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Rencontre avec Yvan Franel, du duo électro-pop Stevans

Rencontre avec Yvan Franel, du duo électro-pop Stevans

La Suisse déborde d’artistes talentueux qui ne sont malheureusement pas assez présentés. Certains sont même de grandes stars en Asie.

Yvan Franel, du duo électro-pop « Stevans » composé également de Yann Secrest dont la musique résonne dans plusieurs pays, nous dévoile son univers d’artiste passionné.

Socialize Magazine | Yvan, t’es un artiste à part entière, chanteur, auteur, compositeur, multi-instrumentiste, comédien, humoriste, animateur radio, présentateur, danseur… ! Pour une des premières fois, on peut t’entendre chanter en français sur ton nouveau titre « Fred Astaire (Toi & Moi) ». Est-ce que tu t’identifies à lui parce qu’il est aussi multitâche ? 
Yvan | C’est une très bonne question ! C’est vrai qu’il est aussi multitâche. Quand je compose, je m’occupe d’abord des mélodies et je chante, comme on dit, en yogourt, donc je baragouine un peu n’importe quoi pour trouver mes mélodies et le rythme que je veux donner aux mots. Et le Fred Astaire est venu assez naturellement en fait, un peu par hasard et j’ai trouvé que c’était très cool. C’est vraiment par ce hasard que j’ai commencé à créer tout le reste. C’est un titre qui est assez spécial, parce que je pense que, de tous les titres de Stevans, c’est celui qui a eu le plus de versions. D’abord, on a eu une version un peu « Elvis Presley-rock » si on peut dire. C’était au moment où on commençait l’album « Renaissance » avec un nouveau producteur qui s’appelle Yann Rouiller. On était en train de chercher la direction artistique. Ensuite, on a eu une version « électro-swing », tu sais un peu à la « Caravane Palace » et tout ça pour en arriver à cette version finale. Je voulais décrire cette époque dans la chronologie de Sinatra qui se fait ensuite détrôner par Elvis Presley. Je me suis amusé à construire le deuxième couplet qu’avec des titres de films de Fred Astaire « Charleston frenzy », « Daddy long legs », « Cheek to cheek » (so Ginger Rogers) … On a fait la version française pour la tournée de la francophonie en Chine et en Amérique du Sud. Je n’avais pas vraiment l’intention de l’enregistrer en studio mais une fan nous a tagués sur instagram y’a quelques mois, quand on a joué en Uruguay, en mettant un extrait de « Fred Astaire » en français qu’on a joué en live. Je me suis dit que c’était quand même cool, donc faisons-la et on verra si ça peut intéresser quelques radios en France. Bon là, évidemment, c’est ultra-saturé. Tous les gros artistes ne sont pas sortis pendant le covid donc tout le monde se bouscule au portillon. J’ai du plaisir à la chanter en français, mais y’a pas plus d’explication ou de stratégie que ça.

 

Socialize Magazine | Un mot pour décrire le lien qui t’unit à Yann Secrest ?
Yvan | « Amitié » !  Je dirais même plus : « Scène ». Il m’a rejoint quand Bruno et John, mes deux acolytes de l’époque sont partis parce qu’ils étaient des jeunes papas. Donc là, Yann m’a rejoint et est devenu un membre de Stevans super important. On est vraiment un duo maintenant, mais Stevans est passé par tous les stades. Au début, c’était un trio, puis Yvan Franel et ses acolytes et maintenant principalement un duo. Mais fondamentalement, j’écris les chansons et Yann est là avec moi dans le processus. Il donne son avis et fait des commentaires et ça me permet d’adapter la composition.

 

Le 6 mai 2021 à 19h30
Concert intimiste de « Milenko » en ligne sur
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Socialize Magazine | Ta musique a séduit la « Chinese Disco Queen », Rose Zhang, megastar en Chine qui a racheté les droits d’une douzaine de­ titres de Stevans. Tu l’as rencontrée grâce à l’ingénieur du son qui vous a accompagné durant votre dernière tournée en Chine. Comment es-tu rentré en contact avec lui ?
Yvan | On est allé tourner en Chine en 2019 et on est retourné une deuxième fois dans le cadre de « la tournée de la francophonie » organisée et financée par l’ambassade de Suisse et « Présence Suisse ». C’est là qu’on a rencontré notre ingénieur du son du nom de Chuang Chuang qui avait été réquisitionné par l’ambassade de Suisse justement parce qu’il fait partie des bons ingénieurs là-bas. C’est grâce à lui qu’on a pu être mis en contact avec la chanteuse star Rose Zhang. Il a repéré que ce qu’on faisait était très « disco » finalement. Il lui a fait écouter et au début on était là : « yeah cool, petite collabo sur une petite chanson », mais elle nous a acheté les droits pour 12 titres et maintenant, elle va encore acheter 9 titres pour pouvoir chanter par-dessus donc on a presque dépassé les 20 titres de Stevans, Et, tu sais, c’est amusant, parce qu’il y a plusieurs personnes qui m’ont dit « je pense que ça a dû être difficile pour toi d’entendre cette chanteuse chanter sur tes titres ».  Mais je crois que les gens ne comprennent pas, en tout cas pas tous, qu’elle a des droits d’auteur sur les versions qu’elle a faites mais nous, on reste maîtres des chansons de Stevans. C’est pas comme si tout était vendu à la Chines. On lui vend le droit de pouvoir exploiter ces titres et de pouvoir les chanter ensuite sur scène avec sa voix.  En plus, on a appris qu’on avait une fan en Chine, trop choue, « Cheyenne ». Bon tu sais, ils se donnent tous des noms un peu européens pour qu’on puisse les prononcer correctement. Elle est un peu tombée sous le charme de Stevans, surtout de notre batteur, Léo et elle nous a proposé d’être notre responsable réseaux sociaux là-bas parce qu’ils ont des trucs genre « Weibo ». Ils n’ont pas Instagram et tous les trucs américains, donc ils ont des équivalents, mais il faut avoir des numéros chinois. Elle s’en est occupée et un peu naturellement elle est devenue notre intermédiaire avec Rose Zhang, parce que la communication est assez compliquée quand même, je veux dire, on se tourne plutôt vers l’anglais, mais c’est chaud.

  

Socialize Magazine | J’ai une question spéciale pour toi, donc tiens-toi bien : 你會中文嗎 (Nǐ huì shuō zhōngwén ma) ? Je me suis beaucoup entraînée mais à mon avis, ça ne le fait toujours pas !
Yvan | Ça veut dire « Bonjour, comment ça va ? » en chinois, un truc comme ça ?

Socialize Magazine | Ouf, t’as déjà remarqué que c’était du chinois ! Non, ça veut dire « Parles-tu chinois ? »
Yvan | Oh p… d’accord. Et ben écoute, pas du tout. J’ai appris une chanson qui était un standard justement quand on est allé pour la tournée. J’ai demandé à l’attachée culturelle de l’ambassade de Suisse de me donner une liste de 3-4 chansons que potentiellement tous les chinois connaitraient. Et y’en avait une que je reprenais en concert en mode acoustique qui est une chanson d’une artiste de Taïwan à la base mais qui est super connue. C’était cool parce que, évidemment, j’ai appris la phonétique des mots tu vois. J’avais juste peur que je prononce assez bien pour ne pas dire genre « j’emmerde les partis communistes », tu vois ce que je veux dire. Donc j’ai regardé ce que la chanson voulait dire et ensuite, j’ai chanté ça aussi bien que possible pour que les chinois puissent me comprendre. Mais ça passait bien. Dès qu’on jouait ce morceau, on l’a même mis plus tôt dans le set du concert, parce qu’on voyait que dès qu’on jouait ce morceau, c’était bon, on les avait dans la poche. Ils ne s’y attendaient pas du tout. Ça c’est quelque chose que j’adore faire tu vois. Aussi en Amérique du Sud, on jouait « Canción del Mariachi ». J’aimerais voyager encore plus pour pouvoir faire ça dans pratiquement chaque pays, apprendre une chanson, comme quand t’as Madonna, bon là c’est à un autre level, mais quand elle chante « La Vie en rose », les français n’en peuvent plus.

  

Socialize Magazine | Stevans est le nom slave de ton frère, mais Evrard d’où vient-il ?
Yvan | Evrard, c’est un de mes trois prénoms. Je m’appelle Yvan, Evrard, Milenko, qui est un nom serbe.

  

Socialize Magazine | En tant qu’artiste, tu es directement touché par les conséquences de la pandémie, pendant le confinement, tu disais que c’était une bonne période pour toi parce que tu pouvais enfin prendre le temps de te reposer et de créer énormément justement. Après une année, tu tiens toujours le même discours ?
Yvan | Ouais non alors, après une année, là j’ai envie de remonter sur scène quoi ! Carrément, carrément ! C’est clair que ça fait du bien aussi d’avoir un peu de repos. Mais bon là, évidemment, on réalise quand même, comme je te l’ai dit tout à l’heure que Hé Ho ! Faut pas que ça dure trop longtemps. Demain on va enregistrer un titre que je commençais à jouer un petit peu à l’époque en acoustique sur scène, sur lequel je faisais chanter les gens. Je me suis toujours dit, tiens ce titre-là, il faudrait quand même un de ces quatre l’enregistrer, parce que les gens réagissent super bien à cette mélodie, en tout cas, il semble. Donc maintenant, on travaille avec un jeune producteur anglais et ensuite on va faire mixer le truc à Genève. Tu sais, on essaie de s’occuper un max et de garder le moral, mais évidemment quand y’a pas de concert, t’as un peu l’impression que tu sers à rien.

  

Socialize Magazine | Est-ce qu’il y a une stratégie pour le titre que tu vas enregistrer demain ?
Yvan | Là oui, par contre, ça sera une décision typiquement stratégique. Je suis en train de penser à mettre en place un nouveau projet musical sous un autre nom. J’ai commencé à chanter de nouvelles chansons en studio et je me demande si en fait c’est vraiment assez différent de Stevans pour que je mène ça sous un autre nom tu vois, et pourquoi pas le faire toujours sous le nom de Stevans puisqu’on a déjà un certain acquis. Donc oui, y’a quand même des réflexions artistiques et stratégiques qui sont mises en place parfois.

 

Socialize Magazine | Ta source d’inspiration humoristique ?
Yvan | Les gens, les gens, les gens ! Mais sinon, je suis très fan de Gad Elmaleh. Y’en a un qui s’appelle Jim Jefferies qui est australien. Il est super crû, super cash, mais tellement honnête qu’il en est drôle. Je le trouve excellent. Et il a cet accent qui est exceptionnel. Mais je ne regarde pas beaucoup d’humoristes sur netflix. J’ai peur d’être trop influencé, même si je pense qu’on l’est tous inévitablement comme dans la musique. Ça m’est arrivé plein de fois de composer une mélodie et de me rendre compte qu’elle existe déjà. C’est presque impossible d’y échapper. D’ailleurs je fais un parallèle avec Stevans, mais quand on joue en Suisse, on entend beaucoup : « Stevans, c’est très influencé par tel et tel artiste, là on retrouve tel truc, ils veulent faire machin… ». C’est que de l’intellectualisation de la musique ou alors des gens qui ne sortent pas de leur local de musique, tu vois ce que je veux dire. Quand on va jouer à l’étranger, en Chine en Amérique du Sud, pourquoi ça fait du bien ? C’est parce qu’on voit des gens qui ne nous connaissent pas, qui sont là de manière innocente, presque comme des enfants, dont le regard ne triche pas. Soit ils aiment, soit ils n’aiment pas, c’est tout. Quand on a joué à Pékin, après notre concert, un gars est venu vers nous et nous a dit qu’il avait ressenti tellement de « positive vibes » pendant le concert qu’il sentait que c’était le bon moment de faire sa demande en mariage. Il nous a demandé si on était d’accord d’être témoins de cette demande et on a bien sûr tout de suite accepté. Sa copine était au bar en train de commander à boire et quand elle est revenue avec les verres, il s’est mis à genou et a ouvert sa petite boîte avec la bague et… elle a dit oui ! Donc ce genre de trucs tu vois, quand on compare ça à certains journalistes blasés qui passent leur temps à chercher des points communs entre Stevans et d’autres groupes étrangers… ben au final, on se dit qu’on a bien raison de se casser à l’étranger.

 

Socialize Magazine | Quelles passions rythment ton quotidien, mise à part la musique ou la comédie ?
Yvan | Le porno (rires). Non, mais les meilleurs moments dans la journée depuis tout ce confinement c’est mon heure ou heure et demi de marche dans la campagne. Pas très rock’n’roll, mais ces petits moments d’évasion sont les moments les plus créatifs. Je ne peux pas faire comme beaucoup de gens, me mettre derrière mon ordinateur et commencer à écrire. Ça m’arrive aussi bien sûr, mais le mouvement, la nature, l’évasion. Y’a des gens qu’il faut vraiment tirer pour les sortir de chez eux. Si je n’ai pas fait mon heure de footing ou de marche durant une journée, je ne me sens pas au top. Aération, aérer, s’aérer. Et sinon, pour moi, c’est la Grèce, mes voyages en Grèce, les îles grecques. Ça c’est ma passion. La Grèce est ma muse.

 

Socialize Magazine | Un souvenir musical marquant qui restera à jamais gravé en toi ?
Yvan | Oula… on en a tellement… Peut-être quand même le plus gros concert qu’on a fait quand on est arrivé à Hoshi à Saigon au Vietnam en 2015. On jouait en dernier et y’avait 20-25’000 personnes qui sautaient à fond sur nos chansons. Ça faisait deux jours qu’on était arrivé là-bas. Juste avant nous, il y avait des groupes qui étaient quand même axés un peu plus hard rock que nous et on se demandait si ça allait être bien accueilli, et… c’était l’émeute ! Au niveau scénique, c’était vraiment le climax de Stevans jusqu’à maintenant. Après, pendant quatre jours, on est sorti tous les soirs parce qu’on était en pleine adrénaline quoi (rires), et sans drogue ! Mais c’était ça la drogue, c’était complétement fou ce dépaysement. On s’est dit qu’on pouvait imaginer que les groupes qui font ça plein de fois par an doivent quand même avoir un autre rapport avec la réalité quotidienne.

 

Socialize Magazine | Après tout ce que tu as accompli, quel est ton rêve aujourd’hui ?
Yvan | J’aimerais aller beaucoup plus loin en fait tu vois. C’est cool tous ces accomplissements, mais c’est du passé et ça fait plaisir de temps en temps quand il y a un petit coup de mou et qu’il y a quelqu’un qui te dit de regarder tout ce qui a été fait, c’est génial. C’est vrai, mais pour moi, je n’en suis même pas au tiers de ce que je veux faire. Je sais que les idées de chansons, la niaque, l’engouement sont toujours là. Je me dis peut-être qu’au final, il faudra que je me casse à l’étranger à un moment donné. J’ai juste peur de rester ici et de commencer à devenir aigri comme beaucoup de gens. Y’a cette espèce de prison dorée en Suisse, qui fait qu’on est bien, c’est un pays qui fonctionne, on a des caisses-maladie, mais y’a quand même des choses qui ne jouent pas. Donc je suis un peu dans cette alerte-là, de me dire : « Attention, Yvan, attention, attention !! ». Bon après, je ne me laisse pas aller, je suis tout le temps actif pour fait bouger les choses. Mais cette prison dorée peut commencer à ternir les gens quand-même et ça, je me suis promis que non.

 

Socialize Magazine | Tes derniers albums étaient « Rupture » et « Renaissance », est-ce qu’on peut s’attendre à « Maturité pour le prochain album ?
Yvan | (rires). Aucune idée ! ou peut-être « Résilience », parce qu’il en faut dans ce métier. Il en faut beaucoup.


(ndlr) Suite à notre conversation, Yvan a pris la décision de lancer son nouveau projet musical sous le nom de «  Milenko », qui est sont 3e prénom. Il présentera ses nouvelles chansons le 6 mai 2021 lors d’un concert intimiste en ligne sur : www.liveitlive.show/buy/16


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