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Syd « Fin » – La nouvelle Diva de la scène Neo Soul/R&B

La californienne Syd balance un premier album solo fortement inspiré des années 90 et 2000 créant un subtil mélange entre Neo Soul et R&B qui redéfinit les contours d’un nouveau genre avec une généreuse sensualité.

Qui est-elle ?

Syd Bennett, jeune californienne de 24 ans, avait décidé de produire de la musique dès son plus jeune âge. Une idée partiellement inspirée de son oncle Mikey Bennet qui a co-écrit avec le chanteur de dancehall/reggae jamaïcain Shabba Ranks le hit du début des années 90 « Mr Lovermann ». DJ depuis son adolescence, Syd invite Tyler et Matt Martians – tous deux découverts et contactés via MySpace – dans le home-studio construit dans la maison d’hôtes de ses parents pour des sessions dont l’effervescence donnera naissance au collectif Odd Future (d’où ont émergé Tyler The CreatorFrank Ocean et Earl Sweatshirt), avant de boucler son premier mini-album instrumental « Raunchboots » sous le nom de Syd Tha Kyd.

La jeune Californienne fonde également avec Matt Martians le fascinant collectif neo soul The Internetqui la place au rang d’icône d’un nouveau genre de manière inattendue. C’est à partir de là que Syd passe d’un rôle technique à vocaliste/compositeur. Après l’album magistral de The Internet « Ego Death » (sorti en 2015), Syd et Matt Martians se lancent dans une nouvelle aventure et nous offrent des albums solo qui marquent l’évolution nécessaire pour leur permettre de s’épanouir pleinement au sein du groupe une fois leurs projets libérés, puisqu’un 4ème album est déjà annoncé pour 2017 par le R&B Band.

C’est donc début février, une semaine après la sortie de l’album « The Drum Chord Theory », de son acolyte Matt Martiens, que Mademoiselle Bennett livre son premier et très attendu album « Fin ».

 

Notre Critique

La voix de Syd Bennett porte une envoûtante douceur, à l’instar de notre regrettée Aaliyah, et nous replonge (au détour de certaines mélodies) dans l’âge d’or du R&B des années 90 et 2000 où brillaient des producteurs tels que Timbaland. Pourtant, sa démarche artistique se rapproche bien plus de celle de Pharrel Williams lorsqu’il était la moitié des Neptunes. Un rappeur-producteur dont la créativité transforme la musique en art à la faveur de toute une génération. Si The Internet met en évidence une soul-jazz swagger, ce premier projet solo est un peu plus Supa Dupa Fly.

Couronnée d’une iroquoise radicale, un look androgyne et une homosexualité affirmée, Syd ne sourit pas, ne pose pas comme on pourrait l’attendre. Son calme, indifférent et froid, contraste à merveille avec la fragilité sensuelle de sa voix. Et la force des prods, lourdes et sombres, reflète à merveille sa forte personnalité. Tout en reprenant les codes R&B de la fin des années 90 et 2000, elle inverse les normes du genre dans lequel elle-même devient flâneur : admirant, aimant et désirant l’objet féminin. Les ombres océaniques de la pochette ont des profondeurs qui vous engloutissent et vous entrainent sur des courants chauds, enfumés, soyeux et intimes. Les textes, dominés par le sexe, son porteurs d’un message touchant à résonnance émotionnelle subtile qui englobent l’âme et confèrent à l’album un style contemporain et accessible.

Syd ne laisse aucun doute sur son ambition musicale, et incarne malgré elle une jeunesse décomplexée qui se positionne à contre-courant des tendances socio-politiques à coup de textes chaleureux et introspectifs portant un message idéologiquement positif et captivant.

C’est avec « Shake Em off », tout en douceur, que Syd ouvre les portes de son jardin d’Eden et nous laisse entrer dans son intimité. La chanson suivante « Know », magnifique dans les douces notes aiguës, est troublante tant on croirait entendre une collaboration entre Aaliyah et Timbaland. Ou encore deux pistes plus loin avec le morceaux « Nothin to Somethin », produit par elle, qui ne cache aucunement les influences du grand Timbo. Mais c’est lorsqu’on arrive au single « All about me », beaucoup plus mainstream, dont le beat est signé Steve Lacy – seul membre du groupe de The Internet avec qui elle a choisi de collaborer – qu’on comprend ce qui importe avec « Fin » : Nous parler d’elle plus profondément. C’est donc avec délicatesse que Syd baisse la lumière sur « Smile More » avant de nous emporter, créant une tension viscérale, sur un versant plus sombre avec « Got Her Own », à l’image de l’ambiance obscure qu’on peut saisir chez des artistes tels que Travis Scott, puis revient rapidement à ses amours nous entrainant un peu plus dans les méandres charnels avec « Drown In It » (véritable ode au cunnilingus), et ce, afin de mieux exploiter le corps-à-corps lascif et vibrant, sur un fond sonore haletant, nommé « Body ». Syd joue avec nos émotions et met nos sens en éveille. Envoûtés, on se surprend à flâner dans son jardin, contemplant au détour d’un arbre florissant la beauté du printemps qui s’éveille.

A l’heure ou beaucoup d’artistes multiplient les collaborations sur leurs projets, Syd reste sobre proposant pour seul featuring le rafraichissant « Over » avec 6Lack (talent émergeant d’Atlanta).  Et c’est en glissant à travers des notes chaudes à la voix jazzy, rehaussées par une chatoyante petite parenthèse rock (dont on aurait adoré en entendre plus), qu’elle conclut l’opus avec « Insecurities ».

Une sélection étonnamment accomplie de chansons langoureuses et sensuelles qui se complètent à la perfection avec une production parfois dissonante mais captivante, donnant l’impression d’être suspendus sous l’eau. En définitive, « Fin » est le prélude d’une suite radiante pour Syd. 

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