la Sillicon Valley, et il ne reste plus grand chose à investir pour créer du vrai contenu et avoir un impact local. Je pense que nous devons continuer de parler de nous, chez nous.

Le problème ne réside pas dans les réseaux sociaux, mais plutôt dans les médias, qui doivent désormais proposer des solutions publicitaires adaptées aux annonceurs autres que des bannières… Il y a des propositions plus optimales en terme de ciblage. Un nouveau modèle va devoir être réinventé. J’aimerais qu’on arrive à proposer de nouvelles solutions comme des systèmes de réservation d’espaces et de ciblage pour que les annonceurs s’y retrouvent. Se pose alors le problème de la confidentialité des données ; la communauté doit en effet être d’accord de fournir ses données et ici, il faut avouer que nous sommes en retard. Notre cadre légal est un frein à ce développement. Il est libéral, certes, mais je pense qu’il faut légiférer pour construire et développer et non pas seulement pour interdire. Si un business se développe, c’est qu’il y a marché.

 

Et en Suisse romande plus particulièrement ?

En Suisse romande, beaucoup d’entreprises se lancent, elles débutent. Tout en assumant d’être des entreprises romandes sans complexe vis-à-vis du voisin français, elles cherchent des talents romands pour collaborer plutôt que de viser des Youtubeurs français à tout prix.

Je pourrais citer comme exemple la BCV qui a développé un concept local intéressant entre les « minipeople » et l’image de Stan Wawrinka. Romande Energie a également bien compris l’enjeu d’un positionnement local et propose des choses assez décalées. J’ai un peu plus de peine avec les marques-produits ; je suis surpris que les grands distributeurs par exemple n’aillent pas plus se frotter à une communication plus décalée.

 

« Pour collaborer avec une marque, le talent doit rédiger un concept avec des cibles et des objectifs. C’est un travail commun avec la marque… »

 

La vidéo a réinventé le sponsoring, qu’en penses-tu ?

Aujourd’hui, on cherche à travers la vidéo, une expérience, un échange, un moment, et pas uniquement du placement de produits, qui est un réflexe dépassé.

Les influenceurs qui possèdent 50 ou 100’000 followers vont recevoir des demandes de tous les côtés, mais cela peut vite agir en défaveur de la communauté. Nombreux sont les talents qui refusent toute collaboration avec des marques. Le souci est qu’ils se ferment à ce type de financement. Il y a un juste milieu à trouver dans cette manière de faire. Pour collaborer avec une marque, le talent doit rédiger un concept avec des cibles et des objectifs. C’est un travail commun avec la marque.

 

Et le rôle des réseaux sociaux dans tout cela ? Comme Snapchat par exemple ?

Nous avons subi un grand changement avec Snapchat. Réaliser une vidéo est devenu si simple! Snapchat a amené quelque chose de particulier parce qu’en vidéo, on ne peut pas tricher, on doit être soi-même. C’est une nouvelle génération d’utilisateurs qui voit et utilise l’écran différemment.

Le succès de Snapchat repose sur un premier facteur : la disparition du contenu. Il y a un côté pesant des publications qui restent. Pouvoir faire disparaitre son contenu et le contrôler (grâce au screenshot) a été une vraie révolution.

 

« …Facebook pourrait devenir le réseau le plus puissant en vidéo, il risque même de détrôner YouTube… »

 

Quel est selon toi l’avenir de Facebook et de YouTube?

Facebook et YouTube ont tous les deux un enjeu majeur et la main mise mondiale de la création de contenu. Aujourd’hui, Facebook pourrait devenir le réseau le plus puissant en vidéo, il risque même de détrôner YouTube.

Une question se pose alors sur le contenu de masse, qui est soumis aux droits d’auteur et de diffusion. Si YouTube arrive à faire en sorte qu’un géant puisse mettre par exemple quelques milliards sur la table pour acheter les droits d’un concept ou du sport, on comprend alors que certains vont tout miser sur ce réseau social puissant, et abandonner la télévision.

Cette main mise peut certes paraitre inquiétante, car la diversité du contenu va être limitée. On voit apparaître clairement une « bataille de monstres ».

 

Parle-nous de ton entreprise Mediaprofil…

Nous sommes spécialisés dans l’audiovisuel et la création de contenu. Outre l’aspect technique, nous proposons à nos clients de véritables concepts, du contenu pertinent et une communication ciblée.

Ce que je recherche, c’est de rassembler des passionnés de l’image et du contenu qui cherchent à rapporter des émotions et des moments de vie captivants, à travers des reportages, des documentaires, de la captation de live, etc.

Nous comptons 20 personnes à plein temps. Pour nous, il est primordial de proposer de la qualité, de la disponibilité, de la réactivité, une bonne gestion de projet et de la capacité créative. Parmi nos clients pour lesquels nous travaillons sur du contenu, nous pouvons citer RTS, 20Minutes, des plateformes vidéos et des chaines de télévision régionales romandes.

Nous réalisons de la captation pour Arte et TV5Monde, puis d’autres champs d’actions pour Nestlé, Romande Energie, Jumbo et bien sûr les évènements romands comme les grands festivals Paléo, Montreux Jazz, Festi’Neuch, etc.

 

Comment as-tu réussi à en arriver là ? 

Depuis le début des années 2000, dès que j’ai vu DailyMotion et YouTube et les possibilités de diffusion de vidéo via internet, j’ai compris qu’il fallait développer autrement. J’ai donc sauté sur l’opportunité et la première chose que nous avons montée, ce sont des sitcoms comme « Quatre pièces et demi » lancée avec C&A et Migros, parce qu’on avait vu « Un Gars Une Fille » avec Fly 😉 C’était une excellente expérience.

 

Tu es président du Swiss Web Festival qui aura lieu du 11 au 13 octobre 2016 au MAD de Lausanne. Peux-tu nous parler de cet évènement ?

En effet, ce sera déjà la troisième édition cette année. On a monté ce festival pour faire se rencontrer les talents du web avec les professionnels de la vidéo et du web qui apportent du contenu et qui partagent leur expérience à travers des conférences et des ateliers. C’est un peu une « fête du web » où les gens partagent et on sait que dès 19h, l’ambiance est cool, festive et qu’on passera un bon moment.

Grâce à ce projet, j’ai rencontré des gens que je n’aurais jamais pu rencontrer si je ne l’avais pas fait. Le but n’est pas de faire quelque chose de très grand public mais plutôt que ces journées restent orientées pour les professionnels. Pour atteindre le grand public, j’ai un autre grand projet 😉

 

Tu nous intéresses… Raconte-nous tout !

Au printemps prochain, aura lieu un évènement « des Talents du Web », à Palexpo, dont la direction m’a proposé de développer le concept.

Comme son nom l’indique, cette manifestation accueillera de nombreux talents du web, Youtubeurs, blogueurs, influenceurs, etc., et nous allons proposer une véritable expérience ! Je ne voulais en aucun cas un salon à selfies et à dédicaces, alors j’ai développé un concept beaucoup plus approfondi : créer quelque chose d’unique, une journée dont on se souviendra longtemps. On veut surprendre les gens grâce à des happenings et du contenu exclusifs… Grâce à la déco, le contenu et l’ambiance autour de notre concept, les gens vont entrer dans un monde qui n’existe pas encore. Je veux que les gens disent qu’ils ont vécu un truc de fou !

Je ne veux pas trop en dire pour le moment, afin de garder l’effet wow, mais je veux que les talents s’investissent dans ce projet, avec nous.

Cet évènement rassemblera, à travers un parcours guidé, tout ce que le web propose. Il y aura la possibilité de zapper les zones qui nous intéressent moins mais nous faisons en sorte de pouvoir intéresser toutes les générations. Les 12-13 ans par exemple, ne viendront pas seuls, nous devons donc trouver le moyen d’intéresser leurs parents qui sont autant des consommateurs du web mais qui ont d’autres attentes. Le concept doit plaire au plus grand nombre.

Nous sommes soutenus dans ce projet par des entreprises d’horizons divers qui veulent montrer une image jeune et moderne. Par exemple, nous allons intégrer la prévention sur les risques liés au web, mais de manière cool et surtout pas moralisatrice.

Rendez-vous donc le 6 et le 7 mai 2017 à Palexpo Genève ! Nous avons déjà un engouement fou de la part des médias. La conférence de presse aura lieu dans le courant de l’automne, durant laquelle nous allons annoncer le nom des talents qui seront présents.

Stay tuned !

Mediaprofil | Swiss Web Festival

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