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Menu du jour, l’application qui met en appétit

Sophie Mollard, webdesigner et community manager d’une jeune start-up, va enfin vous permettre de trouver la réponse à cette éternelle question : « On mange où à midi ? »

  

Socialize Magazine | Bonjour Sophie. Premièrement, est-ce que tu pourrais te présenter, quel est ton parcours ?
Sophie Mollard | J’ai commencé mes études par une licence en Information et communication, suivie d’un master Communication hypermedia, que j’ai complété avec un master professionnel en Ecriture interactive et design d’interaction aux Gobelins à Annecy, en 2011.

Après mon diplôme, j’ai travaillé quatre ans et demi en tant que UX-UI designer (designer d’expérience utilisateur et d’interface utilisateur) dans une entreprise gérant plusieurs sites de dating. Puis je me suis lancée il y a un an et demi en tant que designer à mon compte.

  

« Menu du jour », qu’est-ce que c’est et comment ça marche ?
C’est une application mobile basée sur deux facettes. La première est d’offrir aux utilisateurs tous les menus du jour, chaque jour, des restaurants situés dans leur périmètre.

Mais elle permet également aux restaurateurs de poster leur menu du jour et d’être présents sur leurs réseaux en trois minutes grâce à des publications automatiques. L’idée est de les impliquer dans un processus qui ne fait pas partie de leur métier mais qui peut leur amener beaucoup. Nous nous chargeons des publications, ils n’ont qu’à saisir leur menu, si possible avant midi, et leur ardoise peut être vue par tous les utilisateurs de l’application.

  

Et toi, concrètement, quel est ton rôle ?
Nous sommes une start-up de six personnes couvrant à peu près tous les corps de métier. Je m’occupe de tout ce qui a à voir avec le design : UX-UI design pour les interfaces des applications web ou mobile. Je travaille également à la communication en gérant le community management. Là, le but est de faire grossir cette communauté sur les différents réseaux, pour avoir un maximum d’utilisateurs et que l’application fonctionne.

 

Comment te tiens-tu informée des évolutions dans le domaine du community management ? Est-ce que tu as suivi ou suis des formations ?
Je n’ai malheureusement pas encore eu la possibilité de suivre des formations. Je me tiens au courant par la veille sur différents blogs ou sur Instagram.

Cependant, mon meilleur outil est Youtube. Je regarde des vlogs, des tutoriaux où des community managers pour la plupart vraiment très bons partagent leur expérience. Accéder à la compréhension du métier est plus facile quand quelqu’un l’explique directement.

 

Le monde de la gastronomie cartonne sur le web. Comment t’y prends-tu pour surfer sur cette tendance ?
J’essaie de suivre les conseils qui me sont fournis par ces community managers sur Youtube. S’il y a une chose qui est certaine et unanime, c’est qu’il faut de l’authenticité. Il faut faire des choses et avoir un discours vraiment personnel sur son sujet.

La gastronomie concerne tout le monde, nous essayons de parler au public dont finalement nous faisons partie : nous aimons aussi aller au restaurant, nous aimons bien manger…

De plus, le menu du jour correspond à un besoin précis qui n’était pas le même hier et sera différent demain. L’ardoise du menu du jour existe depuis longtemps, la transposer sous forme digitale c’est essayer de capter une humeur, « qu’avez-vous envie de manger aujourd’hui ? ». Nous misons beaucoup sur cette question de l’instant, et d’amener aux utilisateurs ce qu’ils cherchent à un moment bien précis.

Sinon, visuellement nous communiquons avec beaucoup d’images pour mettre en appétit. Nous nous lançons également dans la vidéo car c’est ce qui fonctionne le mieux dans la food en ce moment. Et enfin un blog est actuellement en construction, nous voulons aussi créer notre propre contenu éditorial.

 

Sur quels réseaux sociaux peut-on suivre les actualités de Menu du jour ? Et comment ceux-ci en particulier ont-ils étés choisis ?
Nous sommes présents sur Instagram, Facebook, Youtube, Twitter, LinkedIn, et Google+.

Le côté gastronomie est très populaire sur Instagram, c’est important d’y avoir un compte. Ensuite, Facebook pour la gestion d’audience et car la plupart des restaurateurs publient sur ce réseau. La proposition de Menu du jour étant de poster leur contenu sur leur réseau, nous devons par défaut être présents partout. Cette présence est primordiale pour qu’un produit existe. L’application repose sur le fait de se constituer et de garder une audience fidèle, qu’elle ne nous oublie pas.

En résumé, tous ces réseaux sociaux ont une fonction différente, des publics différents même si certains se recoupent. Le but est que le plus de monde possible puisse accéder à notre contenu.

Enfin, il y a la question des publications sponsorisées : les campagnes Adwords sont plus que nécessaires pour se placer, car c’est sur cela que repose l’économie du digital. Si l’on veut exister, on est obligé de s’en servir.

 

Avez-vous mis en place une stratégie de communication digitale ?
Oui mais comme disait, Reid Hoffman, le co-fondateur de LinkedIn « un entrepreneur est quelqu’un qui se jette d’une falaise et se construit un avion sur le chemin de la descente »… Notre stratégie s’adapte et évolue à mesure où les besoins se précisent.

 

Quels sont les public-cibles recherchés à travers le web ?
Nous avons deux publics-cibles différents : le B2B (business-to-business) et le B2C (business-to-consumer). Le premier est constitué des restaurateurs, patrons de cafés, de salons de thé, tous les lieux susceptibles de proposer une formule du midi.

De l’autre côté, il y a les consommateurs que nous appelons les mangeurs. Parmi eux, il y a encore différentes catégories : les locavores, les veggies, les personnes qui veulent manger uniquement de produits frais, bio, etc. Pour le moment, tous les mangeurs sont réunis, et nous essayons de les interpeler sur ce besoin primaire : « voici ce que vous pourrez manger ce midi autour de vous ». Nous adresser à ces catégories plus précisément fait partie du développement de notre stratégie.

  

Comment avez-vous préparé votre présence web ?
Nous l’avons préparée au mieux pour être partout où serait notre audience. Nous voulions éprouver le concept, en faisant d’abord des tests à Annecy avec l’application mobile et le site auprès d’une cinquantaine de restaurateurs, qui nous ont suivis dès le début. Actuellement, une centaine poste tous les jours. Ensuite, nous avons étendu à tous les réseaux sociaux. Un blog, dont je parlais plus tôt, est également en préparation.

  

Comment se déroule votre communication sur les réseaux sociaux au quotidien ? Quelle est la part de préparation des publications et comment gère-tu la diffusion des posts ?
Les publications sont préparées à l’avance, nous avons un planning sur un mois. Nous publions quotidiennement, un thème est décidé pour chaque jour, cependant on ne trouvera pas sur Instagram la même chose que sur Facebook, le contenu est toujours différent.

Par ailleurs, j’effectue un travail de veille pour trouver des idées en rapport avec ce que nous souhaitons communiquer. Je cherche des articles, des influenceurs, des blogs, des vidéos intéressantes et qui pourraient toucher notre public.

Les publications sont ensuite programmées en fonction des moments où l’audience est la plus forte selon la plateforme, dans le but de toucher un maximum de personnes.

 

Quelle est la part d’intuition et de spontanéité dans tout ça ? Combien de temps prends-tu pour préparer et diffuser une publication sur les réseaux sociaux ?
Si je prenais auparavant une matinée à gérer tous les réseaux sociaux, cela me prend beaucoup moins de temps maintenant que nous avons trouvé une organisation et que nous avons de la matière en avance. Nous avons également embauché une stagiaire depuis peu, et qui est d’une grande aide de ce côté-là.

La création est un processus qui se déroule en continu. Quand un sujet nous saute aux yeux, soit je l’archive pour m’en servir plus tard, soit il est posté sur le moment car il est approprié.

En outre, je publie régulièrement des stories, lorsque je visite des restaurants qui font partie du projet. Cela permet de garder une dimension spontanée, tout en programmant.

 

Sur quels critères te bases-tu pour évaluer si une publication a eu de l’impact ?
Le problème d’une petite entreprise comme la nôtre est que nous n’avons pas encore de financement, et ne postons pas de publicités sponsorisées. Dans ce cas, le mode de fonctionnement des réseaux sociaux fait que nous n’avons sans doute pas accès à tous nos utilisateurs.

Néanmoins, je surveille le nombre de likes, le nombre d’affichages et de partages, le nombre de commentaires et leur pertinence.

  

Qu’est-ce que tu imagines pour la suite ? Menu du jour va-t-il se développer davantage sur le web à l’avenir ?
Oui, c’est le but. L’application est déjà présente sur tout le territoire français, mais pas suffisamment pour que les mangeurs se sentent impliqués. Il nous faut plus de restaurants, pour proposer plus d’options.

Nous faisons pour le moment le travail d’agrandir notre base de restaurateurs, pour avoir plus de mangeurs, mais l’inverse est bon aussi. D’un autre côté, il faudra toujours rester actifs afin de garder tout ce petit monde captivé par l’application, et ses améliorations à venir. Nous allons devoir être encore plus présents, sur les réseaux et dans le monde réel également.


Interview menée par Manon Preti
Etudiante Information documentaire
Haute école de gestion de Genève

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