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La sharing economy, kesako ?

Nous entendons souvent passer des termes anglais glissés dans nos conversations, pour ne pas citer smartphone, crowdfounding et bien d’autres. Parmi ces mots, certains sont amenés, au fil des ans, par des avancées technologiques et/ou sociales, qui méritent que l’on s’y intéresse de plus près.

Parmi eux, la sharing economy, qui est LE nouveau modèle économique qui vient casser les anciens modèles. La sharing economy, ou économie collaborative en français (c’est vilain la traduction on en convient), fait de l’ombre aux entreprises dites traditionnelles en mettant sur le devant de la scène des plateformes d’échanges avec des consommateurs-acteurs, sans les multiples intermédiaires qu’on observe dans le schéma de l’économie dite traditionnelle.

Pour qui, par qui et pour quoi ?

La sharing economy met les consommateurs et les acteurs en lien entre eux. Vous pouvez être qui vous voulez, le consommateur, l’acteur ou les deux. L’économie collaborative a été créée et s’est développée surtout pour une question d’intérêts économiques, mais aussi pour la dimension sociale qu’elle implique.

En effet, celle-ci permet à une personne lambda de valoriser ses biens, de façon rapide, et en tout temps. On ne parle pas ici de salariés, mais de travailleurs free-lance. Certains experts n’hésitent pas à parler d’émancipation due à la sharing economy.

Mais d’où viennent tous ces nouveaux modèles sociétaux ?

En abordant le sujet de la sharing economy, on l’évoque souvent en la comparant avec les autres systèmes économiques existants. Lorsque l’on parle d’économie traditionnelle, on fait souvent référence à un schéma qui comprend, entre les consommateurs et les entreprises, de nombreux intermédiaires. Avec l’arrivée du e-commerce, le système a changé en réduisant les intermédiaires. Ce que l’on observe à présent avec le système d’économie collaborative est une suppression de tous les intermédiaires, faisant place à un schéma consommateurs – plateformes d’échanges.

Ce qui est palpitant est de remarquer des changements dans quasiment tous les secteurs principaux, que ce soit le logement, les transports, le tourisme, les services ou encore la finance.

Le 21e siècle est synonyme d’innovation fleurissante concernant notamment l’interaction entre internautes. La formule gagnante qui assure un succès à la sharing economy est simple : un accès à Internet, les micro-paiements online et des personnes responsables.

Pas de bureaux, pas de stock, tout se joue dans l’instantanéité. Mais c’est justement ce manque de charges, structures et taxes qui fait s’alarmer certains. En effet, toutes ces transactions échappent à la TVA, qui rappelons-le est la taxe sur la valeur ajoutée d’un bien.

A titre d’exemples…

Vous prévoyez un voyage, un moyen pour rentrer chez vous, des achats online ou vous voulez réunir des fonds pour lancer votre propre projet… A quels services pensez-vous en premier ?

Vous reconnaîtrez sûrement des noms tels qu’Airbnb (location de logements entre particuliers), Homeaway (échange de logement entre particuliers), Uber (taxi privé), Blablacar (co-voiturage), Ebay (ventes aux enchères), Etsy (supermarché online artisanal), Tripadvisor (conseil aux voyageurs online), Kickstarter (crowdfunding) et bien d’autres.

Pourquoi vous les reconnaissez ? Car ces différents services mènent actuellement la danse et se positionnent en concurrents des plus grandes entreprises déjà bien implantées. Comment ces plateformes sont-elles arrivées à un succès si fulgurant ? Grâce aux commentaires des internautes et aussi le fait qu’elles prélèvent un pourcentage sur chaque transaction effectuée (entre 10 et 15%).

En chiffres ça donne quoi ?

On ne mesure pas en millions mais en milliards les effets de l’économie collaborative. Avec un chiffre d’affaires évalué à 15 milliards en 2013, les experts prévoient une croissance spectaculaire de ce marché et un chiffre d’affaires avoisinant les 335 milliards en 2025.

Qui sont les râleurs ?

Evidemment, les premières entreprises traditionnelles touchées sont celles qui ont vu se développer des systèmes concurrents. Par rapport au milieu hôtelier, on relève Airbnb, dans le domaine des transports, Uber, etc.  Les compagnies traditionnelles ne peuvent que crier à la concurrence déloyale. Mais au fond, c’est le client qui choisit le service qu’il trouve le plus approprié et, surtout, la sharing economy profite du manque de régulation et de lois.

Cependant, après de maintes manifestations, par exemple une grève des taxis en France, des mesures commencent à être mises en place dans les différents secteurs. Dans ce cas-là, Uber a été condamné en France à verser 1 million d’euros à l’Union Nationale des taxis. A noter que les problèmes relevés visent généralement le non-respect des normes sécuritaires, le manque de cadre légal et les taxes inexistantes.

Y a-t-il une solution pour que tout le monde soit content ?

Rien ne sert d’essayer de contrer ces nouvelles économies grandissantes et les entreprises traditionnelles l’ont finalement compris. Les solutions envisagées ? Racheter ces startups qui décollent ou du moins s’y associer.

Ainsi, on avance main dans la main car l’économie collaborative ne compte pas s’estampiller, au contraire. La plupart des gouvernements entendent les protestations qui sont faites à l’encontre de la sharing economy ; cependant, ils sont contrebalancés entre encourager cette nouvelle forme d’économie qui est fleurissante et protéger le système économique déjà en place.

Au lieu de leur tourner le dos, les grandes chaînes ou entreprises dites traditionnelles préfèrent s’en inspirer. L’économie collaborative n’est pas censée remplacer celle déjà en place mais bien proposer une offre supplémentaire, différente.

Mais il y a des solutions plus drastiques qui, dans certaines villes, restreignent les offres issues de l’économie collaborative. C’est par exemple le cas de Airbnb ; en France et à Berlin, les habitants sont encouragés à dénoncer ceux qui louent leur appartement à des touristes plutôt qu’à des indigènes. Des lois sont également entrées en vigueur dont une qui stipule que l’on peut louer une chambre mais que le propriétaire doit vivre sur les lieux.

En Suisse, on en est où ?

Bien évidemment, il y a les sociétés Uber, Airbnb et tant d’autres qui sont accessibles à la population suisse, mais il y a également des sociétés de la sharing economy  qui se sont développées en Suisse. Nous pensons notamment à WeMakeIt, HouseTrip et Parku.

 

WeMakeIt

Cette plateforme permet de financer en ligne des projets uniquement via des contributeurs. Malgré la forte concurrence qu’il mène face à la société Kickstarter (également issue de l’économie collaborative), les montants récoltés au total dépassent les 10 millions de CHF.

 

HouseTrip

Cette plateforme se positionne comme un bon concurrent d’Airbnb. Nous vous en parlions d’ailleurs dans notre article dédié aux startups issues du e-tourisme.

 

Parku

Egalement le fruit du nouveau système économique collaboratif, Parku est une application qui permet aux particuliers de louer leurs places de parc pendant leur absence. Déjà présente dans 16 villes en Suisse, elle est également disponible dans les pays limitrophes.

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