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L’Euphorbia fleuriste : quand magie et fleurs s’entremêlent

L’Euphorbia fleuriste a ouvert ses portes dans la petite ville vaudoise de La Sarraz, il y a plus d’une année. La propriétaire des lieux, Samantha, une jeune femme de 27 ans, nous entraîne dans son univers fleuri et nous partage le chemin parcouru.

 

Socialize Magazine | Pourquoi avoir choisi le nom d’Euphorbia pour ton magasin ?
Samantha | Ce nom est celui d’une fleur ou plutôt d’une plante que j’utilise énormément dans mes créations en tant que petit branchage. Mais c’est surtout une plante d’une diversité incroyable ! De la plante fleurie à la plante grasse – que j’affectionne tout particulièrement – en passant par l’arbuste, vous la côtoyez souvent sans le savoir. Il en existe tellement ! Même « l’étoile de Noël » tant connue est en fait une Euphorbia Pulcherima. On trouve même des Euphorbia chez nous, au bord des champs. J’ai également choisi ce nom car il rappelle le mot « euphorie » qui correspond assez bien à mon état d’esprit de fleuriste passionnée.

 

Est-ce donc une fleur qui te ressemble ?
Je ne sais pas si elle me ressemble mais en tout cas, je l’adore ! J’aime le fait que cette plante se décline en une si large palette de couleurs, de textures et de styles. Cela reflète peut-être mon goût très étendu pour les plantes et mon grand intérêt pour la nature.

D’où te vient cette passion ?
Elle est en moi depuis toute petite. Je voulais toujours cueillir les fleurs des jardinières de mes parents avant même de savoir bien marcher. Par la suite, ma passion s’est encore développée du fait que ma grand-mère a, elle aussi, toujours adoré les fleurs. Nous allions souvent en chercher quelques-unes chez le fleuriste pour en faire des arrangements toutes les deux. On y restait toujours un bon moment, le temps que je fasse le tour de toute la boutique. Dès lors, je ne peux pas passer un jour sans créer, moi qui suis une amoureuse de la nature et des fleurs. L’envie de devenir fleuriste ne m’a jamais quittée malgré le fait qu’on ait plusieurs fois essayé de m’en décourager. J’avais les capacités pour faire autre chose et on m’a donc conseillé de m’intéresser à d’autres métiers. Mais finalement, c’est un stage de fleuriste réalisé après tant d’autres qui m’a confirmé que c’était le métier qu’il me fallait.

 

Tes créations se différencient par leur originalité et un style bien affirmé. Quelle est la source de ton inspiration lorsque tu dois donner vie à une composition ?
Je dirais que c’est la nature qui m’inspire. Ce sont les végétaux par leur forme, leur texture et leurs couleurs qui se mélangent dans ma tête pour ensuite donner vie à une création. Ce que je trouve fascinant, c’est que je vois parfois dans la nature, ou même dans une fleur, des associations de couleurs auxquelles je n’aurais pas pensé et qui, au final, vont tellement bien ensemble.

 

Tu as donc repris ce magasin de fleurs à La Sarraz. Quelle est son histoire ?
Au départ, le magasin se situait dans la Grande Rue, avant d’être déplacé dans cette petite zone industrielle plus facile d’accès, où l’on peut se parquer facilement. L’ancienne propriétaire l’a tenu pendant sept ans avant qu’elle ne me contacte pour me demander si j’étais intéressée à le reprendre. Je suis heureuse qu’elle ait pensé à moi et qu’elle m’ait fait confiance dans la reprise du magasin.

 

Comment la reprise s’est-elle passée ?
La reprise s’est bien passée même si elle a été plutôt précipitée ! En effet, il n’était pas du tout prévu que je me mette à mon compte aussi tôt. J’étais responsable du rayon fleurs dans un « Garden Center » et j’avais prévu d’avoir plus d’expérience avant de me lancer. Puis, un samedi juste avant mes vacances d’été, j’ai reçu un message de l’ancienne propriétaire du magasin. Elle avait entendu mon souhait de devenir un jour indépendante. Elle voulait remettre son magasin mais désirait le confier à une personne passionnée qui en ferait quelque chose de beau.

La décision n’a pas été facile à prendre mais je me suis finalement lancée ! Me projeter concrètement dans le magasin m’a permis de clarifier les idées dans ma tête. Il ne fallait pas que je laisse passer ma chance sinon j’allais le regretter. La grande aventure a donc commencé le 1er novembre 2016, juste après mon retour de vacances.

Comment s’est déroulé ton premier jour en tant qu’indépendante ?
A l’ouverture, j’étais un peu perdue. La gestion d’un magasin est très différente de celle d’un rayon fleurs dans un « Garden Center ». Au début, j’ai eu beaucoup de difficultés à gérer les quantités. J’ai dû malheureusement jeter une énorme quantité de fleurs, une véritable souffrance. Mais j’ai tenu bon et aujourd’hui, je vends de plus en plus de fleurs et le choix s’élargit également, pour mon plus grand bonheur.

 

Comment les clients ont-ils perçu cette reprise ? La transition avec eux s’est-elle bien passée ?
Je pense que la reprise a été plutôt bien perçue même si, au début, j’étais un peu mal à l’aise. Les clients entraient et étaient surpris de ne pas trouver l’ancienne propriétaire et ses articles. Alors, certains ressortaient parfois sans rien. Heureusement, j’ai également eu d’excellents retours ce qui fait du bien car les réactions concernent notre univers, directement.

Les clients du coin sont vraiment adorables. Beaucoup ont tout de suite adhéré à mes créations et ont fait découvrir mon magasin à d’autres personnes. De plus, ils sont nombreux à me suivent sur les réseaux sociaux et à partager mes publications. Je ne les remercierai jamais assez pour cette visibilité offerte. Je suis vraiment heureuse de retrouver une clientèle de quartier.

Après une année, je n’ai aucun regret. Je vis de ma passion et mes clients le ressentent. Il n’y a rien de plus gratifiant pour quelqu’un qui crée.

 

Peux-tu me décrire une journée type de travail ?
J’arrive un peu avant l’ouverture. Je sors toutes mes plantes d’extérieur, je vérifie l’arrosage et je nettoie l’intérieur. Ensuite, la journée peut commencer. Les journées ne se ressemblent jamais… Je démarre avec les tâches les plus pressantes comme réaliser de nouvelles compositions ou confectionner les commandes en fonction de l’heure décidée avec les clients.

Je reçois presque tous les jours de nouvelles fleurs qu’il faut préparer et mettre en vase. On me livre également des plantes au minimum une fois par semaine. Il faut les étiqueter, leur trouver une place et un pot qui les mette en valeur. Mes journées sont rythmées par les clients et les commandes. Je ne sais jamais ce que je vais avoir le temps de faire, mais c’est aussi ce qui me plait dans ce métier ; ce n’est jamais monotone.

 

Et dans cette journée, quel est ton moment préféré ?
J’aime tout dans mon métier sauf le nettoyage (rires). Mais je dirais que c’est le moment où j’ai le temps de créer avec les nouvelles choses que j’ai achetées ! Je suis toujours en extase devant les arrivages de fleurs ou de plantes.

 

Peux-tu nous partager un moment fort vécu avec un client depuis l’ouverture du magasin ?
Peu de temps après l’ouverture de mon magasin, des clients sont venus après avoir reçu un bouquet original venant de ma boutique qu’ils ont beaucoup apprécié. Ils m’ont alors confié la décoration florale du deuil du père de la famille. Leur confiance et leurs remerciements m’ont énormément touchée.

Quelques semaines plus tard, une dame présente à cet enterrement est venue à son tour me confier les arrangements floraux de l’enterrement de son mari, un médecin connu de la région. C’était extrêmement touchant et en même temps très impressionnant. J’avais l’impression de me retrouver dans un film. Je n’en revenais pas qu’on m’ait demandé de m’occuper d’une décoration florale si importante.

Ces évènements sont souvent assez tristes mais cela fait aussi partie du métier. Mais ils sont, pour moi, aussi gratifiants qu’un mariage.

 

Aujourd’hui, le magasin fonctionne à plein régime. Comment te projettes-tu, à titre personnel, dans les cinq prochaines années ?
Il est vrai qu’après un peu moins d’une année, le magasin tourne déjà bien, ce qui me laisse très peu de temps pour moi. Pour l’instant, je travaille presque sept jours sur sept. J’aimerais continuer à être très présente au magasin tout en pouvant m’accorder du temps, ainsi qu’à mon ami qui supporte mes moments de doute, ma fatigue et ma vie à cent à l’heure ! Je m’imagine emménager dans un appartement du coin et, pourquoi pas, avoir des enfants… ce qui n’est pas du tout dans mon état d’esprit pour l’instant au vu de la situation.

D’un point de vue professionnel, je me vois peut-être avec un deuxième magasin (sourire).  Pour rester raisonnable, je me vois avec des collaborateurs qui partagent ma passion et qui m’aideront à faire évoluer mon commerce dans la direction que j’ai prise. En effet, ne plus être seule permettrait de m’octroyer deux jours de congé par semaine et ainsi avoir davantage de temps pour développer certains aspects de l’entreprise tels que l’évènementiel.

 

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