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La réalité virtuelle comme nouveau paradigme dans le cinéma

Dans le cadre des Rencontres 7e Art Lausanne (r7al), Vincent Pérez, initiateur de la manifestation, ambitionne d’explorer le futur du cinéma notamment via le prisme des nouvelles technologies comme la réalité virtuelle (VR).

Ainsi, cet évènement souhaite présenter ce nouveau médium et aussi démontrer comment cette technologie immersive bouleverse la grammaire traditionnelle du 7e art. Plongez au cœur de la VR avec Benoit Baume, créateur de Fisheye 360 rassemblant toutes les compétences et talents nécessaires à la production de films en réalité virtuelle. Il est également le fondateur du VR Arles Festival.

  

Socialize Magazine | Aujourd’hui la réalité virtuelle s’est progressivement introduite dans notre vie de tous les jours. Quel est son impact au cinéma ?
Benoit Baume | La réalité virtuelle a ouvert un nouveau paradigme dans le cinéma. Cette technologie abolit les limites et les frontières du rectangle du grand écran mais s’ouvre sur la vision humaine en tentant de la reproduire. Ce faisant, les réalisateurs spécialisés dans la VR donne une liberté au public.

 

Concrètement comment cette liberté s’opère-t-elle ?
En créant un nouveau paradigme, la VR invente une nouvelle grammaire. Par exemple, il est nécessaire de garder à l’esprit que le réalisateur doit composer son image avec un son directionnel. Cette particularité fera que le spectateur sera attiré vers d’autres directions grâce au son. Ceci renforce le caractère interactif et dimensionnel du cinéma. Toutefois, en inventant une nouvelle grammaire se pose la question de la frontière, qui devient mince, entre la réalité et le virtuel. A quel moment, nous sommes dans la réalité ou dans un jeu vidéo ? Cette question sera toujours au centre de la technologie.

 

Aujourd’hui comment se développe les films en VR ?
Au tout début, la technologie était aux mains des techniciens et des professionnels. L’étape consacrée aux auteurs et aux scénaristes étaient totalement délaissée. Il a donc fallu créer et reformer ces deux métiers afin de donner du sens à ces projets pour donner de l’ampleur à ce médium. De fait, le réalisateur doit acquérir la nouvelle grammaire et la développer. Dans la VR, l’hors-champ est totalement différent, et donc le réalisateur doit se saisir de cette notion et construire un nouveau schéma narratif. Pour l’instant, cet apprentissage s’acquiert avec l’expérience et le test.

 

Et cet apprentissage se fait-il uniquement via les expériences filmiques ?
L’expérience filmique est importante, mais certaines bases ont déjà été posées. Il y a déjà eu des expérimentations vers la fin des années 1950. Pionnier de la VR, l’Américain Morten Heilig a laissé un héritage incroyable avec la création de son Sensorama, le premier projecteur de films 3D. Puis, dans les années 1980, le domaine des jeux vidéo s’est approprié la VR en développant les premiers casques. Finalement, les smartphones ont donné une accélération aux développements de la VR.

 

Quel rôle va jouer les Rencontres 7e Art Lausanne dans la connaissance de cette technologie ?
Nous avons quatre ans de recul sur la VR mais cette période nous a offert des enseignements précieux. Et surtout, elle a démontré des possibilités infinies dans le domaine de la VR. En ce sens, les Rencontres 7e Art Lausanne vont permettre de montrer la VR aux artistes, aux auteurs et au public aussi, afin de leur faire découvrir ce nouveau médium et ses caractéristiques.

 

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Le modèle de la VR est-il applicable au-delà des films d’action ou d’horreur ?
Je vous conseille le subtil chef-d’œuvre Dear Angelica de Saschka Unseld. Ce court-métrage en animation offre une écriture passionnante avec un pouvoir émotionnel intense. Je connais peu de personnes n’ayant pas fini en pleurs. Ce film génère d’importantes émotions. Ce qui est vrai dans le cinéma traditionnel, l’est également vrai avec la VR. Avec de mauvais acteurs, des plans médiocres et une écriture confuse, le film sera un échec.

 

Dans ce cas, peut-on parler de révolution avec la VR et d’un cinéma 2.0 ?
La télévision n’a pas tué le cinéma, la VR ne le fera pas également. Le cinéma est une émotion collective, relativement facile à mettre en œuvre, aux coûts abordables et génère des grands phénomènes de société. Dans sa forme actuelle, la VR n’est pas prête de le changer. Aujourd’hui, la VR est une activité individuelle axée sur le point de vue d’une personne. Mais elle apporte d’autres perspectives. Elle est très complémentaire en apportant des expériences inédites. Elle génère aussi des émotions physiques avec sa capacité d’immersion. Le cinéma et la VR sont particulièrement complémentaires et ne se cannibaliseront jamais.

 

Comment sera le cinéma de demain ?
Actuellement, tous les grands acteurs industriels du cinéma observent l’évolution technologie. Or, ils sont dans une phase attentiste car ils ne veulent pas se tromper. Et cela s’observe dans toutes les strates du cinéma. Les salles sont rénovées, s’agrandissent et certaines sont déjà pourvues d’aménagements spéciaux pour accueillir des casques ou des dômes dédiés à la VR.

Pour ma part, je ne pense pas que le cinéma de demain va dupliquer le modèle classique : alignés sur une rangée, côte à côte et des casques individuels. Au contraire, la technologie va nous obliger à repenser le cinéma en créant de nouveaux concepts et des formes collectives dans la réalité virtuelle sans casque. Je crois en la création et dans les synergies entre les technologies. Et cette ère s’annonce très intéressante.

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