Yael Naim sort ce 20 février 2026 son sixième album studio, Intitulé «Solaire», il se veut une renaissance pour l’artiste de 48 ans.
Dans «Solaire», la Franco-Israélienne se présente plurielle: elle murmure, chante, parle et rappe même parfois. Pour l’artiste, ce nouvel album est un moyen de «faire la paix avec la lumière, mais aussi avec la puissance».
«C’est arrêter de m’excuser d’entreprendre, d’oser. C’est accepter d’être parfois la fille pas cool, pas parfaite, mais sincère. J’avais honte de cette lumière en moi. Aujourd’hui, je l’assume», dit-elle.
C’est au cours d’une discussion à coeur ouvert dans un atelier d’artiste lausannois que Yael Naim s’est confiée sur ce nouveau projet et a présenté certains de ses titres.
L’album se veut une renaissance musicale. Pouvez-vous nous en dire plus?
J’aime beaucoup la musique. Je suis vraiment boulimique de musiques et je ne peux pas m’auto-imiter, c’est-à-dire que je fais quelque chose et après je suis curieuse de tenter autre chose. J’entends beaucoup de musique, je suis exposée à de nouveaux sons, j’ai envie de les toucher, c’est comme un super nouveau plat que tu as envie de le goûter. Et il y a un aspect aussi psychologique. L’espace que propose la musique électronique, cette rencontre avec la musique classique, ça parlait aussi de toutes mes facettes, de toutes mes cultures, et j’avais envie de les rejoindre. J’avais envie qu’il y ait beaucoup de relief dans l’album: de l’espace, du vide, des explosions tout d’un coup, de l’énergie. Je voulais qu’il soit éclectique, mais je n’imaginais pas à quel point j’allais ouvrir la porte.

Dans «Solaire», vous rappeler la puissance que chacun a en soi. Pourquoi ça?
Cette chanson est une réparation et une réconciliation avec ce mot qui est devenu une revendication: Je suis solaire. Ça peut te cramer, mais c’est une puissance, une force intérieure qui ne te quitte pas même quand ça se passe mal à l’extérieur. C’est une force de vie. J’anime aussi des groupes de parole de femmes et je vois qu’on a souvent très peur de notre puissance parce que ça veut aussi dire entrer en désaccord, ne pas être approuvée par des gens qu’on aime.
Dans «Wow», vous dénoncez cette course à la perfection – qui devient presque du «m’as-tu vu». Pourquoi vous semblait-il important de rappeler que le simple fait d’être humain suffit?
Parce que sinon, c’est trop de pression. Et on est malheureux et jamais suffisant. En fait, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de bruit et des idées qu’on nous vend sur ce qu’on doit cocher: Quel est le mari parfait? A quel âge il faut se marier? Quel type de mère il faut être? Quel enfant il faut avoir? Quel type de carrière? Combien d’argent il faut avoir sur son compte? Cette pression-là et ces voix-là qui sont toute la journée en train de nous parler et qui deviennent nos voix intérieures, je pense que c’est une grande source de souffrance. Et quand on arrive à les calmer, on peut écouter ce qu’on veut vraiment, ce dont on a besoin.
Avec «La fille pas cool», vous appelez à être tout simplement soi-même. Que diriez-vous à quelqu’un qui n’arrive pas à se libérer des limites évoquées précédemment?
C’est dur à dire parce que ça a été un long processus pour moi. Je peux juste témoigner et peut-être que chacun peut témoigner de ce qu’il a traversé. Des fois, ça résonne, des fois ça ne résonne pas. Moi, ça m’a aidée d’entendre d’autres histoires et de savoir que je ne suis pas seule et que je ne suis pas folle, que c’est normal, que d’autres gens vivent des expériences dans lesquelles je me reconnais. Et donc, c’est juste de libérer la parole. Les gens qui m’ont partagé leur histoire m’ont aidée à des moments où je me suis sentie pas normale et isolée. Et c’est pour ça que j’ai fait le choix de raconter à mon tour. Savoir qu’on vit tous ce genre de moments, avec des différences évidemment, peut permettre de se sentir mieux dans sa propre recherche intérieure.
«What’s in your soul» dure presque de 10min. Ne craignez-vous pas de perdre les gens avec un morceau plus long?
Si je perds les gens sur une des dernières chansons, c’est que j’ai réussi. S’ils ont écouté l’album jusqu’à là et qu’ils ont pas envie de ça, c’est pas grave (elle rit). «What’s in your soul», c’est un mantra. Ce qu’il y a dans ton âme, ce qu’il y a dans ton cœur, ce qu’il y a dans tes rêves, personne ne le sait. Et ça ne va pas disparaître. Même si on ne l’écoute pas ou qu’on le cache, ça reste en nous. Et personne ne peut savoir ce qu’il y a de mieux pour toi. C’est une envie de protéger cette énergie vitale qui nous est propre. Ce n’est pas grave si parfois on l’oublie ou si parfois on s’égare.
Dans «Free», vous opposez le fait de se contenir à celui de lâcher-prise. Est-ce que c’était une évidence de finir l’album avec cette invitation à s’autoriser à être libre malgré tout?
Ouais! Ouais, c’était pour clôturer: «Set yourself free!» Libre et basta.
Angelica est passionnée par la diversité offerte par le monde culturel. Musique, spectacles, YouTube, littérature, cinéma et séries sont autant de domaines qui suscitent sont intérêt. Si elle aime suivre la carrière des artistes qu’elle connaît déjà, elle apprécie tout autant en découvrir de nouveaux. Que dire de plus? Angelica s’intéresse aussi aux sports extrêmes et au football mais pas comme pratiquante… Elle en est spectatrice!
