Et si on vous disait que louer une famille était un vrai business au Japon ?
Aussi improbable que cela paraisse, c’est le point de départ de Rental Family, le nouveau film de la réalisatrice japonaise Hikari sorti en février 2026, porté par un Brendan Fraser qui vous fera fondre comme neige au soleil.
Tokyo, solitude et familles de substitution
Philip Vanderploeg est un acteur américain installé à Tokyo depuis sept ans. Sans grand succès, sans véritable attache, il décroche un jour un contrat pour le moins original : jouer des rôles de proches de substitution pour de parfaits inconnus, via une agence japonaise de « familles à louer ». Père absent pour une fillette, journaliste pour un vieil acteur rongé par les regrets… Mission après mission, Philip s’immerge dans des vies cabossées, y trouvant bien plus qu’un simple salaire.
Ce concept, aussi déroutant qu’il soit, est ancré dans une réalité documentée au Japon, pays où la pression sociale et l’isolement poussent certaines personnes à louer de la compagnie humaine. Hikari ne cherche pas la satire mordante — elle choisit la tendresse, la nuance, et ça change tout.
Brendan Fraser, les grands yeux bleus les plus émouvants du moment
Difficile de ne pas tomber sous le charme de l’acteur. Depuis sa renaissance avec The Whale et son Oscar mérité, Brendan Fraser semble habiter chacun de ses rôles avec une sincérité désarmante. Ici, il balade sa carrure de nounours géant avec une pudeur et une douceur qui vous transpercent. Ses silences en disent autant que ses répliques. Il y a quelque chose de presque méta dans ce rôle : un acteur autrefois oublié jouant un comédien marginalisé, redécouvrant le goût de vivre dans la vie des autres. Fraser le sait, Hikari le sait, et ce dialogue entre fiction et réalité donne une dimension supplémentaire au film.
Mais le reste du casting est loin d’être en reste. La jeune Shannon Mahina Gorman, qui incarne la petite Mia, est une révélation. Quant à Akira Emoto dans le rôle du vieil acteur aux souvenirs douloureux, il livre une performance poignante qui représente sans doute la scène la plus forte du film — un moment suspendu, presque hors du temps, qui brise discrètement le quatrième mur.

Un miroir tendu à notre époque
Ce qui rend Rental Family particulièrement saisissant, c’est son message profondément humain. Dans une société toujours plus connectée mais paradoxalement plus isolée, le film interroge : que se passe-t-il quand on laisse les liens s’effilocher, quand on reporte à demain les appels à passer, les présences à offrir ? Philip comble des vides que la vie moderne a creusés, et quelque part, en regardant ces personnages, on pense à nos propres silences, à nos relations négligées, à ce vieil ami qu’on n’a plus rappelé.
La mise en scène d’Hikari est à l’image du propos : soignée, posée, avec un Japon de carte postale aux teintes pastels qui ne se prend jamais pour un simple décor. Les cerisiers en fleurs, l’architecture urbaine de Tokyo, les petits quartiers méconnus… chaque plan est une invitation à l’évasion autant qu’à l’introspection.
Rental Family n’est peut-être pas le film le plus audacieux de l’année. Certaines situations se devinent un peu trop facilement, et le scénario ne prend pas toujours les risques qu’il pourrait se permettre. Mais ce serait passer à côté de l’essentiel que de s’arrêter là. Car ce film-là, il fait quelque chose de rare : il fait du bien. On s’attache aux personnages dès les premières minutes, on rit un peu, on pleure beaucoup, et on ressort de la salle avec l’envie d’appeler quelqu’un qu’on a trop longtemps négligé.
Un feel-good movie avec de la profondeur, c’est tout sauf anodin.
Rental Family, en salles le 4 février 2026
Un acteur américain à Tokyo accepte un travail inhabituel dans une agence de « familles de location » et se glisse dans la peau d’un fils, d’un mari ou d’un père au sein des familles de ses clients. Alors qu’il les aide à combler les vides familiaux, de véritables liens se créent, brouillant les frontières entre fiction et réalité et lui apportant un nouvel éclairage sur la proximité et la cohésion.
Brendan Fraser, tout simplement habité dans son rôle
Un casting secondaire unanimement touchant
Une réalisation soignée, des images magnifiques d'un Tokyo authentique
Un message fort et universel sur la solitude et l'entretien des liens
L'équilibre réussi entre émotion et légèreté, sans tomber dans le mélodrame
Un scénario par moments trop prévisible, on voit venir certains rebondissements de loin
Quelques passages un chouia trop bienveillants, à la lisière du guimauve
Cinéma. Actus. Séries. Vous.

