fbpx
Vous lisez en ce moment
AVANI fait de la mode durable sa priorité

AVANI fait de la mode durable sa priorité

Virginie

Delphine Haccius s’est lancé pour défi de créer une marque de vêtements avec une empreinte écologique la plus faible possible. Du choix des matières aux fournisseurs, rien n’est laissé au hasard pour cette toute jeune marque suisse AVANI. Rencontre.

 

Une jeune marque engagée

Après des études universitaires, Delphine Haccius commence sa carrière dans le consulting pour PME et start-ups avant de s’orienter vers le marketing digital. Toutefois, son parcours professionnel prend un tournant en mars 2017 lorsque, victime d’un grave accident de ski, elle se retrouve immobilisée pendant plus de 8 mois. Baignée dans l’univers du textile depuis son plus jeune âge grâce à ses grands-parents, elle ressent le besoin de s’engager pour une mode durable dans le respect de l’environnement et prenant en compte des aspects sociaux au travers de son métier. Elle esquisse alors les prémices de sa marque AVANI qui verra le jour fin mai 2018.

Sensible à la catastrophe du Rana Plaza en 2013 et à l’écologie, elle souhaite créer une marque avec la plus faible empreinte écologique possible. « L’industrie textile est la 2e industrie la plus polluante au monde après le pétrole. Ironie, aujourd’hui environ 70% de nos habits sont issus de l’industrie pétrolière. Je voulais donc revenir aux sources en utilisant des matières naturelles non-polluantes pour l’environnement et non-toxiques pour notre santé. Vous n’imaginez pas tout ce qu’il y a de toxique dans nos vêtements. Je voulais voir s’il était possible de créer des vêtements clean, 100% naturels mais avec style. » explique-t-elle.

Des matières naturelles à faible empreinte écologique

Le choix des matières s’est donc porté sur un seul critère : garantir une faible empreinte écologique. AVANI travaille principalement avec trois types de matières : le lin bio, le chanvre et le Tencel. « Ces fibres naturelles proviennent de sources végétales cultivées sans pesticides, OGM ou autres engrais chimiques et elles ne consomment que peu de ressources naturelles (eau, énergie, etc). Elles réduisent considérablement la pollution de l’air, de l’eau et du sol. Leur transformation s’effectue sans produits toxiques. Leur provenance est exclusivement européenne. Je ne travaille pas avec le coton car il provient d’Asie et que ça traçabilité n’est pas garantie. De plus, le coton consomme beaucoup d’eau. Le lin vient de France, le Tencel vient des forêts des pays de l’est de l’Europe et le chanvre vient de Roumanie. Tout est ensuite transformé et teint en Europe également afin de minimiser les intermédiaires et donc notre empreinte carbone. »

Toutefois, ces choix imposent également des coûts de production plus élevés : « Les matières premières sont plus chères lorsqu’elles sont bio. De même pour les teintures que nous utilisons qui sont certifiées écologiques en provenance d’Europe. Le Tencel est une matière qui coûte plus cher qu’un coton bio également. Il y a encore le lieu de confection des vêtements qui entre en jeu. Nous produisons en France à côté de Lyon, ce qui veut dire que les coûts de production des vêtements est plus élevé que si l’on produisait au Portugal ou dans les pays de l’est de l’Europe. »

Des valeurs partagées avec ses fournisseurs

Les fournisseurs sont également soigneusement sélectionnés par la jeune entrepreneure et son équipe. « Nos fournisseurs sont exclusivement européens. Nous travaillons uniquement avec des partenaires qui partagent nos valeurs. Nous faisons attention à l’aspect environnemental ainsi qu’aux conditions de travail. Nous avons pu visiter les usines, nous les rencontrons régulièrement au salon du textile et nous demandons chaque année les certificats de nos matières ou ceux de l’usine concernant les normes environnementales. Nous travaillons avec des fournisseurs qui pratiquent le recyclage de l’eau, le traitement et la minimisation des déchets, qui utilisent au maximum les énergies renouvelables, etc. dans le but de minimiser notre empreinte écologique. D’ailleurs, la distance entre nos différents fournisseurs et notre atelier de production n’excède pas 1600 km et la distance entre l’atelier de production et notre siège est de 280 km. »

 

Des pièces intemporelles et chic

La marque privilégie une collection permanente qui constitue la base d’AVANI : « Nous ne travaillons pas sous forme de collection à proprement parler car pour nous ce concept de collection va à l’encontre de la slow fashion. Nous avons une collection permanente et à chaque saison nous sortons quelques nouvelles pièces saisonnières. En général, nous sortons 3 à 4 nouvelles pièces saisonnières et à côté, nous rajoutons ou changeons les couleurs de certains modèles de notre collection permanente. La femme AVANI est avant tout très féminine, elle aime mettre en valeur sa silhouette à travers des coupes féminines et raffinées. Elle est dynamique, urbaine mais amoureuse de la nature et friande de produits bio et locaux. Elle privilégie la qualité à la quantité et est une adepte des produits qui ont une histoire à raconter. La femme AVANI ne suit pas les tendances mode mais elle a du style car elle sélectionne ses intemporels avec goût et subtilité. »

La marque reçoit de plus en plus de messages de femmes leur faisant part de leur désir de s’habiller de façon plus durable. Delphine Haccius observe également cette tendance dans son cercle d’amis : « Je vois aussi de plus en plus de mes copines en avoir ras-le-bol des fausses promesses de la fast fashion (greenwashing), de la qualité des vêtements et du manque d’éthique qui commence à déranger. Il commence à y avoir une vraie prise de conscience quant au marché actuel de la mode et les gens commencent à comprendre qu’un t-shirt ne peut pas coûter CHF 10.- ou 15.- sans que quelqu’un en paie le prix fort. Les arguments de responsabilité sociale et environnementale sont surtout utilisés à des fins de marketing et si on y regarde de plus près, on réalise rapidement que ces changements ne sont pas compatibles avec leur business model. Donc pour moi, la question ne se pose même pas, c’est l’avenir de la mode. Les choses commencent à bouger et de plus en plus d’initiatives se mettent en place mais cela va prendre du temps. »

 

Pas encore accessible à toutes les bourses

Au vue des coûts de production plus élevés, les prix des vêtements sont également impactés. Comptez entre CHF 65.- et 209.- pour un vêtement chez AVANI. « La mode durable n’est effectivement pas accessible à tous les portefeuilles. Sans un certain niveau de pouvoir d’achat, on ne peut malheureusement pas se payer une pièce durable, mais cela était déjà le cas avant l’arrivée de la fast fashion dans les années 90. Des enseignes existaient déjà pour les personnes à revenus modestes et ce sera toujours le cas. Par contre aujourd’hui, il y a une partie de la population qui pourrait avoir le portefeuille pour s’offrir un vêtement durable mais qui préfère se tourner vers les enseignes de fast fashion pour s’offrir deux ou trois pièces au lieu d’une seule. Dans les années 90, le prix d’un vêtement se rapprochait plus de celui des marques écologiques ou éthiques mais avec l’arrivée de la fast fashion, les gens ont complètement perdu la valeur d’un vêtement et ces petits prix ont finis par se démocratiser pour devenir la norme aux yeux des consommateurs. Aujourd’hui, une femme porte en moyenne 30 % de son dressing, alors bien évidemment que la mode durable ne s’adresse pas à toutes les bourses, mais elle pourrait s’adresser à un public plus large s’il y avait un déclic par rapport à cette sur-consommation et à tout ce gaspillage. »

 

Des projets futurs

Actuellement, la marque prépare un nouveau partenariat : « Nous développons un partenariat avec une jeune entreprise tessinoise spécialisée dans le blockchain afin de garantir la traçabilité et la transparence de notre chaîne d’approvisionnement à travers cette technologie. Nous sommes également à la recherche de laine 100% suisse pour cet hiver, mais nous ne pouvons pas vous en dire plus pour le moment car on en est qu’au début. »

Vous pouvez retrouver la collection de la marque dans son showroom à Genève ou directement sur son site internet www.avani.ch.

 

 

Quelle est votre réaction
bof bof
0
Content.e
0
excité.e
0
J'adore
0
Pas fan
0
Aucun commentaire (0)

Laisser un commentaire

© 2020 SOCIALIZE MAGAZINE. Socialize® est une marque déposée appartenant à Elitia Group Sàrl.
Scroll To Top