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The O’my’s « Tomorrow » – L’album tout doux

Ô combien il est difficile de dire au revoir au soleil d’automne. Pourtant, l’ambiance cocooning de l’hiver, promet des soirées relaxantes emmitouflés sous une grosse couette en buvant un chocolat chaud aux épices, et on adore ça ! Pour magnifier ces instants suspendus loin de la frénésie, on cherchait l’album doudou pour traverser l’hiver, et on l’a trouvé : « Tomorrow » signé par The O’my’s, est un petit bijou.

 

Qui sont-ils ?

Le duo fondateur, le chanteur-guitariste Maceo Haymes et le chanteur-claviériste Nick Hennessey sont les principaux acteurs d’un groupe crée au hasard de l’été 2007, et qui depuis, est devenu l’un des jeunes groupes les plus adoré de Chicago. Ils jouent ensemble depuis l’adolescence et la chimie de leur toucher reflète parfaitement la profondeur de leur relation.

Sur leur mixtape de 2008, intitulée « Above The Influence », le duo aborde une multitude de sujets allant de la haine déplacée à l’amour des adolescents tout en affichant une incroyable sensibilité pop et une capacité innée à s’ajuster. Leur musique leur permet d’être comparés au blues du passé de Chicago.

En 2009, The O’ My’s ont l’occasion de se rendre au Festival SXSW au Texas, où ils séduisent avec leur son unique sur scène. Les garçons font également salle comble dans des lieux réputés de Chicago.

Leur groupe peut être composé de 4 à 10 membres, Haymes et Hennessy étant les seuls contributeurs permanents. Gonflé puis réduit à nouveau à son duo fondateur, il se définit donc en fonction des artistes avec qui il travaille. C’est un peu la nature même de la scène à Chicago, ville collaborative ou tout le monde travaille constamment les uns avec les autres aux hasards des rencontres.

Avec l’EP « Potty Month », libéré en 2011, le groupe devient un incontournable de la scène musicale de Chicago. Leur musique, mêlant les influences hip-hop, rock, funk, jazz et soul, séduit un large public avec des instrumentaux luxuriants accompagnés à merveille de la voix sensuelle de Maceo Haymes.

Toujours avec leur son big band Rock’n’Soul, l’EP « Chicago Style », livré à l’automne 2012 et produit entièrement par le duo, contient des apparitions d’artistes locaux de gros calibre : Nico Segal alias Donnie Trumpet et Chance the Rapper.

Pour leur troisième sortie à l’automne 2013, The O’my’s expérimentent différentes techniques et styles d’enregistrements avec un son plus complexe plongeant dans la cumbia, le hip-hop et la soul, pour en nommer quelques-uns. « A Humble Masterpiece », projet de 11 pistes, mélange habilement leurs racines profondes et offre enfin l’occasion d’écouter le groupe plus longuement.

Pour la première année le noyau reste le même, incluant le batteur Baron Golden, le bassiste Boyang Matsapola, le saxophoniste Erick Mateo et le trompettiste Will Miller.

Parcourant le pays en bus lors d’une tournée, Nick s’endort au volant et quitte la route. Malgré les dégâts de la camionnette tout le monde s’en sort indemne. Si le but principal des O’my’s était d’ouvrir leur processus d’écriture à l’ensemble de la formation, cet accident va leur donner l’impulsion d’ouvrir tous les aspects de la prise de décisions en coulisse donnant naissance début 2015 à l’EP « Keeping the Faith »  Un désir sensuel et ténébreux, qui s’aventure encore plus profondément dans la musique roots américaine influencée dans son ensemble par le P-Funk. Le premier single « Pieces » s’inspire des moments intimes précieux d’une relation, et fait référence à la chanson « Pieces of a Man » de l’album de 1971 de Gil Scott-Heron (une des chansons préférées du père à Haymes).

Pour leur premier album depuis 2015, les O’my’s s’entourent d’un équipage familier : Chance the Rapper, Donnie Trumpet, Kaina (chanteuse montante) et Carter Lang (le bassiste qui a produit la majorité de l’album « Ctrl » de SZA).

 

Notre Critique

Dès les premières notes, l’ambiance somnolente laisse planer la joie de l’immobilité. Il n’est pas question d’attirer l’attention sur l’originalité des acteurs qui se passent le relais les uns aux autres si rapidement qu’il est difficile de savoir qui les porte. L’énergie langoureuse déployée donne l’impression de se jouer dans la pièce de manière spontanée.

Les deux premiers titres « Starship » et « Niña Fresa » peuvent paraître insignifiants, pourtant, ils ont le superpouvoir de créer une bulle sonore essentielle afin de se couper du monde extérieur dans un espace choisi pour vagabonder à sa guise.

Pendant la demi-heure que dure la traversée de l’album, qui se compose de 11 pistes, se créent des décors simples et inspirants avec des performances vocales évocatrices. Et malgré une ambiance générale somnolente, des morceaux comme « Baskets » ou encore « Pupples » (en duo avec le rappeur Saba qui livre un vers nostalgique sur une relation passée), transportent la joie d’une jazzy fumante. Dans la même veine « Walkout », qui se termine par un doux message de la grand-mère de Haymes, est une chanson à la combustion lente portée par des touches instrumentales plus punchy, ce qui libère le corps de cette sensation engourdissement.

Résolument, la musicalité de « Tomorrow » reste impressionnante. Lorsque vous aurez porté attention à chaque instrument, découvrez comment ils travaillent ensemble, focalisez votre attention. L’album offre une aide précieuse pour méditer sur l’impression que fait naître chaque note au point d’influer sur votre humeur, sur votre état d’esprit. C’est à ce moment que vous pourrez brodez des lignes parallèles pour tisser vos pensées.

Seul bémol : Trop court. On aurait aimé des plages sonores plus longues pour laisser le temps d’affiner l’analyse, laissant travailler l’esprit entre le désir et l’utopie.

La preuve que c’est dans la simplicité et l’humilité qu’il y a le plus de contenu, parce qu’elles ne ligotent pas notre imagination.

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