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Zoom sur la tendance du « upcycling » avec la fondatrice de Six fois par jour

Zoom sur la tendance du « upcycling » avec la fondatrice de Six fois par jour

Virginie

L’upcycling consiste à créer un nouveau produit de qualité supérieure en utilisant exclusivement d’anciens matériaux dont on a plus l’usage. Écologique, cette tendance s’observe notamment dans divers milieux créatifs tels que le prêt-à-porter, l’art ou encore le design.

Rencontre avec Lia, la fondatrice de Six fois par jour, une marque suisse de bijoux upcyclés.

 

Jeune maman de 29 ans, Lia se lance dans l’univers de l’entreprenariat à la suite de la naissance de son deuxième enfant. « La maternité m’a fait réfléchir sur l’avenir et l’urgence écologique à laquelle nous faisons face m’a énormément travaillé. Je voulais allier mon souci de l’écologie avec mon côté créatif. Depuis aussi longtemps que je m’en souvienne, j’ai toujours eu un grand attrait pour la gemmologie et une passion pour la fabrication de bijoux. Petite déjà, je créais pour ma famille et mes amis », explique-t-elle. Elle débute alors en septembre dernier l’aventure Six fois par jour, sa propre marque de bijoux upcyclés.

 

© Six fois par jour

 

L’upcycling, késako ?

Vous connaissez certainement le fameux adage qui dit : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » ?! L’upcycling, c’est donc ça ! En pratique, on réutilise d’anciens matériaux ou produits qui n’ont plus d’utilité pour créer un nouvel objet sans passer par la case recyclage. L’upcycling favorise alors une économie circulaire tout en ayant un impact quasi nul sur l’environnement. « Cette pratique nait dans les pays en développement ou l’accès aux matières premières est limité. Aujourd’hui, c’est un processus repris par de nombreux designers, artisans et artistes dans le monde entier. Ce procédé a un intérêt écologique (réutiliser plutôt que de jeter) mais la dimension créative et esthétique reste primordiale », explique la créatrice, puis d’ajouter : « Pour ma part je faisais déjà de l’upcycling de bijoux sans en connaitre la définition il y a quinze ans et sans savoir où ça allait me mener aujourd’hui. Je récupérerais des vieux bijoux et les transformais. Je les valorisais en leur donnant une seconde vie. J’ai redécouvert cette pratique enceinte de mon premier enfant. Créer m’apaisait et me faisait beaucoup de bien. Quand je crée, je retrouve un état presque méditatif. »

 

© Six fois par jour

 

Un enjeu écologique certain

L’upcycling offre une alternative écologique à la fast-fashion tout en garantissant des pièces uniques. Donner une seconde vie à des objets devenus obsolètes, voici tout l’enjeu de cette pratique qui gagne en intérêt depuis quelques années. « Je suis de plus en plus sensible au développement durable et à l’écologie depuis que je suis mère. Je ne consomme plus de fast fashion depuis plusieurs années tout comme j’évite au maximum de me rendre dans les magasins de la grande distribution. Notre société repose en grande partie sur la surconsommation ce qui pose évidemment de nombreux problèmes éthiques et environnementaux. »

La créatrice souhaite en outre démontrer qu’il est tout à fait possible d’adopter une consommation plus raisonnée au travers de sa marque Six fois par jour. « Je trouve important de montrer que nous ne sommes pas obligés d’acheter tout le temps de nouvelles choses ou d’aller dans des boutiques de fast fashion pour trouver des pièces peu chères. Il suffit d’ouvrir les yeux pour trouver des choses abordables en brocante ou aux puces. »

 

La chasse aux bijoux

Pour la création de ses bijoux, Lia part à la chasse aux bijoux sur les marchés aux puces ou dans les brocantes. « On me donne aussi parfois des bijoux de famille qui dorment au fond des tiroirs. J’ai d’ailleurs récemment lancé une action zéro déchet. Le client peut m’envoyer un sachet de bijoux qu’il n’utilise plus et bénéficie d’une réduction de – 25% sur l’eshop. J’attache une importance particulière à ce que mes bijoux soient réalisés à 100% à partir de pièces vintages ou de seconde main », explique-t-elle. Depuis le lancement de sa marque début septembre, la moitié de sa première collection s’est écoulée en moins d’un mois. « Je sens un certain engouement pour une nouvelle manière de consommer et c’est très réjouissant. » La jeune créatrice souhaite produire quatre collections par an et quelques pièces hors-série.

 

© Six fois par jour

 

Un processus créatif en 5 étapes

Chaque bijou est unique et créé à la main à partir de pièces chinées, nettoyées, purifiées et repensées. Un travail minutieux qui prend du temps, comme elle nous l’explique : « Il me faut d’abord sourcer ma matière première. Généralement, je désassemble plusieurs pièces et à partir des matériaux que je dispose, je dessine le futur bijou en laissant libre cours à mon imagination. Parfois, c’est l’inverse je design d’abord le bijou et j’attends d’avoir le matériel nécessaire pour le réaliser. »

Une fois les pièces désassemblées, place à l’étape du nettoyage et de la purification : « C’est très important à mon sens dans la mesure où nous ne connaissons pas toujours l’histoire de ces bijoux. Je les purifie à la sauge, au laurier, au genévrier ou au sel suivant les éléments qui le composent. Ces procédés issus d’un savoir millénaire sont utilisés pour sublimer, apaiser, éloigner la négativité et protéger le·a futur·e acquéreur·reuse du bijou. »

 

© Six fois par jour

 

Puis, vient l’étape de création : « Une fois les pièces désassemblées, je me cale sur mon dessin pour recréer ce que j’avais en tête. Je tord, je casse, je taille, je coupe, je rallonge, je raccourci, j’enlève des éléments, je rajoute ou au contraire j’ôte des perles etc. Le temps qu’il me faut pour réaliser une pièce est très variable, plus le travail est minutieux plus il me prend de temps. »

Finalement, il faut réfléchir à la création de visuels, un travail qui demande aussi beaucoup d’implication : « Comme j’attache une importance particulière au visuel de ma marque, je mets un point d’honneur à réaliser des photos qui me conviennent. Pour cela je dois au préalable créer un moodboard pour le shooting. Je suis en général aidée par un·e photographe professionnel·le. Par la suite, il me faut encore définir un prix, réaliser les photos des produits et faire la mise en ligne (description du bijou, tri des photos, retouches photos etc) », conclut-elle.

Alors, la prochaine fois que vous tomberez sur l’un de vos bijoux abandonnés depuis belle lurette au fond du tiroir, pensez upcycling ou confiez-le à Lia. 😉

Pour plus d’informations sur Six fois par jour, rendez-vous: ici.

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