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Faites vos jeux, rien ne VAR plus

Une bronca enflamme la foule en délire. En un seul homme, les bras et les mains s’activent, mimant un carré. Au milieu de l’enfer herbeux, sifflet à la bouche, le regard hagard, l’arbitre semble se noyer dans sa propre réflexion comme un capitaine en pleine dérive. Penalty ? Pas penalty ?

Les huées persistent, s’intensifient même et la gestuelle se fait davantage menaçante à l’encontre de l’arbitre. Finalement, ce dernier prend une décision à l’ « ancienne » sans consulter sa nouvelle conscience technologique : ce sera corner. Et les fidèles dans le stade de vociférer à l’encontre de l’homme en jaune fluo tout en demandant l’aide du nouveau dieu technologique : la VAR, soit la Video Assistant Referee !

Le 26 août dernier, le choc entre l’AS Roma et l’Inter de Milan accouche d’une défaite cinglante du club de la capitale italienne sur le score 3-1. Mais le résultat aurait pu être tout autre. Alors que la Roma mène 1-0, son attaquant Diego Perrotti est fauché dans sa surface par le joueur intériste Milan Škriniar. Et cette scène désormais surréaliste expose un arbitre totalement incapable de prendre une décision, seul. En demandant l’assistance vidéo, l’arbitre aurait accordé un penalty net. Il n’en fut rien et le dimanche matin, la presse sportive italienne s’empare du sujet et la polémique enfle.

Depuis cet été, le championnat italien de football fait office de pionnier, au même titre que la Bundesliga allemande ou la Liga portugaise, dans l’adoption de la VAR au cours de ses matchs. Plus d’un mois après, un premier bilan s’impose : les discussions, les scandales, les polémiques et les litiges n’ont pas cessé avec la VAR. Au contraire, elles ont tendance à s’amplifier et à amener d’autres sujets de polémiques ou de désarrois techniques. La première journée de championnat allemand s’est illustrée avec un défaut technique de la VAR. En effet, le recours à la vidéo n’a pu être utilisé en ouverture de championnat en raison d’un problème de transmission des images vers l’arbitre central. En Italie aussi la nouvelle technologie a connu des problèmes techniques.

Vient ensuite la sempiternelle question de la supposée (im)partialité de l’arbitre. Et notamment dans les championnats latins où l’enjeu dépasse les gradins et le stade. Au Portugal, par exemple, les décisions liées au recours à la vidéo sont analysées dans les journaux sportifs à l’aide de parallèles dessinées sur les images retransmises. L’objectif ? Démontrer la partialité des arbitres…

Autre conséquence du VAR : l’utilisation encore balbutiante de la technologie engendre de longues réflexions où les minutes s’accumulent et le rythme du jeu diminue. Pour l’heure, la VAR a surtout donné du grain à moudre aux éternelles questions liées à l’amour ou désamour d’un arbitre envers un club. Cette instrumentalisation donnant (souvent) lieu à de risibles polémiques biaise le bilan plutôt positif du recours à la vidéo. La VAR a permis d’annuler plusieurs erreurs litigieuses mais, surtout, remet au centre un élément souvent oublié : la décision finale appartient à l’arbitre, à l’homme. Et en ce sens, l’appréciation et peut-être l’erreur seront toujours humaines et non technologiques. Il faudra du temps pour s’y habituer, et du temps pour que le football et les supporters s’y adaptent.

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