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R7AL : rencontre avec Darren Aronofsky

Réalisateur radical. Cinéaste d’exception. Darren Aronofsky divise les cinéphiles autant qu’il les rassemble. Derrière une filmographie contrastée où les chefs d’œuvre varient selon les personnes, il ne cesse d’explorer la mince frontière entre l’harmonie et le chaos.

Invité de l’évènement des Rencontres du 7e Art Lausanne (r7al), il a présenté hier soir au Capitole de Lausanne son œuvre The Wrestler distingué d’un Lion d’or en 2008. Mais c’est dans un salon feutré du Beau-Rivage Palace que le New-Yorkais a livré ses premières impressions de la Suisse et a détaillé sa passion pour le cinéma. Rencontre.

 

Socialize Magazine | Quelles sont vos premières impressions du festival des Rencontres du 7e Art Lausanne ?
Darren Aronofsky | Mes premières impressions vont au-delà de l’évènement et concerne autant le festival que Lausanne. Je n’étais jamais venu en Suisse, et je dois avouer que je trouve la région magnifique. Les lacs, les montagnes, les petits hameaux de la région et les maisons faites en bois sont tout simplement fabuleuses. J’ai découvert des lieux excitants.

 

Et au niveau du festival en tant que tel ?
La cinémathèque m’a coupé le souffle, au regard de l’incroyable collection de chefs d’œuvre. Quant à la programmation, elle est parfaite et totalement en harmonie avec le thème du « Nouvel Hollywood ».

 

Avez-vous trouvé une certaine inspiration en regardant ces films ?
Je pense avoir vu certains films mais je me réjouis d’en découvrir d’autres comme Revolution, du cinéaste britannique Hugh Hudson. Le mouvement du « Nouvel Hollywood » m’a certainement inspiré. Et il est évident que j’ai puisé une certaine inspiration de ces films. Je suis toutefois issu de la génération d’adolescents des années huitante, donc je suis influencé par les premiers blockbusters. C’est un subtil mélange de ces deux mouvements.

 

Où trouvez-vous votre inspiration ?
Dans tous les styles de cinéma et en tout lieu. De prime abord, je souhaite qu’un film tienne la route et d’en définir un thème afin que celui-ci soit respecté tout au long du long-métrage.

 

Vos films explorent souvent la fine frontière entre le chaos et l’harmonie. Pourquoi ?
J’aime le drame. Dans la vie, il y a des périodes heureuses et des moments difficiles. Je souhaite simplement montrer la complexité de la vie dans mes films. Je me sens responsable d’explorer cette complexité.

 

Concrètement, comment l’idée vient ?
Je me focalise d’abord sur une histoire intéressante. Ou une idée qui me taraude. Ensuite vient un thème, sorte de fil rouge du film. A ce moment-là, vous ne savez pas encore de quoi sera fait ce thème. Mais votre cerveau conçoit votre idée et établit des connections différentes. En fait, on en revient à l’histoire des aveugles et de l’éléphant. Au début, on devine uniquement les contours du thème sans en connaître la profondeur et l’essence, comme des aveugles tâtonnant un éléphant. C’est seulement en touchant, en tâtonnant, en discutant, qu’au final, l’ensemble de l’histoire du long-métrage se réalise. Et il faut correspondre ensuite au thème décidé au départ. Et dans cette optique, les personnages ont, naturellement, un rôle central.

 

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A ce titre, est-ce que vous écrivez vos films avec une actrice ou un acteur en tête ?
Le personnage reste l’élément central. Durant les castings, les acteurs ajoutent des éléments au caractère de votre protagoniste. Souvent des éléments dont vous n’aviez pas pensé comme Jennifer Lawrence dans Mother ! Elle a ajouté d’autres dimensions, une certaine profondeur à son personnage. La seule exception est venue avec The Wrestler. Car dès le début du projet, nous voulions Mickey Rourke dans le film. Dans ce sens, le scénariste a intégré toute la dimension de Mickey Rourke dans le personnage du long-métrage.

 

Dans Noé, vous changez de mode opératoire en vous intéressant sur la Bible…
Les vers racontant l’histoire de Noé m’ont attiré. Il fallait toutefois respecter chaque mot, chaque détail issu de cette histoire. Mais certaines situations ou atmosphères sont manquantes. Donc il était nécessaire aussi d’avoir un zeste d’imagination. Nous voulions donc combler ces trous avec une approche humaine. Comprendre pourquoi tel protagoniste a agi de cette façon. Dans Noé, nous voulions montrer la complexité de la relation entre un père et son fils.

 

Vous avez réalisé une série destinée à National Géographic. Dans quel but ?
Je voulais montrer l’effet cool et émotionnel de la science. J’aime découvrir des nouvelles contrées et voyager. De plus, ce projet présentait un intérêt écologique intéressant. Du coup, je me suis senti investi dans ce documentaire.

 

Est-ce le début d’une collaboration étroite avec la télévision ?
Il y a de belles découvertes au niveau des séries télévisuelles. Pour l’heure, je reste attentif à tous les développements et évolutions, mais je reste en qualité d’observateur. A l’avenir, qui sait !

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