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Rencontre avec Vincent Perez

Du 24 au 28 mars prochains, Lausanne accueille la première édition des Rencontres 7e Art (r7al). Derrière cet évènement cinématographique se cache Vincent Perez, acteur, réalisateur et photographe lausannois.

Son évènement met en avant les œuvres du Nouvel Hollywood (fin des années 1960 – début des années 1980). L’objectif étant non seulement de déclencher des émotions liées au grand écran mais aussi de mener une réflexion sur le cinéma et de transmettre l’histoire de l’image. Rencontre avec le cinéaste suisse.

 

Socialize Magazine | Pourquoi avez-vous décidé de créer les Rencontres 7e Art à Lausanne (r7al) ?
Vincent Perez | Je suis né à Lausanne et j’ai vécu mon enfance à Penthaz et à Cheseaux. Depuis longtemps, je voulais créer un évènement cinématographique dans cette belle région en mettant en avant tous ses atouts et ses écrins. Et l’élément déclencheur s’est concentré sur la Cinémathèque. En effet, ses archives sont stockées à Penthaz, pas loin du terrain de football où je jouais. J’y ai vu un signe du destin. Et, il faut rester attentif et savoir écouter les messages de la vie. Avec mes amis, nous avons donc constitué cette manifestation qui colle parfaitement à l’image de la Suisse et qui la représente parfaitement.

 

Est-ce aussi une volonté de mettre en avant la Suisse qui est relativement peu présente ou visible dans le monde cinématographique ?
Il s’agit effectivement de faire rayonner la région et de la dévoiler au monde entier. Nos invités sont tous très impatients et excités de venir découvrir cette région et de la mettre en lumière. Encore une fois, je trouve que cet évènement donne une belle image de notre région et de notre pays dans son ensemble. Nous avons à cœur de faire des Rencontres un évènement stimulant, formateur, international, loin de la pression de la compétition, où chacun, jeune ou senior, connaisseur ou néophyte, peut venir dans un lieu convivial partager sa passion du cinéma.

 

Quelles ont été les difficultés lors de la création de la manifestation ?
La difficulté première s’est concentrée dans la recherche de l’identité des Rencontres. Et cette identité se retrouve dans les rencontres entre les œuvres, les réalisateurs et le public ainsi que la transmission du savoir et des émotions. Ensuite, il fallait trouver un lien entre les écoles, le cinéma de patrimoine et l’aspect prospectif de cet évènement. Nous travaillons en étroite collaboration avec six institutions comme les universités et les Hautes Ecoles de la région. Chaque université a reçu comme tâche de son professeur, en collaboration avec nous, de présenter plusieurs sujets, par exemple « comment le cinéma est vu et considéré aujourd’hui », « quelles sont les plus grandes opportunités par rapport aux années 70 », « comment l’usage de la caméra numérique, des téléphones portables ou des ordinateurs a changé la signification du fait de regarder un film », « comment nous pouvons accueillir au mieux les stars », etc. Toute la difficulté réside donc de tenir ce fil rouge, à savoir du parcours de l’image depuis qu’elle existe jusqu’à demain.

 

« Le grand écran exacerbe les émotions des chefs-d’œuvre »

 

D’où la nécessité d’introduire les outils liés à la réalité virtuelle dans l’évènement…
La réalité virtuelle mais aussi d’autres technologies doivent être introduites dans le débat. Une réflexion doit toucher ces nouveaux médiums qui émergent. Nous devons nous ouvrir à ces nouveaux outils, les observer et apprendre d’eux. J’avais envie de suivre l’évolution et le parcours de l’image depuis ses débuts jusqu’à demain, avec la réalité virtuelle et les nouvelles technologies.

 

Lors de la présentation des Rencontres 7e Art Lausanne, vous avez mis du cœur à l’ouvrage. Comment s’est révélé en vous ce projet ?
Cela fait des années que j’y pense. C’est véritablement le fruit d’un long travail de réflexion. Je voulais créer un évènement autour de l’image et de leur présence voire leur envahissement dans notre quotidien. Comme je viens du cinéma, c’était un magnifique terreau pour entendre, partager et communiquer avec des grands visionnaires du cinéma. Il y a aussi cette idée de vouloir transmettre et intéresser toutes les catégories d’âge, en commençant par les jeunes, à ce noble art et à l’image.

 

Avec cet évènement se cache-t-il la volonté de redonner ses lettres de noblesse aux salles de cinéma ?
Je ne remarque pas une baisse de fréquentation au cinéma. En Chine, des nouvelles salles s’ouvrent fréquemment. Cependant, il est vrai qu’aujourd’hui nous disposons de nouvelles possibilités pour consommer le cinéma. Il y a non seulement les salles du Capitole et de Pathé ainsi que la Cinémathèque, mais il ne faut pas négliger les nouveaux outils digitaux pour découvrir ou redécouvrir les chefs-d’œuvre. Dans ce sens, notre volonté est d’amener le spectateur à ressentir les émotions du grand-écran.

A l’image de votre anecdote sur le film It’s a Wonderful Life de Frank Capra…
Un jour ma femme m’a entraîné dans une salle de cinéma pour revoir une énième fois ce long-métrage. J’étais peu convaincu car je l’ai vu tant de fois. J’y suis allé et là… La force du film sur grand écran m’a envahi, comme tous les autres spectateurs d’ailleurs. Et à ce moment, nous avons tous été submergés des émotions et de la force de ce chef-d’œuvre. Des rires, des pleurs, tout y était. C’est pourquoi il est nécessaire de faire découvrir ou de revoir ces œuvres sur un grand écran.

 

En ce sens, le cinéma doit-il se vivre de manière collective ?
Ces films doivent être vus sur grand écran car ils engendrent des émotions inédites et décuplées. Et elles le seront encore plus si vous êtes entourés car vous vous sentez unis dans une même expérience. A ce titre, le cinéma est véritablement une activité collective. Au moment où l’on vit un moment cinématographique de manière collective, alors vous saisissez la force d’un chef-d’œuvre.

 

Selon vous, que manque-t-il au monde du cinéma suisse pour qu’il soit plus visible ?
Il y a des talents formidables en Suisse. Il faut continuer à éveiller l’intérêt du public suisse pour qu’il aille découvrir ses talents régionaux et qu’il continue à favoriser l’émergence du 7e art en Suisse et ainsi nourrir cette scène. r7al permettra peut-être d’éveiller cette sensibilité mais fera surtout office de vitrine du cinéma suisse aux invités internationaux.

 

Quelles émotions ressentez-vous en revenant en Suisse ?
Pendant une semaine, je vais pouvoir me rapprocher de mes proches, de retrouver des sensations que j’ai eues enfant et surtout retrouver le plaisir de revenir à Lausanne. Cette ville est mon terroir. Dans ce cas, cela donne du sens à mon parcours.

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