Interview

Rencontre avec Petar Mitrovic, l’initiateur du projet « One Word »

Passionné de photographie depuis son plus jeune âge, Petar Mitrovic a lancé en 2011 le projet One Word. L’idée derrière ce projet est de démontrer que malgré nos différences, nous sommes tous égaux et semblables.

Pour cela, Petar Mitrovic a eu l’idée de faire noter un simple mot sur le front des personnes qui posent devant son objectif. Chacun pouvant écrire le mot de son choix à propos de sa différence, quelle qu’elle soit : religieuse, ethnique, physique ou toute autre. Rencontre avec cet humaniste amoureux des gens.

 

Socialize Magazine | Petar, présente-toi en quelques mots…

Petar Mitrovic | J’ai 37 ans et suis d’origine yougoslave, plus précisément croate. Je suis né en 1980 et ai donc connu la Yougoslavie avant qu’elle ne se morcèle. En 1991, j’ai dû choisir ma nationalité et ai opté pour la Croatie parce que j’y suis né et j’y ai vécu. Mais aujourd’hui, je me sens davantage Suisse que Croate parce que je suis arrivé ici à l’âge de 11 ans et j’ai depuis adopté entièrement la culture suisse.

 

…je me suis réveillé en me demandant pourquoi les gens collaient des étiquettes sur des personnes…

 

Quel a été ton parcours jusqu’à One Word ?

J’ai débuté par un apprentissage en tant qu’employé de commerce chez Batiplus. Cette expérience a été pour moi une aventure incroyable. Et comme tu peux le remarquer, rien ne me destinait à ce que je devienne photographe. D’ailleurs, après mon apprentissage, je suis resté chez eux mais j’avais envie d’autres choses, je ne souhaitais pas rester enfermé dans un bureau. J’ai donc trouvé un emploi dans d’autres sociétés qui me proposait de bouger et voir d’autres choses. Mais ce n’était toujours pas ce que je voulais faire… du coup, j’ai développé en parallèle des projets de photo.

 

C’est donc ainsi que tu as l’idée de développer le projet One Word ?

Non pas vraiment… Au lendemain d’une soirée bien arrosée, lors de laquelle, avec des amis, nous avons refait le monde et évoqué plusieurs préjugés sur les étrangers, je me suis réveillé en me demandant pourquoi les gens collaient des étiquettes sur des personnes, souvent étrangères ou physiquement différentes, sans les connaître. Et j’ai immédiatement visualisé une étiquette sur un front avec un mot en lien avec le racisme. Et tout cela c’était fin 2011…

 

C’était il y a donc un peu plus de 5 ans. Où en est le projet aujourd’hui ?

Aujourd’hui, et contrairement au tout début du projet, j’aborde d’autres thèmes que le racisme comme le physique, l’apparence en général, etc. Je me suis rendu compte que beaucoup de personnes souffrent de préjugés en raison de leur physique et je voulais leur donner la parole à travers un mot. J’ai également reçu beaucoup d’encouragements au-delà de la Suisse et je suis parti dans différents pays pour trouver des personnes représentants ces pays.

 

Tu as également reçu du soutien en Suisse de la part de quelques personnalités…

Oui effectivement, les gens adhèrent assez rapidement au projet. J’ai eu la chance de pouvoir faire poser des personnalités romandes mais aussi internationales!

 

Mais est-ce qu’il t’ait arrivé d’avoir eu des vents de la part de certaines personnalités ?

Sincèrement, personne ne m’a jamais envoyé dans les roses… Mais il m’arrive qu’il y ait des personnalités qui ne me répondent pas. Mais en général, les gens me félicitent et parfois me proposent de l’aide dans le développement du projet One Word.

 

En parlant du développement du projet One Word, où en es-tu actuellement ?

Je recherche actuellement des fonds pour lancer le projet à grandes échelles et visiter l’Europe, l’Afrique, les Amériques et enfin l’Asie. Tout cela prendrait environ deux ans. Et dans cette optique, le but à court terme sera de lancer un projet de crowdfunding afin de récolter des fonds. J’ai également lancé une recherche de fonds auprès de certaines fondations pour développer le projet.

 

Et pour finir, que peut-on te souhaiter ?

Inonder le monde avec mes portraits et mon message (rires) !

 

 

Nous tenons à remercier Petar pour nous avoir accordé du temps et si vous souhaitez en savoir plus sur son projet et le soutenir, voici les liens :

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