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Mané, un mélange de simplicité et de lumière

C’est au son de la musique envoûtante du clapotis des vagues et du chant des oiseaux que nous rencontrons Mané, rayonnante, en ce début d’automne.

Encore empreinte de sommeil, une lumière émane pourtant de la jeune chanteuse. Nous sommes au bord du lac Léman, à la hauteur de la Jetée de la Compagnie à Lausanne, un lieu où elle nous a donné rendez-vous. L’atmosphère ambiante, composée de calme et de fraîcheur, donne au moment une saveur particulière et c’est tout simplement que Mané nous ouvre les portes de son univers…

 

Socialize Magazine | Mané, tu as choisi cet endroit pour nous rencontrer. Qu’est-ce que tu aimes de ce lieu ?
Mané Bischof | Je trouve que c’est très apaisant. J’adore le lac. Je suis née à Lausanne et c’est vraiment l’endroit où je peux me ressourcer et me relaxer. Et puis, c’est tellement beau !

 

Ce lieu, tu l’associes plus à « Mané, l’artiste » ou « Mané, la jeune femme de 24 ans » ?
Plutôt à moi, dans ma vie de tous les jours. Bien sûr, cela fait également partie du côté artistique. Venir me ressourcer dans des lieux comme celui-ci m’aide à trouver l’inspiration pour écrire des chansons. C’est quelque chose dont j’ai besoin. L’eau me calme. Je viens au bord du lac de manière intuitive depuis que j’ai dix-onze ans. Je pourrais rester des heures à regarder l’eau.

 

De son côté, « Mané l’artiste » a déjà quelques cordes à son arc…
C’est vrai. La musique est vraiment devenue ma profession il y a six ans, déjà. Je suis partie à Londres entre 2013 et 2014 pour suivre des cours dans une école de musique, expérience qui s’est révélée intéressante et très riche en rencontres. Je n’y ai par contre pas terminé le cursus dans lequel je ne me retrouvais pas à 100%. Ensuite, je suis restée à Londres pendant encore six mois durant lesquels j’ai écrit pour l’EP qui va sortir. A mon retour en Suisse, j’ai eu la chance de pouvoir me produire sur certaines scènes comme celle du Bleu Lézard à Lausanne. Puis, au printemps dernier, j’ai pu réaliser une tournée européenne avec Marzella, un duo féminin de folk-rock. Avec un van, nous sommes parties faire Berlin, Amsterdam, Paris… C’était une magnifique expérience. Cette dernière année, j’ai eu énormément de concerts – pas uniquement en Suisse – et c’est donc quelque chose que j’ai beaucoup développé.

Une autre expérience marquante a été celle de mon été passé à Los Angeles. J’ai eu le privilège de jouer sur la scène de l’Hotel Café où Katy Perry et Adèle se sont notamment produites. C’était vraiment un truc de fou !

 

Comment caractériserais-tu « Mané l’artiste » ?
Je dirais « pop », pour son style de musique. En tant que personne, Mané est quelqu’un qui suit ses rêves, ses tripes. J’ai eu la chance de rencontrer des personnes qui m’ont aidées à être à l’écoute de mon intuition et c’est ce que je souhaite transmettre au travers de mon message artistique.

 

De l’autre côté du miroir, Mané Bischof… qui est-elle ?
Je suis très attachée à ma famille et à mes meilleurs amis. Le temps que je passe avec eux m’est précieux. J’aime aussi me balader dans la nature. Je ne suis pas très fêtarde même si, bien sûr, il m’arrive de faire la fête. J’apprécie les choses simples et tranquilles comme lire, aller au cinéma, aller voir des expos… et j’ai commencé le kick boxing il y a quelques temps ! (rires) J’ai fait une petite pause mais il faudrait que je m’y remette. Je m’intéresse également à tout ce qui touche aux arts. Par exemple, j’aime danser. Ces choses me permettent de me défouler et de profiter car elles ne se situent pas sur le plan de la carrière et donc, je ne ressens aucune pression en les faisant.

 

Niveau cuisine, quel est ton plat préféré ?
J’en ai plein ! (rires) Par exemple, j’aime beaucoup une recette irakienne – car ma maman est arménienne d’Irak – avec du riz basmati et du poulet grillé au four qu’on sert avec une sauce au Narindge, un agrume qu’on ne trouve que dans les pays orientaux. On accompagne ce plat de haricots à la sauce tomate. Et comme dessert, j’adore le fondant au chocolat ! Mais je dois dire que manger fait aussi partie de mes loisirs ! (rires) Quand j’ai le temps, j’aime cuisiner, découvrir de nouveaux plats, faire des crêpes… (rires)

 

Tu as des rituels ?
J’aime prendre un moment le matin pour m’étirer, respirer, méditer. Et quand j’ai le temps, je prends un bain et j’allume des bougies, notamment avant un concert, si possible.

 

Tu es à moitié Arménienne, à moitié Suisse allemande. Quels sont les éléments de chacune de ces cultures que tu affectionnes tout particulièrement ?
Pour moi, la Suisse est vraiment un cocon ; mon cocon. Où que je sois dans le monde, j’aurai toujours besoin de revenir en Suisse pour me ressourcer et être avec ma famille. Et je crois que je suis imprégnée de ce côté suisse-allemand qui fait que, parfois, je suis assez carrée. C’est vrai que je pars un peu dans tous les sens mais quand il s’agit de musique, je sais ce que je veux et je veux que ce soit parfait. Je respecte beaucoup les valeurs suisses. D’ailleurs, quand je vais ailleurs, je suis fière de dire que je suis Suisse.

Du côté oriental, arménien, c’est différent. Je pense qu’il y a probablement cette chaleur orientale à laquelle je tiens, comme un appel aux racines que je dois encore explorer pour pouvoir dire ce que j’en retire. Cette culture me rappelle ma grand-maman qui est décédée il y a un an et demi et qui était arménienne. Ce côté, je l’associe aux valeurs familiales, à mon enfance avec ma grand-maman… et à la nourriture, bien sûr !

 

En plus de cela, tu es Lausannoise depuis toujours. Et comme tout bon Lausannois, tu dois certainement avoir quelques lieux de prédilection…
Un café que j’adore : le Pointu. Il y a aussi le parc de Milan. J’habite dans les alentours depuis que j’ai six ans et je considère cet endroit comme ma base. Autrement, j’aime bien la place de la cathédrale car elle offre un panorama sur tout Lausanne. Je pense aussi au café de Grancy… Tous ces lieux se situent un peu dans le même quartier. Ce sont des endroits qui me marquent ou m’ont marquée. J’aime aussi beaucoup le Flon qui s’est beaucoup développé ces dernières années et qui offre une grande diversité de cafés, restaurants, boîtes, son cinéma…

 

Tu as également passé presque deux ans à Londres. Qu’est-ce que tu as ramené avec toi de cette expérience et du mode de vie londonien ?
C’était vraiment une expérience géniale ! J’habitais dans une maison en colocation avec quatre autres chanteuses et ce qui m’a marquée de ma période à Londres, c’est déjà quelque chose de super fort au niveau humain. Ces filles sont devenues comme des sœurs. J’étais dans une période de ma vie où je quittais la maison pour la première fois. Au début, ce n’était pas forcément facile. A Londres, j’ai appris à me faire confiance, à suivre davantage mon instinct et à faire la transition entre l’ado et la femme.

 

Et au niveau de la ville ?
Londres offre de nombreuses opportunités de se produire sur scène. Le fait de réaliser plusieurs petits concerts m’a vraiment formée car c’était l’époque où je me trimballais avec mon piano dans le métro (rires). J’ai également vécu de belles expériences dans cette école de musique où j’ai passé un an. J’y ai rencontré plusieurs personnes avec lesquelles j’ai collaboré. Ça me manque un peu, d’ailleurs. C’était vraiment la période durant laquelle j’ai découvert la vie par moi-même, sans mes parents. Et puis, après, il y a aussi plein de choses à faire à Londres. C’est une ville où on ne s’ennuie jamais. Ça me manque… (sourire)

 

Et comme voyager ne te fait apparemment pas peur, tu es rentrée il y a peu des Etats-Unis. Qu’as-tu fais là-bas ?
D’abord un programme de musique pendant dix jours. C’était une sorte de formation intensive avec beaucoup de chant, d’expression scénique, de « song writing », de business… Ensuite, j’y suis restée encore trois mois pour pouvoir me faire des contacts et co-écrire avec d’autres artistes. Dans ce cadre, j’ai rencontré l’ancien guitariste de Demi Lovato avec lequel j’ai eu la chance de faire un concert. Même la sœur de Demi Lovato est venue ! Par la suite, ce guitariste est devenu le directeur musical d’un concert qui a eu lieu au mois de mars pour le vernissage du single. A Los Angeles, j’ai donc surtout vécu trois mois de rencontres intensives, de co-écriture et de travail de la scène, notamment avec ma coach en expression scénique Denosh Benett. Une femme incroyable. Elle a été choriste pour Alicia Keys, Justin Timberlake… Aujourd’hui, elle est en tournée avec Robbie Williams. Elle m’a poussée à sortir de ma zone de confort tout en restant toujours extrêmement motivante et bienveillante. J’ai vraiment bossé toutes les semaines avec elle sur mes chansons et aussi sur quelques concerts. J’en garde un souvenir incroyable.

 

Et tu as donc enregistré ton premier EP entre Paris et Londres. Peux-tu nous décrire cette expérience ?
J’avais rencontré Yaacov Salah et Meïr Salah en 2015. Ce sont deux frères pianiste et batteur qui possèdent un studio, s’occupent de la production et sont arrangeurs, également. Le single « All I Need » a été enregistré en premier. Ensuite, on a bossé sur trois autres titres de l’EP. Le contact a été excellent dès le début. C’est très important parce qu’une personne a beau être hyper douée, si le contact ne passe pas, ça ne marchera pas. Et là, ils ont compris à 300% ce que je voulais faire. Ils sont super à l’écoute et super pro.

A Londres, j’ai travaillé avec SashaF, un arrangeur que j’ai rencontré grâce à Carrie Haber avec laquelle j’ai co-écrit « Before the Storm », le titre de l’EP. Tout s’est aussi super bien passé avec lui bien qu’on ait passé qu’un seul jour ensemble pour enregistrer.

 

Une anecdote à nous partager sur cette expérience ?
Je suis quelqu’un d’assez perfectionniste quand il s’agit de musique. A Paris, alors que j’enregistrais l’un des titres de l’EP, je crois avoir demandé à refaire la prise une bonne cinquantaine de fois. Au bout d’un moment, les producteurs m’ont quand même dit qu’ils pensaient qu’on avait de quoi faire quelque chose (rires). C’est bien d’avoir des gens qui savent me dire « stop » à un certain moment et qui n’hésitent pas à me donner beaucoup de feedbacks.

 

Si tu devais partir pour vivre définitivement à l’étranger, qu’est-ce qui te manquerait le plus de la Suisse ?
Evidemment, ma famille et mes amis. Mais sinon, je pense que ce serait la tranquillité, la gentillesse et la politesse des gens d’ici. J’aimerais partir à Los Angeles et même si j’adore cette ville, on n’y trouve pas la même culture ni le même contact avec les gens que celui qu’on peut avoir ici.

 

Et à l’inverse, lorsque tu reviens ici, qu’est-ce que tu voudrais pouvoir ramener des Etats-Unis avec toi ?
L’ouverture d’esprit. Là-bas, lorsque tu as envie de faire quelque chose, les gens te disent simplement : « fais-le !». Ici, il y a plus de retenue… ce qui peut être bien, évidemment, sur certaines choses.

 

On ne sait bien-sûr jamais ce que l’avenir nous réserve, mais comment imagines-tu ta vie dans 10 ans ?
J’aimerais vraiment une carrière internationale. Je me projette en train de faire une tournée internationale. Revenir ici, jouer à l’Arena… Sinon, du côté personnel, c’est dur à dire. Est-ce que je serai prête à fonder une famille dans 10 ans ? Je ne sais pas. C’est trop lointain. Mais en tous cas, je me vois heureuse d’avoir suivi mon rêve jusqu’au bout.


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