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La nouvelle vague des auteurs suisses

Il était une fois, une génération née entre les années 1980 et 2000 qui passait ses journées à surfer, se faire des amis et aimer. Cette génération était comme entourée d’un certain mystère, une incompréhension, pour les générations précédentes qui tentaient tant bien que mal de s’adapter aux modes, mœurs et moyens de communication de leur descendance.

En effet, plus qu’un saut générationnel, c’était une véritable rupture dans la manière de vivre qui les séparait. Difficile pour les sages de comprendre qu’on puisse surfer non pas sur l’eau mais sur internet, qu’un ami est bien souvent virtuel plutôt que réel et qu’aimer se traduit par un pouce en l’air. Cette génération mystérieuse, c’est celle des Millennials.

Pourtant, malgré ces décalages, les moins jeunes ont la volonté d’entrer dans le monde de ces individus qu’ils chérissent et leurs efforts ne sont pas vains. Mais la réciproque est-elle assurée par ceux dont la vie est déjà tellement accaparée par les fils d’actualité des réseaux sociaux ? Est-elle exprimée de manière aussi concrète ? Globalement, cela est difficile à savoir. Pourtant, certains Millennials participent au maintien du lien en transportant jeunes et moins jeunes dans un monde qui appartient aujourd’hui trop souvent aux générations passées : celui de la littérature.

Après Johanna Spyri (1827-1901) – la célèbre créatrice du personnage d’Heidi – Charles Ferdinand Ramuz (1878-1947), Robert Walser (1878-1956), Hermann Hesse (1877-1962), Max Frisch (1911-1991), ou encore Friedrich Dürrenmatt (1921-1990), tous auteurs suisses ayant marqué l’histoire de la littérature helvétique, la relève est assurée par de jeunes talents comme Joël Dicker, Michael Fehr, Aude Seigne, Jon Monnard, Adrien Gygax ou Dorothee Elmiger. Plumes uniques et inspirées au background d’études supérieures, leurs styles, approches et problématiques se recoupent, se rejoignent et s’éloignent, enveloppés dans un contexte globalement similaire teinté de remises en question et de course vers le progrès. Chez tous, la même question de fond transparait et frappe par son authenticité et le souci global auquel fait face la génération actuelle : notre Humanité.

Chez Joël Dicker, l’humain est toujours au centre. Il est un être sensible, palpable, parfois caricatural ou risible et, en même temps – et c’est bien là que la magie opère – tellement représentatif de notre Humanité propre.

Ce qui démarque Fehr, c’est son style d’écriture qualifié par certains de « violent art poétique ». Dans ses écrits, ce sont les espaces entre les mots – plus que les mots eux-mêmes – qui offrent une place à l’imaginaire puisque la densité des phrases ne laisse pas de répit au lecteur. Car, en fait, Michael Fehr ne se lit pas, il se parle. Virtuose de l’écriture, son univers, ce sont ses mots.

Aude Seigne, pour sa part, propose une vision éveillée et désabusée de notre société, tout en laissant la place au lecteur de se positionner et de construire sa propre opinion basée sur les faits, riches et étudiés, dont sont agrémentés ses romans.

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Moins sur la retenue, Jon Monnard  – que nous avions rencontré il y a quelques temps –porte dans son premier roman un regard clairement critique sur le monde du luxe, de la mode et des paillettes, monde fantasque et déconnecté qui appelle au parallèle avec l’environnement virtuel d’internet. Dans un style métaphorique très imagé et spontané, – et bien qu’a priori l‘approche puisse sembler pessimiste – son but est finalement de transmettre au lecteur le plaisir de lire en lui offrant une issue au travers d’une réflexion sur le sens profond des choses.

Le Lausannois Adrien Gygax, quant à lui, nous offre l’humain dans un voyage initiatique générationnel au goût de débauche, de vie, d’amour et de tristesse. « Aux noces de nos petites vertus », son premier roman au descriptions crues et au verbe tranchant nous tiendra en haleine, toutes générations confondues.

Finalement, pour Dorothee Elmiger également, l’humain occupe une place centrale. Qu’elle l’aborde dans toute sa nudité au travers de problématiques quotidiennes et concrètes ou qu’il s’agisse de l’homme face à des questions politiques ou de société, à plus large échelle, l’auteur donne sa vision du monde moderne dans lequel l’humain est parfois acteur, parfois un simple personnage qui subit la trame de son histoire.

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