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Et au milieu des ténèbres de DC Comics, la (faible) lumière fut avec Justice League

Avec Justice League, DC a tout en mains pour rivaliser avec Marvel mais n’atteint pas (encore ?) son objectif. En effet, les bases sont assez solides pour réaliser une suite digne de la richesse de DC Comics.

Mais si le film donne quelques réjouissances, il est encore loin de rivaliser avec les adaptions de Marvel. Le rendu cinématographique reste totalement perfectible, les réalisateurs oscillent constamment entre film obscur et ton humoristique et l’alchimie entre les acteurs reste superficielle.

Le monde actuel est tombé dans les ténèbres totales où la foi en l’humanité et les valeurs humaines sont enterrées dans le cercueil de Superman. Les diverses bâches commémoratives fleurissent sur les monuments européens tentant de raviver l’espoir d’un monde meilleur. Inspiré par l’acte désintéressé de Superman, Bruce Wayne sollicite l’aide de sa nouvelle alliée, Diana Prince, face à Steppenwolf, un dieu censé plonger la planète Terre dans les ténèbres. Ensemble, Batman et Wonder Woman doivent travailler pour trouver et recruter une équipe de méta-humains capable de se dresser contre cette menace. Se joignent alors tour à tour Aquaman, Cybord, Flash et surtout un invité surprise.

En ce sens, Justice League parvient à donner de la consistance à de nouveaux héros. Une réussite, si l’on considère les débuts catastrophiques de l’univers élargi de DC au cinéma : en vrac, Green Lantern, Superman Returns, Man of Steel et dans une certaine mesure Batman v Superman laissaient entrevoir le pire pour Justice League. La maison d’éditions, hors Batman, a longtemps peiné à transposer son univers au cinéma. Face à Marvel, elle semblait se perdre dans sa myriade de richesses, dans l’incapacité de donner du corps à ses personnages mythiques. Mais à force de persévérance (de persuasion ?), elle est parvenue à assurer une œuvre cohérente et divertissante. Justice League ne se perd pas dans les sous-histoires, évitent le piège de raconter l’existence de chaque protagoniste et donne une seule lecture à sa trame narrative.

En ce sens, DC Comics et Zach Snyder réussissent à offrir enfin une base solide aux suites déjà programmées. Pour le reste, il faudra, toutefois, se retrousser les manches et élever le niveau de jeu. Le cadre de Justice League s’inspire clairement de l’actualité et du présent ressenti d’un monde en perte de valeurs et d’humanité. Le générique du début (grande force de Zach Snyder) dépeint grossièrement notre monde actuel. Cependant, une fois le contexte posé, le film parvient difficilement à instaurer un équilibre entre une trame narrative sombre et des pointes d’humour, parfois sorties de nulle part. Visuellement, l’œuvre du réalisateur de Watchmen et Sucker Punch est d’une grossièreté difficilement pardonnable à celui qu’Hollywood qualifie de « réalisateur visionnaire ». Ses ralentis sont d’une laideur extrême malgré certaines animations réussies comme les Paradémons (sur certains plans) ou le personnage de Steppenwolf.

Concernant les acteurs, le trio Affleck-Gadot-Cavill donne de la satisfaction tant ils se sont appropriés leur personnage et savent orienter les conversations. Oubliez l’élégance et la virtuosité du Batman de Christian Bale et de Christopher Nolan. L’Homme chauve-souris de Ben Affleck est davantage Bruce Wayne, humain lourd et pataud, vieillissant, souffrant de son statut « d’homme riche » face aux superpouvoirs et à l’agilité de ses camarades costumés. Néanmoins, ce Batman donne profondément envie de le voir évoluer dans son univers propre.

De plus, si Ezra Miller, en fabuleux acteur qu’il est, parvient à s’approprier le rôle comique de Barry Allen, Jason Momoa et son Aquaman s’approchent dangereusement du rôle de Thor. Et reste l’énigmatique Cyborg, dépeint dans Justice League comme un robot humain taciturne et austère, alors que son tempérament se situe totalement à l’opposé dans les comics.

Au milieu des fracas, des costumes moulant, des démons en tout genre et d’une énième fin du monde, Justice League est rythmé par une bande-son juste, véritable point fort de Zach Snyder. Voire peut-être le seul, en fait, même si le film reste un bon divertissement.

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