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« Derrière nos écrans de fumée », le docu de Netflix qui vous donnera envie de vous déconnecter des réseaux sociaux

« Derrière nos écrans de fumée », le docu de Netflix qui vous donnera envie de vous déconnecter des réseaux sociaux

Sandro

Nous tweetons, nous likons et nous partageons quotidiennement sur les réseaux sociaux.

Mais quelles sont les conséquences sur notre dépendance croissante aux médias sociaux? C’est ce que le documentaire diffusé sur Netflix « Derrière nos écrans de fumée » s’emploie à démontrer.

Vous l’avez surement remarqué dans les trains, dans la rue, dans les restaurants : nous sommes tous, têtes penchées, plongés sur nos écrans de smartphone. Combien de fois avez-vous vu un couple attablé dans un restaurant, chacun regardant son fil d’actualité, sans mot dire l’un envers l’autre? Combien de fois avez-vous pris votre téléphone « juste pour voir un truc » et au final vous êtes restés sur votre smartphone pendant de longues minutes? Combien de fois êtes-vous rentrés dans un lieu et la plupart des personnes était plongée sur leur écran? Comment en sommes-nous arrivés là?

 

Le documentaire qui fait mal

Pour comprendre ce phénomène, débutons par ce qui le façonne. Comme le dit Tristan Harris, ancien collaborateur de Google et l’un des fers de lance du documentaire, à la base de toute l’expansion d’Internet se trouve une discipline simple mais innovante, appelée Persuasive Design. Une discipline facile à comprendre grâce à la comparaison que donne Harris. Tout comme un magicien cherche à cacher les ficelles de son illusion, les équipes de conception et d’ingénierie travaillent chaque jour pour que, comme dans un tour de magie, nous nous rapprochions progressivement (au point de devenir dépendant?) des applications présentes sur nos appareils mobiles. Pour y parvenir, des modèles de comportement connus de la psychologie sont explorés et des déclencheurs bien connus sont utilisés. La comparaison la plus illustrative peut être faite avec le scroll down (défilement vers le bas) de l’application pour la mettre à jour et la main qui tire sur la poignée d’une machine à sous. Il y a quelque chose de profondément similaire dans le comportement, il est rythmé par ce qui en psychologie est appelé «renforcement intermittent positif»; les brèves secondes pendant lesquelles nous attendons de voir quel nouveau message apparaît dans le flux est similaire à l’espoir de voir une séquence en ligne et ainsi gagner le gros lot, et ce n’est pas le seul point où la technologie nous séduit à travers des mécanismes psychologiques.

Plus qu’essayer de changer le monde, comme ils le promettent souvent, les sociétés du web, appelées GAFA, tirent d’énormes bénéfices en essayant de changer le comportement humain, comme le dit Jaron Lanier, et elles le font avec 3 objectifs. Comme l’explique Tristan Harris, elles souhaitent davantage d’engagement (plus de temps sur leur site ou app), s’expandre (amener plus de personnes ou de contenu sur le site ou l’app) et bien entendu monétiser (vous prédisposer à voir des publicités).

En d’autres termes, le documentaire nous dépeint les réseaux sociaux comme des outils non pas prêts à être utilisés par les utilisateurs, mais comme des outils qui vous connaissent mieux que vous ne le pensez. Un outil qui vous fournit ce que vous pensez vouloir et voir, ce dont vous avez besoin. En réalité, il vous piège à travers des actions et des clics pour alimenter la publicité et générer des revenus.

 

Facebook répond au documentaire

Après l’énorme buzz provoqué par le documentaire diffusé sur Netflix, Facebook a décidé de répondre et est, à ce jour, le seul GAFA à l’avoir fait. Le documentaire peut ne pas apporter de nouvelles informations révélant une réalité inconnue pour ceux qui accompagnent et travaillent dans cet univers, en particulier sur les réseaux sociaux. Cependant, il est l’un des premiers à prolonger les cycles qui font circuler cette perspective critique sur les réseaux sociaux, transportant la fiction à l’écran en utilisant l’histoire d’une famille commune comme vecteur. Les critiques ont tellement gagné en popularité que Facebook a été contraint de répondre dans un communiqué. La réponse vient après que dans le camp d’en face, certains pointent également du doigt le documentaire en raison du manque de représentativité des voix entendues.

Dans un pdf publié sur leur site, Facebook énumère sept points qu’il estime avoir été mal représentés dans le documentaire. Dans la préfiguration de l’explication de chaque point, l’énorme société de l Sillicon Valley affirme que l’ensemble du récit documentaire établit les réseaux sociaux comme un bouc émissaire pour des problèmes sociaux complexes qui lui sont étrangers, et que le documentaire n’entend pas les voix de ceux qui travaillent actuellement pour ces technologies et rendre compte des efforts déployés par les entreprises.

En bref, Facebook répond vaguement aux critiques de Derrière nos écrans de fumée (ndlr: The Social Dilemma en anglais). Ainsi, les explications se concentrent davantage sur ce qu’ils essaient de faire que davantage sur ce qui résulte de l’utilisation de leurs plateformes, comme on peut le comprendre dans le documentaire.

 

Quelques conseils pour se « sevrer »

Le documentaire nous explique le mal que provoque les réseaux sociaux. Il nous donne aussi quelques conseils à travers ses intervenants sur la manière d’arrêter sa dépendance aux notifications, likes et autres vues. En voici quelques uns que vous pouvez utiliser dès à présent :

  • Vous pouvez définir sur votre smartphone un temps d’écran maximum par jour
  • Vous pouvez également définir sur votre smartphone le temps que vous octroyez quotidiennement à une ou plusieurs applications
  • Vous pouvez désactiver les notifications sur les réseaux sociaux. Par exemple, Facebook permet de définir quelle notifications vous souhaitez recevoir. Décochez le tout et ne gardez que le strict minimum, voir uniquement les anniversaires de vos amis par exemple
  • Vous pouvez aussi aller à l’extrême et désactiver vos comptes puis les supprimer de vos smartphones. Difficile à faire mais cela peut se révéler nécessaire selon votre degré de dépendance

 

Pour terminer, une petite anecdote venue tout droit du café du coin

Il y a quelques mois, j’étais assis à une table d’un tea-room genevois en train de travailler devant mon ordinateur. Comme j’ai l’habitude de faire, je laisse traîner mes oreilles pendant que je m’emploie à développer mon processus créatif. C’est à ce moment, à une table proche de la mienne, que j’entends deux personnes discuter de leur vision sur les réseaux sociaux. Leur discussion retient mon attention. L’un d’eux, un homme d’une cinquantaine d’années, explique alors à l’autre qu’il fait exprès de « tromper » les algorithmes. Son interlocuteur s’interroge alors sur les raisons de cette pratique. Mon attention redouble. C’est alors que je l’entends expliquer qu’il ne veut pas que les GAFA – les géants du web comme Google, Amazon, Facebook ou encore Apple – disposent de données privées le concernant. Il poursuit en expliquant que lorsqu’il utilise Apple Music, il fait exprès d’écouter des musiques qu’il n’apprécie pas. Il fait pareil sur Youtube en allant voir des vidéos qui ne l’intéressent pas. Il explique que tout ceci lui permet de donner une fausse image de lui aux algorithmes et ainsi ne pas être correctement « fiché ». Lorsque j’ai entendu sa théorie, en tant que « enfant du web« , je me suis dit, de manière ingénue, que cette pratique était plutôt contre-productive parce que les algorithmes étaient justement sensés nous aider pour affiner nos choix… le documentaire de Netflix m’a démontré qu’il avait en partie raison!

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