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Octobre rose, un mois pour lutter ensemble contre le cancer du sein

Dans le cadre d’octobre rose, une femme au parcours de vie bouleversé par un cancer du sein a accepté de partager avec nous son témoignage.

Rencontre avec une survivante.

 

Socialize Magazine | Il y a six ans, vous avez été diagnostiquée d’un cancer du sein. Pouvez-vous nous raconter les étapes marquantes de votre parcours dans la lutte contre ce cancer ?
J’ai découvert que j’avais le cancer à un stade assez avancé. J’avais palpé la tumeur par hasard, alors qu’elle faisait déjà cinq centimètres de diamètre. J’ai alors pensé que ce n’était rien. Le médecin, lui aussi, a cru qu’il s’agissait d’un kyste. Mais au moment où nous avons fait l’échographie, j’ai vu à son expression qu’il s’agissait de quelque chose de plus grave. Ça m’a fait un choc. J’avais alors 31 ans et c’est vrai que je ne m’étais jamais imaginée pouvoir développer un cancer. Personne n’en avait souffert autour de moi. J’avais alors une petite fille de deux ans et ma première pensée a été pour elle : « je ne veux pas mourir, je veux la voir grandir ».

Que s’est-il passé ensuite ?
Suite à cette échographie, tout est allé très vite. J’ai dû commencer une chimiothérapie car les ganglions étaient touchés. Elle a duré environ six mois. A son terme, la tumeur avait presque disparu et il s’agissait de savoir si j’allais subir une opération, ou non. Durant cette période, j’étais dans une optique de survivante. Je souhaitais donc faire le maximum pour que tout soit enlevé et que le cancer ne puisse plus jamais revenir. Suite à la chimiothérapie, on m’a donc enlevé le sein ainsi que les ganglions situés sous mon bras. Mon état d’esprit du moment m’a permis de bien tolérer tous les traitements car je les percevais comme quelque chose qui allait m’aider à survivre. La question s’est alors posée de savoir si je voulais reconstruire le sein. Après trois tentatives de reconstruction peu invasives à l’aide d’une technique appelée « lipofilling », j’ai arrêté. Cela n’avait pas tellement fonctionné et je me sentais suffisamment bien dans mon corps tel qu’il était.

Aujourd’hui, comment vous sentez-vous ?
Cela fait maintenant six ans. J’ai continué à faire des contrôles tous les six mois. Au début, c’était assez angoissant, surtout lorsque je retournais à l’endroit où j’avais été diagnostiquée. Il y avait des périodes où je sentais quelque chose de différent dans mon corps et l’angoisse montait alors. Mais ce sont des choses que j’ai apprivoisées avec le temps. Je me dis aujourd’hui qu’on ne sait jamais ce qui peut se passer et qu’on ne peut pas vivre dans la peur constante d’un nouveau cancer.

Avec le recul, quel regard portez-vous sur cette épreuve ?
Je la vois comme une période de crise dans ma vie qui m’a amenée à une grande prise de conscience. J’ai été confrontée à la question de la mort et de ce que cela implique. Il en a découlé un sentiment d’urgence de faire les choses telles qu’elles sont juste pour moi. Traverser cette épreuve m’a obligée à remettre mes actes et mes choix en question.

De quelle(s) manière(s) aura-t-elle changé votre vie ?
Dans mon quotidien, cette épreuve aura eu un impact positif sur mes habitudes de vies. Je prends plus soin de moi et de mon entourage. Par ailleurs, j’ai de la chance de pouvoir continuer à utiliser mon bras normalement et je ne suis pas tellement sensible au regard que les gens peuvent porter sur le fait que je n’ai plus qu’un sein. Avec du recul, je perçois cette période de ma vie comme quelque chose qui m’a aidé à me transformer – non pas par la maladie en soi mais au travers de la manière dont j’ai dû y faire face. J’ai appris à mieux écouter mon corps. J’ai compris, maintenant, qu’on ne peut pas toujours remettre à plus tard les décisions auxquelles nous faisons face et qu’il est important d’être en adéquation avec ses aspirations profondes. C’est donc une crise qui m’a servi à faire quelque chose de positif dans ma vie et cela est possible avec l’aide des bonnes ressources, du bon accompagnement et, surtout, lorsqu’on y croit.

Et dans vos relations ?
Il est vrai qu’au moment de traverser cette épreuve, mes relations vis-à-vis de mon entourage ont été impactées. Ma fille a été déstabilisée. L’émotion était permanente durant la première année et, à cette période, ma posture envers elle a changé. J’ai eu tendance à la surprotéger, étant moi-même fragilisée. Puis, j’ai commencé à accepter que les enfants ont eux aussi la capacité d’être résilients et qu’il était important pour nous de continuer à avoir une vie sociale. Aujourd’hui, je suis une maman plus ancrée dans la vie. Sur le long terme, cette épreuve aura peut-être été une chance.

Quels conseils pourriez-vous donner aux femmes qui traversent actuellement la même épreuve ?
Je pense qu’il est important de prendre du temps, après et même pendant les traitements, pour digérer, être accompagnée et bénéficier d’une écoute. Un dialogue honnête avec son médecin est également la clé. J’étais moi-même tellement prise par ce qui m’arrivait que je n’osais pas prendre du temps pour en parler avec mon entourage, déjà très atteint et très sensible. En plus, j’ai continué à travailler malgré les traitements, ce qui était peut-être une erreur. Je sais qu’on veut parfois sembler forte, mais il existe des espaces d’échanges où il est possible de prendre du temps pour partager. Par exemple, j’avais fait un cours accompagné de yoga qui m’avait énormément aidée à avoir moins peur de mon corps, car je croyais alors que même le fait de respirer allait faire s’étendre la tumeur. Cette pratique du yoga m’a permis de me sentir relativement bien pendant le traitement. La Ligne contre le cancer met également en place de nombreuses activités qui permettent de digérer ce qui se passe dans notre corps et dans nos émotions.

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