Interview

Rencontre avec Jon Monnard, jeune auteur prometteur

Sorti le 9 mars dernier dans les librairies, « Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique » (Ed. l’Age d’Homme) est le premier roman de Jon Monnard. Méritant toute notre attention, nous avons rencontré ce fribourgeois de 27 ans qui fait ses premiers pas dans le monde des écrivains.

De son vrai nom, Jonathan Monnard, ce passionné de littérature a réalisé un de ses rêves en publiant son premier ouvrage, une promesse faite à sa mère il y a quelques années avant son décès. 165 pages où l’on côtoie une société du paraître et de faux-semblants dans laquelle le personnage principal Coska, jeune écrivain en devenir, tente courageusement de faire sa place. A travers son livre, le jeune auteur prometteur nous embarque, avec style et justesse, dans des thématiques telles que les générations d’aujourd’hui et les apparences.

 

D’apparence timide, Jon nous dévoile avec modestie mais assurance son parcours et sa passion pour la littérature.

Socialize | Depuis quand as-tu commencé à écrire ?
Jon Monnard | J’ai commencé à l’âge de 12 ans, ce n’était pas dans une volonté de devenir écrivain, j’écrivais par nécessité. C’était très innocent et je participais à quelques concours d’écriture. Plus tard, j’ai vu des films avec des écrivains, c’était toujours des personnages que tout le monde enviait. Ils avaient des vies romanesques et incroyables. En fait, je crois que c’est le mythe de l’écrivain qui m’a séduit et en parallèle j’ai découvert des auteurs que j’apprécie énormément comme Bukowski, Fitzgerald et Kerouac. A partir de là, j’ai retranscrit ma vie avec leurs styles. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai cherché à avoir mon propre style et que j’ai commencé à écrire sérieusement.

 

Et comment décris-tu ton style ?
J’aime bien la métaphore. C’est l’idée de donner des images aux lecteurs. On m’a d’ailleurs dit à plusieurs reprises que mon style était très imagé. Mais il est aussi très spontané et lyrique.

 

« Pour moi l’essentiel avant tout, c’est le plaisir de lire. »

 

Par toutes ces images, ces détails que tu nous partages à travers cette histoire qui parle d’amour, de trahison, de conviction faussée et d’espoir de ces générations qui partent en quête de célébrité et d’image, qu’as-tu voulu transmettre et faire ressentir à tes lecteurs ?
Pour moi l’essentiel avant tout, c’est le plaisir de lire. Donc, au-delà de ce qui est raconté dans mon livre, c’est vraiment d’avoir un roman où l’on se demande « qu’est-ce qui va se passer ? », « qu’est-ce qui va lui arriver ? ». Que l’on ait envie de continuer et d’arriver au fin mot de l’histoire ou d’avoir des phrases qui fassent échos aux lecteurs. Qu’ils se reconnaissent, qu’ils soient d’accord ou à contrario qu’ils ne le soient pas. C’est ça qui est intéressant. Il faut que l’écriture produise quelque chose.

Et puis, j’avais envie d’aborder ce thème de l’apparence, cette fascination pour le luxe, le mannequinat et les belles choses… Mais dans le fond, qu’est-ce que c’est ? C’est quoi le plus important ? C’est quoi l’essentiel ? De se sentir bien avec soi-même ou donner l’impression que tout se passe bien dans notre vie ? Je trouve que l’on a trop souvent tendance à oublier l’essentiel : d’où l’on vient, ce que l’on aime.

 

Avec une préface idyllique signée par l’écrivain français Philippe Besson, ton roman est prometteur. Après deux ans et demi de travail, comment vis-tu la publication et mise en vente de celui-ci ?
J’étais impatient qu’il soit publié. Je m’en réjouissais énormément et j’étais en même temps un peu anxieux. Et puis finalement, quand il est sorti, c’était un jour tout à fait normal pour moi. Bien que j’aie eu un peu d’anxiété notamment face aux réactions, aux critiques, à comment je devais me comporter et aux nombreux changements que ça engendrerait dans ma vie. On s’imagine vite plein de choses. Mais maintenant, j’ai hâte de profiter de la promotion. Et puis… c’est un premier roman et le premier roman excuse aussi des erreurs.

 

« C’est un livre d’images, je veux dire un livre qui convoque des images, en fabrique, en propose. C’est un livre de fulgurances, avec ce que cela signifie d’illumination, de fugacité. C’est un livre singulier, qui ne singe aucun autre. A ces titres, il mérite de se frayer un chemin. Parce que son auteur mérite qu’on le connaisse, comme j’ai le privilège de le connaître. » Philippe Besson

 

Et rêves-tu d’en écrire d’autres, de devenir un célèbre romancier ?
Ça serait mentir que de dire non. Si je pouvais vivre de ça, ça serait génial.

 

Après la promotion de ton livre, as-tu d’autres projets en tête ?
Je vais dans un premier temps, vivre ma promotion avec des dédicaces, le salon du livre et des interviews. Et, j’écris toujours à côté…

J’aimerais bien que ce livre m’ouvre des portes. Editer en France, écrire pour le cinéma ou tout simplement qu’il m’ouvre des portes dans la communication et dans le domaine de la culture.

 

A côté de ça, tu es très actif sur Instagram avec ton compte « jncsk », parle-nous en un peu…
J’ai créé mon compte il y a environ trois ans. Je n’avais pas encore le projet d’écrire un livre. Je l’ai vraiment fait car j’avais envie de publier des choses par rapport aux bouquins, de rendre le livre cool et de rentrer dans la sphère des « bookstagrammer ». Ça demande passablement de temps et d’énergie pour avoir un compte qui se démarque des autres. Je crois que j’ai 2’300 followers dont Loïc Prigent, Tatiana de Rosnay et aussi beaucoup de rédacteurs en chef de magazines français. Il y a très peu de Suisses qui me suivent. Nous sommes d’ailleurs très peu en suisses à tenir ce type de compte.

Ce que je présente sur mon Instagram, c’est des belles bibliothèques, des piles impressionnantes de livres et des jolies couvertures. Au début mon compte Instagram se résumait à ça et puis petit à petit, j’ai plein de curieux qui s’y sont intéressés. D’ailleurs, aujourd’hui ce compte est pour moi essentiel, il m’aide pour ma communication. Mais je ne désire pas en faire un compte promotionnel. Ce sont des gens fidèles qui me suivent, je souhaite donc continuer à faire ce que j’ai toujours fait dès le début. Je donnerai par contre plus de news dans mes stories et je ferai de temps en temps quelques posts sur mon livre.

 

Quel est ton auteur préféré ?
Scott Fitzgerald et ça, c’est sûr et certain. Pour ce qu’il écrit et pour son histoire personnelle.

 

Et ton auteur suisse préféré ?
Robert Walser. J’ai beaucoup aimé Les enfants de Tanner.

 

Ton livre préféré ?
Sans hésiter, pour moi le meilleur restera toujours « Gatsby le Magnifique » de Scott Fitzgerald.

  

Ta citation favorite ?
« L’amour, qui est l’égoïsme à deux, sacrifie tout à soi, et vit de mensonges. » Raymond Radiguet

  

Finalement, est-ce que tu aurais un petit mot pour nos lecteurs ?
Ça peut paraître ridicule, mais prenez du plaisir à lire. Que ça soit des documentaires, des biographies sur des footballeurs, un roman à l’eau de rose. Le plus important c’est d’avoir du plaisir et se divertir en lisant.

© Jaquette illustrée par : Emmanuelle Walker

Ses dates clés

1989    Naissance de Jonathan Monnard à Châtel-St-Denis.
2009    Obtention de son CFC de libraire à Fribourg
2010    Cofondateur de la troupe théâtrale Les Culturés à Châtel-St-Denis
2012    Obtention de sa maturité professionnelle
2015    Obtention de son bachelor en marketing, communication et relations publiques à l’école Polycom (SAWI) à Lausanne
9 mars 2017        Sortie de son premier roman dans les librairies suisses
30 mars 2017      Sortie de son premier roman à l’étranger

 

Pour le suivre sur les réseaux sociaux

Instagram : @jncsk
Facebook : Jon Monnard
idéal pour se tenir au courant des dédicaces, rencontres et salons

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