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The Pineapple Thief « Your Wilderness » – A fleur de peau

Entre rock progressif et atmosphérique, « Your Wilderness » invite à un voyage musical terriblement séduisant au cœur du désert, mêlant intensité et douceur mélancolique avec une classe incroyable.

 

Présentation

Né en 1999 sous l’impulsion de Bruce Soord,  songwriter/arrangeur et guitariste de grand talent, The Pineapple Thief (qui se traduit Le Voleur d’Ananas), est une bande de rock britannique extrêmement prolifique qui s’épanouit au fil des albums et gagne à être mis en lumière.

C’est donc en 1999 que leur premier album voit le jour chez Cyplops Records « Abducting the Unicorn » créant assez d’intérêt pour conquérir une base de fans passionnée, mais également auprès de nombreux labels majeurs. C’est avec leur troisième album « Variations on a Dream » que le groupe franchit les océans et obtient le statut de meilleur vendeur du label. Rapidement deux albums s’enchainent et « What We Have Sown » sorti en 2007, marquera le terme du contrat auprès de Cyclops Records.

En 2008, « Tightly Unwound » inaugure l’arrivée de The Pineapple Thief chez K-Scope Records, connus entre autres pour Tesseract , Porcupine Tree  et Steven Wilson. Les sorties suivantes consistent en EP ou des rééditions du catalogue que Cyclops Records n’exploite plus. Leur huitième album studio « Someone Here Is Missing » paraît en 2010 et l’on peut retrouver les participations de groupes issus du même label. Le neuvième album « All the Wars » (2012) aura eu recours à un orchestre de vingt-deux musiciens et un ensemble choral et deux ans plus tard survient le controversé « Magnolia » (2014), qui par sa tonalité très pop pouvait déconcerter les fans de la première heure.

The Pineapple Thief propose une musique parfois pop, parfois rock, mais toujours teintée de touches progressives que l’on pourrait situer entre Porcupine et Radiohead.

Bruce Soord, dévoile en 2015 son premier album solo éponyme oû il explore un versant plus doux, épuré. Une révélation dans laquelle il exprime toute sa sensibilité musicale plus librement avant de revenir à son groupe fétiche The Pineapple Thief pour un onzième opus « Your Wilderness ».

 

Notre Critique

Décrit par The Pineapple Thief comme étant l’album le plus ambitieux à ce jour, la métamorphose est surprenante. Si jusqu’ici la discographie de The Pineapple Thief semblait un peu fade, « Your Wilderness » resplendit. La personnalité du groupe réussit à briller sans artifices tout en redécouvrant leurs racines progressives.

L’album parle de la séparation, la solitude et les retrouvailles. Un chemin de vie symbolisé par une traversée des plateaux désertiques à l’état brut, entre dunes d’or poudrées et oasis verdoyants. L’artwork illustre d’ailleurs à merveille l’intimité mélancolique du contenu musical avec des photographies façon road movie. Une des particularités de cet album est de faire appel à des intervenants extérieurs. Le batteur de The Pineapple Thief ayant quitté le groupe, on retrouve Gavin Harrisson (Porcupine Tree), qui fait certainement partie des dix meilleurs batteurs actuellement en activité, mais aussi Darran Charles (guitarre), John Helliwell (clarinette), Geoffrey Richardson (violon) et un choeur composé de Sarah Best, Kate Chapman, Iana Ring et Gareth Jones.

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La première chose que l’on entend de l’opus, c’est la batterie sur le premier morceau « In Exile ». Aussitôt, on est séduits par les beats simples mais enivrants qui nous emmènent vers un puissant solo de guitare. Après ce premier morceau remarquable, l’excellent « No Man’s Land » nous porte délicatement sur un air acoustique pour finir à plein volume avec une pertinence et avec une classe rare. Avec la seule écoute des deux premiers morceaux, on constate immédiatement la qualité irréprochable de la production. Le son est clair, précis, alliant force et finesse avec justesse. « Tear You Up » tout aussi convainquant nous amène au morceau « That Shore », et alors, sur un air trip hop… le temps s’arrête ! Le cœur et le beat vibrant à l’unisson, on est totalement envoûtés par une délicieuse tension. Et tandis que « The Final Thing on My Mind », titre où tous les invités joignent leur talent pour un poème magnifiquement triste mais qui sait sonner pêchu lorsqu’on atteint le versant obscure pour adoucir l’amertume, « Where We Stood » nous fait définitivement chavirer.

Entre les parties atmosphériques et les passages pêchus, on savoure chaque note, chaque nuance, chaque variation. « Your Wilderness » est un disque splendide. Une odyssée simple et complexe à découvrir et redécouvrir sans fin. Huit titres pour quarante et une minutes de pur bonheur !

 

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