Le quatrième solo de Tom Holland abandonne la légèreté des précédents opus pour un récit adulte et nocturne.
Vu en projection presse, le film signé Destin Daniel Cretton relance une franchise qu’on croyait installée dans ses habitudes. Il sort ce mercredi 29 juillet dans les salles romandes.
Un Peter Parker que l’on n’avait jamais vu
Il y a quelque chose de déstabilisant, les premières minutes, à retrouver un Spider-Man qui ne blague plus. Fini le lycéen surexcité de Homecoming, oubliée la comédie d’aventures de Far From Home. Peter Parker traîne ici une solitude épaisse, celle d’un jeune homme que le monde a effacé de sa mémoire et qui patrouille dans une ville indifférente.
Le pari était risqué. Marvel avait bâti trois films sur l’énergie comique de son interprète, et Destin Daniel Cretton, à qui l’on doit Shang-Chi et le très beau Short Term 12, choisit de tout ramener au sol. Le résultat impressionne. On respire un cinéma de rue, presque poisseux, où les enjeux tiennent en quelques pâtés de maisons plutôt qu’en portails multiversels.
Tom Holland, lui, est phénoménal. Débarrassé de l’obligation de faire rire, il livre sa performance la plus dense depuis qu’il porte le costume. La presse anglo-saxonne ne s’y trompe pas, David Rooney signant dans le Hollywood Reporter un lapidaire « Never better ».

Frank Castle, la vraie bonne idée du film
La surprise porte un crâne blanc sur la poitrine. Jon Bernthal reprend le rôle de Frank Castle, le Punisher, et se retrouve face à un Spider-Man qui refuse de tuer. Le choc des méthodes nourrit les meilleures scènes du film, entre engueulades franches et respect réticent. Les deux acteurs s’amusent visiblement, et cette dynamique de grand frère toxique fonctionne à merveille.
Mark Ruffalo passe également par là, en Bruce Banner. L’apparition est courte mais bienvenue, et rappelle qu’un caméo bien placé vaut mieux qu’un défilé de guest-stars.
Une mise en scène qui prend de la hauteur
Visuellement, le film est une claque. Cretton filme New York comme un personnage à part entière, et les séquences de balancier entre les gratte-ciel comptent parmi les plus belles jamais tournées pour le tisseur. Certains plans, caméra embarquée au plus près du masque, coupent le souffle.
Tout n’est pas parfait pour autant. Le scénario prend quelques raccourcis, expédie certaines transitions et multiplie les sous-intrigues au risque de s’éparpiller. Owen Gleiberman, dans Variety, juge d’ailleurs le film trop long d’une bonne demi-heure. Ces réserves n’entament jamais vraiment le plaisir.
Grandir, et s’accepter
C’est peut-être là que le film touche le plus juste. Derrière le costume, Brand New Day raconte le passage à l’âge adulte, ce moment où l’on cesse de courir après celui que l’on était pour accepter celui que l’on devient. Peter s’accroche à un passé qui n’existe plus, et le film lui refuse toute nostalgie confortable. La santé mentale s’impose alors comme son vrai sujet, traitée sans lourdeur, à travers un héros qui doit apprendre à s’accepter avant de sauver qui que ce soit. Beaucoup s’y reconnaîtront.
Notre verdict
Avec 90 % d’avis favorables sur Rotten Tomatoes et un score de 70 sur Metacritic, la critique internationale valide largement le virage. Nous aussi. Brand New Day renoue avec ce que Marvel a produit de meilleur, à l’époque où les personnages primaient encore sur l’agenda des sorties.
Spider-Man Brand New Day, en salles dès le 29 juillet 2026
De Destin Daniel Cretton. Avec Tom Holland, Zendaya, Jon Bernthal, Mark Ruffalo, Jacob Batalon et Sadie Sink. Durée 2h24.
Tom Holland livre sa meilleure performance dans le rôle
Le duo Spider-Man et Punisher fonctionne de bout en bout
La mise en scène de Destin Daniel Cretton retrouve de l'ampleur
Les traversées de New York sont spectaculaires
Le ton adulte tranche enfin avec la formule Marvel
Le scénario expédie plusieurs transitions clés
Certaines résolutions arrivent un peu facilement
Les amateurs d'humour à la Homecoming resteront sur leur faim
Fondateur du Socialize Magazine, Sandro est passionné par les voyages, la pop-culture, les nouvelles technologies et amateur de bonnes tables! Son motto? #kiffance!

