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Retour sur le VIFFF2016, le Vevey International Funny Film Festival

Vevey, auréolée de son titre de « Ville d’image », a accueilli  du 28 au 30 octobre une nouvelle édition du VIFFF, le Vevey International Funny Film Festival.

Un festival tout jeune – puisqu’il ne vit que sa 2ème édition – mais qui remplit son rôle avec brio, celui de faire découvrir des films comiques. Comiques oui, mais dans un autre genre que la programmation généralement « mainstream » des salles. Les sélections se veulent parfois grand public, parfois plus pointues, avec un humour noir, caustique, décalé voire subversif. On est bien loin de la comédie à la Frank Dubosc, Kev Adams ou Kad Merad et les films sont plutôt destinés à un public adulte, désireux de découvrir de nouvelles choses, souvent atypiques.

Bien que l’humour soit à l’honneur, ce festival fut l’occasion de se rendre compte qu’il est possible de rire et d’être ému à la fois. Derrière chaque film se cachait une vraie sensibilité, avec des thèmes profonds (souvent très noirs), que l’humour permettait de présenter avec un regard différent. Pari réussi pour le festival, puisque ce n’est pas moins de 2000 personnes (43% de plus que l’an passé) qui ont fait le déplacement pour l’édition 2016.

Les festivités sont lancées avec la cérémonie d’ouverture qui fait salle comble. Après quelques discours, dont celui de Laura Chaplin, présidente d’honneur du festival, projection du film Ouvert la nuit réalisé par Edouard Baer. Une tragi-comédie au joli casting, puisqu’on y voit Audrey Tautou, Michel Galabru, Edouard Baer et Sabrina Ouazani – cette dernière étant présente pour un question-réponse après la projection. Voici l’histoire : face à une équipe de théâtre qui menace de faire la grève la veille d’une première, faute de paiement des salaires, le gérant a une nuit pour retrouver la confiance de son personnel et permettre de faire salle comble. S’ensuit alors une épopée nocturne dans les rues parisiennes, à la rencontre de multiples personnages aux situations les plus cocaces les unes que les autres. Première présentation internationale pour ce film. Et ce n’était de loin pas la seule puisque bon nombre de films ou court-métrages sont présentés en Suisse Romande, en Suisse ou dans le monde pour la toute première fois.

Comme chaque année, le festival offre un coup de projecteur sur un réalisateur. Ici on a même eu droit à deux réalisateurs pour le prix d’un : Benoît Delépine et Gustave Kervern, réalisateurs de nombreux films que les programmateurs ont décidé de partager avec un public déjà acquis à leur cause. En effet, le duo derrière Groland sur Canal+ (une des dernières émission humoristique rescapée de la chaîne) a ainsi réalisé entre autre Le Gros Métrage, premier long-métrage inspiré de l’univers de l’émission. Les fans grolandais étaient aux anges ! La séance fut suivie d’un question-réponse avec Benoit Delépine qui nous révéla un scoop intéressant : un prochain film avec Yolande Moreau et Jean Dujardin. Sacré duo qu’on se réjouit de voir à l’écran ! On y a aussi appris que leur rêve serait de faire un film de science-fiction avec Sylvester Stallone et Iggy Pop. On souhaite que ce projet loufoque voit le jour !!!

Parmi les autres réalisations de Benoit Delépine et Gustave Kervern, on aura pu découvrir le tout premier film du duo, Aaltra. Les deux réalisateurs y interprétent les personnages principaux, qui se font écraser par une benne agricole lors d’une dispute et décident de se rendre en Finlande pour demander réparation au constructeur. Projection également de l’excellent Louise-Michel où Yolande Moreau propose à ses collègues d’engager un serial-killer pour supprimer leur patron malhonnête ou encore de Mammuth, où Gérard Depardieu joue le rôle drôle et touchant d’un retraité qui sillonne la France pour récupérer les fiches de salaires de ses précédents emplois, dans le but de toucher une retraite décente.

Bruno Delépine et Gustave Kernern étaient très présents sur le festival puisqu’on a pu les apercevoir plusieurs fois dans le public des séances, mais également lors d’un apéro en leur compagnie le samedi au Théâtre du Reflet qui réunit plus de 80 personnes. A cette occasion, 8 précieux passeports grolandais étaient destinés à être remis aux plus grand fans de l’émission.

Bien qu’il s’agisse d’un festival du film, le Théâtre du Reflet fut néanmoins un lieu clé, puisqu’il accueillit le bar le premier soir pour les derniers noctambules, mais également un spectacle: Bang! Hommage aux clichés des films western, Bang!  est une véritable reproduction d’un film en live, sous les yeux des spectateurs. D’un côté de la scène, l’univers visuel est créé via de petites figurines, des décors et diverses caméras. De l’autre côté, un homme-orchestre réalisait la musique et les bruitages en live pour créer la bande son en parfaite synchronisation. Première pour la Compagnie Volpinex qui n’avait jamais eu l’occasion de présenter le spectacle dans le cadre d’un festival du film. On leur souhaite plein d’autres représentations du genre car l’accueil du public fut magistral!

Parmi les autres films présentés lors du festival, on pu découvrir entre autres:

Willy 1er où un vieux garçon de 50ans, habitant toujours chez ses parents, perd son frère jumeaux. Il décide alors de prendre son envol, de se prendre un appartement et se trouver de nouveaux amis dans le village voisin. Drôle et touchant à la fois, ce film fut élu prix du jury cette année.

 

Dans The Young Offenders, deux jeunes irlandais paumés apprennent qu’une cargaison de cocaïne s’est échouée sur des rivages, non loin de chez eux. Ils décident alors d’enfourcher leurs vélos (volés évidemment) dans l’espoir de récupérer la marchandise et devenir riches. S’ensuit un road movie passionnant, drôle et touchant. Une belle réussite pour ce premier long-métrage de Peter Foott, présent pour cette projection.

 

On aura pu voir aussi Swiss Man Army avec Daniel Radcliffe. Celui-ci y campe un rôle plutôt improbable, celui d’un cadavre aux flatulences explosives. Absurdité et anormalité sont en menu de ce film dont la bande–annonce ci-dessous vous parlera plus que des mots.

 

Le film chinois 3D Naked Ambition fait office de véritable ovni comique. Un écrivain érotique sans succès décide de se lancer dans la production de films pornographiques. Le jour où il est contraint de remplacer un acteur, sa vie prend une nouvelle tournure, puisqu’il devient la nouvelle égérie masculine de l’industrie. Un cocktail détonnant de sexe et d’humour à la sauce chinoise.

 

Le VIFFF proposa aussi une session court-métrages, très bon terrain de jeu pour l’humour. En tout, sept œuvres du monde entier furent projetées. Mention spéciale pour le film japonais qui relate l’histoire d’un jeune rondouillard peu populaire dans son école, qui décide d’intégrer une équipe de Sumo pour accepter son corps et se faire de nouveaux amis. Tout cela sur fond de comédie musicale complètement loufoque. Clumsy Little Acts of Tenderness, recueilli lui le prix du public. On y voit un père séparé accueillir sa fille pour le week-end. Alors qu’il rêve de l’emmener au lavage automatique pour voiture, celle-ci se retrouve à avoir ses premières règles. Tendre et cocace à la fois !

Hommage également aux vieilles comédies lors de ce festival, avec les projections de Le Dictateur de Charlie Chaplin et de Charlie et la Chocolaterie (version 1978) en l’honneur de l’acteur principal Gene Wilder, décédé cet été.

La cérémonie de clôture nous permit d’apprendre entre autres discours que Benoit Delépine et Gustave Kervern devenaient les parrains du festival. L’occasion pour le premier de nous raconter les quatre meilleurs blagues qu’il avaient pu voir dans les sélections du festival. Preuve qu’il a suivi celui-ci avec attention. On a déjà hâte de voir l’influence que le duo de réalisateur pourra apporter à ce festival grandissant. S’ensuivit la projection de l’excellent Mi Gran Noche de Álex de Iglesia. Véritable satire du monde de la télévision, le film relate l’enregistrement d’une émission de nouvel-an qui tourne au désastre. Situations rocambolesques et romances étaient à la clé pour ce film particulièrement réussi.

En résumé, le VIFFF c’était 18 films de qualité, un spectacle et un masterclass, beaucoup de premières et beaucoup de membres de l’équipe des films présents lors des projections. On ne peut déjà que se réjouir déjà de la 3ème édition !

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