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Le bitcoin face à la méfiance des banques

En intégrant la devise numérique sur sa plateforme, la Bourse de Chicago offre ses premières lettres de noblesse au bitcoin. Pourtant, la cryptomonnaie volatile est encore décriée par certaines banques. En Suisse, quelques institutions font le pari du bitcoin.

Difficile aujourd’hui de suivre l’actualité sans entendre le mot bitcoin. Autrefois relié au monde des férus de cryptomonnaies ou comme devises liées aux crises politiques, le bitcoin entre désormais dans une nouvelle ère. Vulgarisé et démocratisé, la devise numérique utilisée dans les transactions sur internet s’est institutionnalisé, au début du mois, en intégrant la Bourse de Chicago.

Reposant sur un programme informatique mis en ligne en 2009, la devise hautement volatile s’échange désormais dans un espace régulé. Pourtant, cette institutionnalisation ne l’avalise pas encore pleinement. En effet, le Chicago Board Options Exchange ne propose pas une cotation des bitcoins, mais des contrats en dollars indexés sur le cours de la devise. Pour l’heure, les institutions financières comme les banques ou les plateformes de marché n’opèrent aucune transaction en bitcoin directement. Les références comme JP Morgan, Bank of America et Citigroup n’ouvrent pas encore l’accès à ce marché, tout comme la société de courtage Schwab. Seule Goldman Sachs le fait, mais avec des restrictions.

Actuellement, les banques sont divisées entre la tentation de se positionner sur un marché en pleine explosion et un risque inhérent au bitcoin. Comme le résume Le Monde, « une action est une part d’entreprise ; une obligation est un prêt remboursable ; une devise est garantie par une banque centrale et une économie, tandis que le bitcoin n’a aucun sous-jacent. Il n’est que le fruit de l’offre et de la demande. »

En écho à ce résumé, le vice-président de la BCE mettait en exergue, dans une interview donnée à CNBC, un élément cristallisant les critiques autour du bitcoin. Pour l’heure, Vitor Constancio présence le bitcoin comme « un actif très particulier, par définition spéculatif ». Et son cours semble donner raison à l’homme tant la devise numérique connaît une volatilité impressionnante. Même son de cloche en provenance de Paris et de la Banque de France dont le gouverneur de l’institution, François Villeroy de Galhau, s’est montré très virulent : « Il ne doit pas y avoir d’ambigüité : le bitcoin n’est en rien une monnaie, ou même une cryptomonnaie », cite Le Journal de l’économie. Le gouverneur souligne que cette devise n’est gérée par personne et qu’en cas d’éclatement de la bulle spéculative, « les investisseurs n’auront plus que leurs yeux pour pleurer ». Il poursuit : « Sa valeur et sa forte volatilité ne correspondent à aucun sous-jacent économique et ne sont la responsabilité de personne. La Banque de France tient à rappeler que ceux qui investissent en bitcoin le font totalement à leurs risques et périls ».

De son côté, Jerome Powell, nouveau président de la FED, s’est exprimé avec plus d’enthousiasme autour de la cryptomonnaie car les monnaies virtuelles ne sont pas encore assez volumineuses pour influencer la politique de la banque centrale américaine, en mettant tout de même en garde concernant les questions « de gouvernance et de gestion des risques ».

En Suisse, cette prudence est de mise. Seules les structures Swissquote, Vontobel, Falcon et la nouvelle société SwissBorg se sont lancées dans les cryptomonnaies. Reste que les institutions suisses vont surfer sur la tendance de la devise numérique, et transformer rapidement le pays en un hub pionnier dans les cryptomonnaies.

 

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