C’était il y a 10 ans, déjà.
En 2016, la pop culture a tourné à plein régime. Le grand public a embrassé des franchises toujours plus ambitieuses, pendant que les créateurs imposaient des récits plus intimes et plus politiques.
Entre Paris, Londres, New York et la Suisse romande, l’année a laissé une trace nette dans nos playlists, nos bibliothèques et nos soirées séries.
Films, l’année des émotions fortes
A Hollywood, 2016 a offert un contraste spectaculaire. D’un côté, La La Land a remis la comédie musicale au centre de la conversation, avec un souffle rétro assumé et une bande originale omniprésente. De l’autre, Arrival a prouvé que la science-fiction pouvait rester grand public tout en étant exigeante, portée par une réflexion sur le langage, le deuil et le temps. Et Moonlight s’est imposé comme un film majeur, intime et social, devenu un repère des années 2010.
Le Royaume-Uni et l’Europe ont aussi pesé. I, Daniel Blake de Ken Loach a marqué l’année par son regard frontal sur la précarité, tandis que Toni Erdmann a incarné une veine plus burlesque, mais tout aussi mordante, sur le monde du travail et la solitude moderne.
En France, la dynamique a été double. Les entrées ont été dominées par les comédies populaires et les gros titres fédérateurs comme Les Tuche 2 et Demain tout commence, tandis que des films plus abrasifs comme Elle ont continué à faire débat et à circuler à l’international.
Et en Suisse romande, un film s’est imposé comme emblème. Ma vie de Courgette, signé Claude Barras, a porté très haut l’animation helvétique, avec une justesse rare sur l’enfance et la résilience, tout en rayonnant largement hors des frontières.

Musiques, quand les icônes côtoient la nouvelle pop mondiale
Musicalement, 2016 a été un carrefour. David Bowie a laissé un dernier album, Blackstar, devenu l’un des gestes artistiques les plus commentés. Beyoncé a frappé fort avec Lemonade, pensé comme un objet total, à la fois album, récit et prise de parole. Radiohead a livré A Moon Shaped Pool, élégiaque et précis, pendant que Frank Ocean installait Blonde dans le temps long.
Au Royaume-Uni, le Mercury Prize attribué à Skepta pour Konnichiwa a confirmé la centralité du rap britannique dans la culture mainstream, avec une influence qui s’est vite ressentie au-delà des frontières.
En France, les classements racontent une année très grand public avec une présence massive de la variété et du rap. Côté variété et pop francophone, on retrouve notamment Céline Dion avec Encore un soir mais aussi Kids United, Christophe Maé, Claudio Capéo, Louane, Julien Doré, Amir ou encore Jain parmi les albums qui structurent l’année. Côté rap, 2016 installe durablement des têtes d’affiche et de nouveaux standards, avec Jul très présent dans les tops albums, PNL avec Dans la légende, MHD, Soprano, et, côté titres, des noms comme Booba, MZ avec Nekfeu ou SCH qui circulent fortement dans les classements.
Romans et séries, la montée des récits qui capturent l’époque
Sur le versant littéraire, la France a été marquée par un roman devenu phénomène. Chanson douce de Leïla Slimani a remporté le prix Goncourt et s’est imposé par sa mécanique implacable et son regard sur l’intime, la classe sociale, la violence latente.
Dans la même saison, Yasmina Reza a été distinguée par le Renaudot pour Babylone, et Petit pays de Gaël Faye a consolidé sa place de récit sensible et accessible sur l’exil et la mémoire.
Côté séries, 2016 a lancé des titres qui ont immédiatement structuré la conversation mondiale. Stranger Things a transformé la nostalgie en langage commun. The Crown a imposé une fresque historique luxueuse. Westworld a remis la science-fiction philosophique sur le devant de la scène, tandis que Atlanta a prouvé qu’une série pouvait être drôle, étrange, politique et profondément moderne.
En France, Baron Noir a installé une fiction politique nerveuse et crédible, devenue référence rapide dans le paysage des séries françaises.
En Suisse romande, la RTS a continué à renforcer la présence de créations et de coproductions, signe d’un écosystème fictionnel qui se consolide et gagne en visibilité.

2016, une année qui parle encore au présent
2016 a laissé un héritage paradoxal. Une année à la fois très blockbuster et très intime, très “événement” et très “récit de société”. C’est précisément ce mélange qui explique sa longévité. Dix ans après, on y revient non par nostalgie automatique, mais parce que ses œuvres ont installé des codes que l’on utilise encore pour regarder, écouter, lire et commenter le monde.
Fondateur du Socialize Magazine, Sandro est passionné par les voyages, la pop-culture, les nouvelles technologies et amateur de bonnes tables! Son motto? #kiffance!
